Interview : les défis du développement sur iPhone [16.02.2010 18:20 - CL]
En l'espace de quelques mois, Apple a créé un véritable écosystème autour de sa plate-forme mobile. L'App Store recense officiellement plus de 140 000 applications et est utilisé par 75 millions de personnes. Un succès difficilement plausible lorsqu'Apple a présenté son kit de développement il y a près de deux ans. Se rendant compte du potentiel des terminaux mobiles d'Apple, des milliers et de milliers de développeurs (plus de 32.000 éditeurs rien que sur l'App Store américain) se sont équipés de Mac, ont installé Xcode, se sont mis à l'Objective-C et ont commencé à développer des applications pour l'iPhone. Le succès est tel que la conférence des développeurs (WWDC) affiche complet maintenant chaque année. Le succès de l'App Store a créé des besoins : ces derniers mois, on a vu quantité de livres relatifs à la programmation sur iPhone sortir en librairies. D'autre part, de plus en plus d'organismes proposent des formations au développement sur l'iPhone. C'est le cas notamment de Pythagore F.D. Les cours sont animés par Benoît Widemann, un vieux "routier" du monde Mac, à qui l'on doit de nombreux programmes. Les plus anciens se souviennent de JoliTerm et JoliPhone.
Quel est le profil des développeurs iPhone ? Quelles sont les difficultés que rencontrent les personnes qui se mettent à l'Objective-C ? Quelles sont les erreurs à ne pas faire lorsque l'on développe une application l'iPhone ? L'iPad sera-t-il un succès ? Autant de questions auxquelles Benoît Widemann a bien voulu répondre.
Quels sont les profils des personnes qui assistent aux formations iPhone ? Des développeurs web, des développeurs Mac, des développeurs Windows, des profils plus atypiques ?
La majorité des élèves vient du monde .net ou du php, parfois Java. Il y a peu de développeurs Mac, les tutoriels sont amplement suffisants lorsqu'on maîtrise déjà Cocoa sur Mac. J'ai eu aussi des transfuges de FileMaker ou 4D, un qui n'avait pratiqué que du C pur, novice en programmation objet. Curieusement, les handicaps ne sont pas toujours là où l'on s'y attend. >> Lire la suite
Rubinstein révèle aussi qu'à l'époque (on était entre 2000 et 2002) Apple subissait la pression de HP qui vendait des ordinateurs capables de graver des CD, d'où l'idée de lancer le projet iTunes (voir aussi Histoire : De SoundJam MP à iTunes 9).
Enfin, le journaliste d'Engadget n'a pas manqué de l'interroger sur le jeu de chat et de la souris entre Palm et Apple autour de la synchronisation du Pre avec iTunes et sur le timing des annonces de Palm comme calé sur celui d'Apple (le Pre en janvier date de Macworld et le nouveau Pixi juste avant les nouveaux iPod). Rubinstein a aisément esquivé la partie sur iTunes - sans relance du journaliste, dommage - en ne répondant pas.
Quant aux périodes de lancement proches entre les deux sociétés, il a réfuté toute volonté de coller aux basques d'Apple, rappelant que ces sorties se préparent pendant des mois et que la période de Noël n'est pas pour rien dans le choix d'annoncer ce Pixi en septembre…
Enfin, sur le fait que personne n'avait vu venir le Pre (un appareil qui ne fut précédé d'aucune rumeur), Rubinstein a eu une réponse très simple pour expliquer comment Palm avait pu garder le secret "Le nombre de personnes extérieure qui était au courant était très réduit et surtout, personne n'attendait rien de nous, tout le monde se fichait de ce que l'on faisait, et personne ne venait fouiller dans nos poubelles."
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Oliver Breidenbach : Boinx Éditeur de logiciels de création audio, photo et vidéo
OB : "De façon globale, ces technologies offrent une fondation modernisée sur laquelle on va fabriquer nos applications avec plus de facilité. On est très contents de ces améliorations, et à 29€ c'est un bon investissement pour tout le monde. Grand Central va permettre à nos logiciels d'utiliser les cycles processeurs de façon plus efficace. Le 64 bits signifie que l'on va pouvoir utiliser plus de mémoire et OpenCL permettra d'exploiter plus facilement la puissance des processeurs graphiques pour des tâches qui ne sont pas liées à la 3D.

Le fait qu'Apple utilise ces choses-là signifie que l'OS en lui-même fonctionne de manière plus efficace et libère plus de ressources pour nos applications. Au vu de tout cela, on n'a pas eu besoin de faire beaucoup de changements dans nos produits. Enfin, les utilisateurs vont se trouver face à un système plus réactif et nos programmes iront plus vite. Mais il est vrai aussi que cette sensation de vitesse accrue est une chose à laquelle on s'habitue très vite et qui s'évanouit bout d'un moment.
William Shipley : fondateur de Delicious Monster Éditeur du catalogueur Library 2 et ancien co-fondateur d'OmniGroup.
WS : "Je vais certainement optimiser Delicious Library pour Snow Leopard. Il y a beaucoup de choses très cool dans Snow Leopard pour les développeurs. C'est vraiment une version qui nous est destinée, ainsi qu'à Apple pour nettoyer et moderniser les couches basses de Mac OS X.
Grand Central est utilisé partout dans Snow Leopard, c'est donc difficile de ne pas s'en servir lorsque vous faites de nouveaux développements. De manière générale, Apple a observé que les processeurs ne pouvaient pas aller beaucoup plus vite - l'énergie qu'ils utilisent, les dégagements de chaleur qu'ils produisent sont démultipliés par chaque accélération de fréquence. On a donc touché le plafond avec une marge de progression très délicate. Pour pallier cette situation, Intel et les autres ont commencé à réunir plusieurs processeurs sur une seule puce - imaginez une cuisine avec plusieurs cuisiniers, au lieu d'un seul à qui vous auriez demandé de travailler de plus en plus vite.
Mais, à l'image d'une cuisine, si vous avez plusieurs personnes, vous devez les gérer comme il faut, ou bien la plupart vont se croiser les bras pendant que d'autres se disputeront le mixeur. Grand Central permet à de simples développeurs de tenir tous ces cuisiniers occupés. Les autres systèmes d'exploitation (Windows, Linux, etc) utilisent la notion de "processus multiples" mais ils laissent aux développeurs le soin de les utiliser manuellement. Et réussir à concevoir un programme multi-threadé est très, très difficile (OmniWeb 2.0 était l'un des premiers programmes commerciaux utilisant largement ce système, et croyez-moi, c'était monstrueux à coder).
Dans Delicious Library 2 par exemple, je distribue déjà quelques processus - lorsque vous scannez un code-barre avec la webcam, le travail d'interprétation est fait sur un processeur différent, et lorsque vous consultez vos enregistrements ou publiez votre base sur le web, la partie réseau du code est également exécutée par un second processeur.
Avec Grand Central, je peux aller plus loin tout en faisant beaucoup moins d'efforts. Par exemple, je pourrais faire en sorte que chaque image du code-barre capturée par la webcam soit analysée par un processeur différent (au lieu d'avoir un seul processeur pour traiter toutes les images). Cela permettrait donc de traiter beaucoup plus d'images par seconde sur une machine équipe de nombreux processeurs (actuellement je saute des images si le temps pris pour analyser la précédente dépasse une certaine limite).

Ceci nous offre pour l'avenir de très bonnes fondations vis-à-vis de Windows - au fur et à mesure que les machines vont passer de 2 à 4 puis 8 et 16 coeurs, les applications écrites pour Snow Leopard vont aller de plus en plus vite, sans qu'il soit besoin de les modifier, tandis que les développeurs Windows vont devoir ferrailler pour tout simplement faire fonctionner leurs logiciels.
Le 64 bits est génial parce que ça nécessite très peu de travail de mon côté pour des bénéfices très importants. Tout d'abord, il s'avère que les applications recompilées en 64 bits tournent environ 15% plus vite, comme ça, directement, grâce aux améliorations obtenues au niveau du processeur. J'ai réalisé un premier portage 64 bits de Delicious Library 2 en deux jours. Je dois encore le tester, mais c'est tout de même étonnant d'obtenir 15% d'accélération avec deux jours de travail.
Et en fait, la véritable limite n'est pas de 4 Go - le framework système et la mémoire vidéo utilisée pour l'affichage sont déduits de ce total, du coup vous ne pouvez compter que sur 2,5 Go environ en 32 bits (en 64 bits, les valeurs de RAM et de mémoire virtuelle sont d'une certaine manière illimitées).
Par exemple, ouvrir une image de 3 Go, ou même 3 images de 1 Go est impossible (sauf à ajouter un gros morceau de code à votre logiciel), ce qui devenait gênant alors que les images sont de plus en plus lourdes.
Avec Delicious Library 2, on a des utilisateurs qui ont des dizaines de milliers d'éléments et qui ont associé à chacun d'entre eux un visuel de couverture en haute définition. Leurs bibliothèques ont pris des proportions qui vont aussi au-delà de cette barrière. Avec une version optimisée Snow Leopard de Library, la taille de ces bibliothèques ne sera limitée que par l'espace disque de l'utilisateur !
Dans le même style, même si vous avez 4 ou 8 Go de RAM sur votre machine, un seul programme ne peut utiliser plus de 2,5 Go à la fois en 32 bits (du fait que la RAM et la mémoire virtuelle sont limitées par cet adressage 32 bits). Du coup, si vous remplissez votre Mac avec 8 Go de RAM en vous disant "Ma grosse collection dans Delicious Library va tourner du feu de Dieu" vous allez être déçu. Mais en 64 bits vous allez sauter au plafond.
OpenCL va être plus difficile pour moi à utiliser, parce que c'est un nouveau langage que je ne connais pas, et qui implique de profondes réécritures. Mais avec les processeurs graphiques qui gagnent en puissance beaucoup plus rapidement que le processeur principal, c'est à nouveau un coup assez malin de la part d'Apple, qui veut en faire quelque chose de relativement aisé à utiliser pour des logiciels d'usage général.
Dans Delicious Library 2 on verra peut-être une version du scanner de code-barre qui sera encore plus sensible. Parce qu'il fonctionne avec le processeur de la carte graphique et qu'il a toute la puissance nécessaire pour réaliser plus d'opérations sur chacune des images afin de leur arracher une interprétation plus fine du code-barre.
MacGeneration : Est-ce qu'il ne risque pas d'y avoir une certaine frustration au départ chez les utilisateurs, quand on voit qu'il y a ce travail préalable d'optimisation à faire sur les applications ?
WS : Pour être honnête, à court terme la plupart des utilisateurs ne vont pas profiter de beaucoup de choses de Snow Leopard. C'est une sortie très importante qui revoie le système au niveau du coeur, mais qui, de façon tout à fait intentionnelle, n'ajoute pas beaucoup de nouvelles fonctions ni de changements d'interface.
C'est comme d'avoir un nouveau moteur dans une vieille voiture, ça la rend plus performante et c'est beaucoup plus facile pour les mécaniciens d'apporter des changements ultérieurement. Ça n'amène pas de grandes différences sur l'instant, mais dans les dix prochaines années le bénéfice sera inestimable.
Ou pour utiliser une autre analogie, je pense que cette version va ressembler au passage des ampoules incandescentes aux ampoules fluorescentes compactes et aux lampes LED. Demain, vous aurez toujours de la lumière, mais c'est une lumière qui est tournée vers l'avenir. Et chaque année qui passera, vous serez de plus en plus heureux d'avoir fait ce changement."

Snow Leopard maintenant finalisé, nous avons posé deux questions très simples à plusieurs développeurs : allez-vous utiliser ces technologies et quels en seront les avantages pour l'utilisateur ? Car la dernière conférence des développeurs Apple a été aride en démonstrations de performances. On espérait quelques chronomètres avec un iMovie ou un Aperture mis au régime de ces technologies. Nada. On est reparti avec quelques diapositives de chiffres pour Mail ou Safari et la promesse de voir un peu partout dans le système et dans ses applications des accélérations sur telle ou telle action. Des petits mieux qui, cumulés, donneraient au final un système plus vif et agréable. >> Lire la suite
Mais concrètement, comment se passe le développement d'un jeu sur l'iPhone ? Qu'est-ce qui pousse une jeune société à se mettre à développer pour iPhone ? Peut-on réussir à imposer un titre lorsque l'on est une petite structure ? Autant de questions et bien d'autres que nous avons posé à Benoît Prunneaux de Dig Dog, à qui l'on doit SnakeGalaxy, un Snake en 3D.

On vous aurait dit y a quelques années que vous développeriez sur Mac un jeu pour un téléphone Apple, vous y aurez cru ?
Honnêtement, non. Pour nous l’iPhone est arrivé au bon moment. Sans cette plate-forme, nous n’aurions pas pu fonder notre société. >> Lire la suite
Lorsque la société californienne a présenté son kit de développement pour son téléphone, il n'a pas pu s'empêcher de le porter Deep Green et de l'améliorer significativement. Deep Green est en vente depuis décembre dernier au prix de 5,99 €.
Son expérience en tant que développeur nous a semblé particulièrement intéressante. Avec parfois des réponses inattendues, il s'exprime sur ces deux environnements, sur certains choix techniques d'Apple, sur le modèle économique de l'App Store ou encore sur iPhone OS 3.0
MacGeneration : Quelle est la différence entre le développement aujourd'hui pour l'iPhone et hier pour le Newton ?
Joachim Bondo : À bien des égards c'est la même chose. On utilisait un environnement de développement d'Apple, le Newton Toolkit (NTK) qui comme Xcode aujourd'hui ne tournait que sur Mac. Je crois que je l'avais payé 1500 $ et que je l'avais reçu par la poste (Xcode est gratuit et l'accès au programme développeurs iPhone coûte 99$ par an, ndr). >> Lire la suite
Il renouvelle l'idée que les Apple Store et les Apple Premium Reseller peuvent cohabiter, en s'adressant à des clientèles différentes, et que les premières victimes des Store pourraient être plutôt les Fnac et autres Darty "Dans l'esprit d'Apple, ces derniers [les APR] ont vocation à adresser le segment prosumer qui regroupe le grand public, les professions libérales et les amateurs de loisirs créatifs. Nos Apple Store sont largement focalisés sur le grand public, même si nous ne refuseront pas une vente à un professionnel. Nos magasins seront donc bien plus concurrents de la grande distribution que des APR" (voir aussi l'article Interview : "Face aux Apple Store il faut innover").
En réponse aux récents propos de Steve Ballmer sur le prix d'un Mac (traduits maintenant en publicités) Pascal Cagni indique que rien ne devrait changer "Apple vend de la valeur. Avec ou sans la crise, c'est ce que recherche certains consommateurs et c'est ce pour quoi ils sont prêts à payer. Nous n'allons pas changer de stratégie.". Et de se refuser, évidemment, à tout commentaire sur la question de l'arrivé d'un portable économique chez Apple.
Aujourd'hui, nous continuons notre série de portraits de développeurs iPhone. Après avoir interrogé les développeurs de Things qui sont venus à l'iPhone grâce au Mac, et ceux de YouNote qui y sont arrivés un peu par hasard, nous vous proposons aujourd'hui un entretien avec les développeurs de Dimensions. Ce logiciel vendu 1,59 € comporte 13 outils permettant de se servir de l'iPhone comme règle, ruban de couturière, mètre enrouleur, décamètre, comme roue à mesure ou encore comme podomètre.
Bruno Rousseau et Daniel Morais se concentraient jusque-là sur d'autres plates-formes mobiles, notamment Palm OS et Windows Mobile. Tout naturellement, nous leur avons demandé, entre autres sujets, comment c'était passé la transition vers l'iPhone.
Comment avez-vous découvert l'iPhone ?- Bruno Rousseau : Comme tout le monde, en janvier 2007 lors du keynote de Steve Jobs. J'en ai ensuite acheté un dès sa sortie en France et c'est vrai que l'iPhone correspondait exactement à l'idée que je me faisais depuis 6 ans de ce que le smartphone idéal devait être.
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Comment porter un logiciel Mac vers l'iPhone ? Quelles sont les nouvelles règles qu'impose cet appareil dans le développement d'un programme ? Comment adapter une interface utilisateur à un si petit écran ? Autant de questions que nous avons posées à Jainek Werner, l'un des développeurs de Things.
Ce pari, Sophiacom l'a tenté presque un peu par hasard en développant YouNote, un logiciel gratuit de prise de notes qui, de fil en aiguille, lui a ouvert de nouveaux marchés insoupçonnés. Deezer pour iPhone c'est eux aussi ! Son fondateur, Philippe Rabier s'en explique.
- Pouvez-vous nous présenter en quelques mots Sophiacom ?
Sophiacom est une SSII créée en 1989 qui a toujours cherché à utiliser des technologies innovantes. Après la mise en place d’applications de gestion, type client/serveur, en 1996, la société s’oriente dans le développement de sites Intranet/Internet en s’appuyant sur les technologies WebObjects/Java.
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Microsoft avait mis les petits plats dans les grands lors de l'Apple Expo Remix'08 : un vaste stand pour montrer sa suite, ses dernières souris (voir notre test de la nouvelle Arc Mouse) et sa Xbox. Pour le clin d'oeil, il distribuait des Pomme d'Amour aux visiteurs. A l'occasion du salon, Sheridan Jones, la Directrice Marketing Mondial de la Macintosh Business Unit (MacBU) de Microsoft avait fait le déplacement. Interview.>> Lire la suite
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Mars 2010