Revue du Web

Forbes [04.05.2011 16:35 - ADLG]
Un avenir funeste pour Microsoft ?

Apple a donc dépassé Microsoft non seulement en capitalisation boursière et en chiffre d'affaire, mais également en bénéfices (lire Bénéfices = Apple dépasse Microsoft). Malgré des bénéfices en hausse, Adam Hartung se dit préoccupé pour l'avenir de Microsoft.

La croissance du géant de Redmond est en effet au point mort, et d'après l'ONG The Conference Board, une croissance au ralenti est un très mauvais signe, qui entraine la plupart du temps des résultats au mieux identiques, au pire en baisse nette.

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La cause de ce changement de rythme : Microsoft n'a pas su prévoir les modifications du marché, induites par les smartphones et les tablettes. Que les bénéfices soient en hausse pour un chiffre d'affaire égal ne signifie qu'une seule chose : pour une valeur de ventes égale, Microsoft gagne plus d'argent. Elle ne parvient donc pas à séduire de nouveaux clients, et s'engage dans une spirale infernale de course à la rentabilité : optimiser ses résultats avec un chiffre d'affaire qui plafonne, cela peut induire des dépenses et investissements en baisse sur le marketing, le commercial, le développement de nouveaux produits, et provoquer l'externalisation à tour de bras. Les sociétés dont le chiffre d'affaire plafonne essayent de maintenir coute que coute ce qui leur a auparavant si bien réussi, en évitant de s'adapter à la nouvelle donne.

Des pratiques qui n'ont pour seul effet que de faire basset la valeur de la société sur le long terme, et qui font fondre sa capitalisation boursière : les investisseurs ne s'arrêtent pas aux seuls bénéfices et préfèrent de loin des sociétés dont la croissance du chiffre d'affaire est un gage de bonne santé.

Et les dépenses de Microsoft n'ont pas de quoi rassurer : en 2009, elle a dépensé huit fois plus qu'Apple en recherche et développement, tant en valeur qu'en pourcentage du chiffre d'affaire, pour n'aboutir qu'à des mises à jour de son vieux système d'exploitation et des produits d'automatisation pour le bureau, sans parvenir à répondre à de nouveaux besoins ni à augmenter la demande. Microsoft investit bien dans d'autres domaines, mais les résultats ne sont pas à la hauteur non plus : sa branche dédiée aux produits en ligne est un véritable gouffre financier, et Microsoft est arrivée bien trop tard sur ce marché pour espérer prendre des parts de marché significatives avant longtemps.

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Le partenariat avec Nokia peine à enthousiasmer Adam Harlung : il arrive bien trop tard pour jamais espérer rattraper le retard, et Nokia elle-même se trouve dans la même situation que Microsoft. En somme c'est l'alliance de l'aveugle et du paralytique.

Tout ceci donne la mesure du cyclone Apple, qui a littéralement métamorphosé le marché en quelques années. Mais après tout, ça n'est pas la première fois qu'en entreprise s'enferme dans sa propre obsolescence. Et Adam Harlung de lister des précédents : des petits imprimeurs à Xerox, de Xerox à la PAO, de Kodak à la photo numérique, etc.

En somme, tous les bénéfices ne se valent pas : les bénéfices dans une société qui croit représentent un futur multiplicateur, alors que les bénéfices dans une société au point mort ne valent plus grand chose. Pour les investisseurs, encore faut-il savoir se retirer à temps.

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