Steve Jobs
par Anthony Nelzin le Jeudi 06 Octobre 2011 à 12:27
Après 1985, Steve Jobs est à nouveau parti — mais cette fois, il ne reviendra pas. On pourrait refaire l'histoire cent fois, d'Apple à Apple en passant par NeXT et Pixar. On pourrait évoquer Steve Wozniak, Chris-Ann Brennan, Bill Gates, John Sculley, et les autres. Ou on pourrait, tout simplement, se taire et laisser parler Steve Jobs, une dernière fois.
Sur la vie et la mort
Affecté par une forme rare de cancer du pancréas, Steve Jobs a une conscience aiguë de sa mortalité, ce qui lui a inspiré son émouvant discours de remise des diplômes à Stanford en 2005.
« Ma troisième histoire concerne la mort. À l'âge de 17 ans, j’ai lu une citation qui disait à peu près : « si vous vivez chaque jour comme si c'était le dernier, vous finirez un jour par avoir raison. » Elle est restée gravée dans ma mémoire, et pendant les 33 années qui se sont depuis écoulées, je me suis regardé dans la glace chaque matin en me demandant : « si aujourd'hui était mon dernier jour, est-ce que j'aimerais ce que je vais faire aujourd'hui ? » Si la réponse est négative plusieurs jours de suite, je sais que j'ai besoin de changer quelque chose.
Garder à l'esprit que je mourrais bientôt est ce que j'ai trouvé de plus radical pour m'aider à prendre des décisions importantes. Parce presque tout — ce que l'on attend des autres, notre fierté, notre peur de l'échec — s'efface devant la mort. Ne reste que l'essentiel. Ne jamais oublier que la mort viendra un jour est la meilleure façon d'éviter le faux pas qui consister à croire que l'on a quelque chose à perdre. Vous êtes déjà nu. Il n'y a aucune raison de ne pas suivre son cœur.
Il y a environ un an, on découvrait que j'avais un cancer. À 7h du matin, le scanner montrait que j'étais atteint d'une tumeur au pancréas. Je ne savais même pas ce qu'était un pancréas ! Les médecins m'annoncèrent qu'il s'agissait sans doute d'un type de cancer incurable, et qu'il ne me restait que trois à six mois. Mon docteur me conseilla de rentrer chez moi et de mettre de l'ordre dans mes affaires — un euphémisme pour « préparez-vous à mourir ». Cela signifie d'avoir à dire à ses enfants en quelques mois tout ce que l'on pensait pouvoir leur dire ces dix prochaines années. Cela signifie essayer de faciliter les choses pour votre famille. Bref, faire vos adieux.
J'ai porté ce diagnostic toute la journée. Plus tard dans l'après-midi, on m'a fait une biopsie, introduit un endoscope dans la gorge, à travers l'estomac et l'intestin, pour m'enfoncer une aiguille dans le pancréas. J'étais inconscient, mais ma femme, qui était présente, m'a raconté qu'en examinant les prélèvements au microscope, les médecins ont fondu en larmes, car j'avais une forme très rare de cancer du pancréas curable par chirurgie. On m'a opéré et, heureusement, je vais bien maintenant.
Ce fut mon contact le plus proche avec la mort, et j'espère que ce sera le cas pendant encore quelques décennies.
Après cette expérience, je peux vous dire avec plus de certitude que lorsque la mort n'était à mes yeux qu'un concept vaguement intellectuel : personne ne veut mourir. Même ceux qui veulent aller au paradis ne veulent pas mourir pour y parvenir. Pourtant, la mort est notre destinée commune. Personne n'y a jamais échappé. C'est pour le mieux, car la mort est probablement la plus belle invention de la vie.
Elle débarrasse de l'ancien pour faire place au nouveau. En ce moment, vous représentez le neuf, mais un jour vous deviendrez le vieux, et vous laisserez la place aux autres. Désolé d'être aussi théâtral, mais c'est la vérité.
Votre temps est limité, ne le gâchez pas en menant la vie d'un autre. Ne soyez pas prisonnier des dogmes qui obligent à vivre en obéissant à la pensée d'un autre. Ne laissez pas le bruit du dehors étouffer votre voix intérieure. Ayez le courage de suivre votre cœur et votre instinct. L'un et l'autre savent déjà ce que vous voulez vraiment être. Tout le reste est secondaire.
Dans ma jeunesse existait une publication extraordinaire, The Whole Earth Catalog, l'une des bibles de ma génération. Elle avait été fondée par un certain Stewart Brand, non loin d'ici, à Menlo Park, et il l'avait animé de sa veine poétique. C'était à la fin des années 1960, avant les ordinateurs et la publication assistée par ordinateur. Elle était réalisée intégralement avec des machines à écrire, des ciseaux et des appareils Polaroid. C'était une sorte de Google au format livre de poche, 35 ans avant la naissance de Google. Un ouvrage idéaliste, fourmillant de recettes et d'idées formidables.
Stewart et son équipe ont publié plusieurs exemplaires du Whole Earth Catalog. Quand ils eurent épuisé les ressorts de la formule, ils publièrent un dernier numéro. C'était au milieu des années 70, et j'avais votre âge. La quatrième de couverture montrait la photo d'une route de campagne au petit matin, le genre de routes sur laquelle vous pourriez faire du stop si vous étiez aventurier.
Dessous, on pouvait lire : « soyez insatiables. Soyez fous. » C'était leur message d'adieu. Soyez insatiables. Soyez fous. C'est un vœu que j'ai toujours formulé pour moi. Aujourd'hui, au moment où vous recevez votre diplôme qui marque le début d'une nouvelle vie, c'est ce que je vous souhaite.
Soyez insatiables. Soyez fous. »
« La vie est fragile » disait Steve Jobs plus récemment. La vie est fragile.
Sur la vie et la mort
Affecté par une forme rare de cancer du pancréas, Steve Jobs a une conscience aiguë de sa mortalité, ce qui lui a inspiré son émouvant discours de remise des diplômes à Stanford en 2005.
« Ma troisième histoire concerne la mort. À l'âge de 17 ans, j’ai lu une citation qui disait à peu près : « si vous vivez chaque jour comme si c'était le dernier, vous finirez un jour par avoir raison. » Elle est restée gravée dans ma mémoire, et pendant les 33 années qui se sont depuis écoulées, je me suis regardé dans la glace chaque matin en me demandant : « si aujourd'hui était mon dernier jour, est-ce que j'aimerais ce que je vais faire aujourd'hui ? » Si la réponse est négative plusieurs jours de suite, je sais que j'ai besoin de changer quelque chose.
Garder à l'esprit que je mourrais bientôt est ce que j'ai trouvé de plus radical pour m'aider à prendre des décisions importantes. Parce presque tout — ce que l'on attend des autres, notre fierté, notre peur de l'échec — s'efface devant la mort. Ne reste que l'essentiel. Ne jamais oublier que la mort viendra un jour est la meilleure façon d'éviter le faux pas qui consister à croire que l'on a quelque chose à perdre. Vous êtes déjà nu. Il n'y a aucune raison de ne pas suivre son cœur.
Il y a environ un an, on découvrait que j'avais un cancer. À 7h du matin, le scanner montrait que j'étais atteint d'une tumeur au pancréas. Je ne savais même pas ce qu'était un pancréas ! Les médecins m'annoncèrent qu'il s'agissait sans doute d'un type de cancer incurable, et qu'il ne me restait que trois à six mois. Mon docteur me conseilla de rentrer chez moi et de mettre de l'ordre dans mes affaires — un euphémisme pour « préparez-vous à mourir ». Cela signifie d'avoir à dire à ses enfants en quelques mois tout ce que l'on pensait pouvoir leur dire ces dix prochaines années. Cela signifie essayer de faciliter les choses pour votre famille. Bref, faire vos adieux.
J'ai porté ce diagnostic toute la journée. Plus tard dans l'après-midi, on m'a fait une biopsie, introduit un endoscope dans la gorge, à travers l'estomac et l'intestin, pour m'enfoncer une aiguille dans le pancréas. J'étais inconscient, mais ma femme, qui était présente, m'a raconté qu'en examinant les prélèvements au microscope, les médecins ont fondu en larmes, car j'avais une forme très rare de cancer du pancréas curable par chirurgie. On m'a opéré et, heureusement, je vais bien maintenant.
Ce fut mon contact le plus proche avec la mort, et j'espère que ce sera le cas pendant encore quelques décennies.
Après cette expérience, je peux vous dire avec plus de certitude que lorsque la mort n'était à mes yeux qu'un concept vaguement intellectuel : personne ne veut mourir. Même ceux qui veulent aller au paradis ne veulent pas mourir pour y parvenir. Pourtant, la mort est notre destinée commune. Personne n'y a jamais échappé. C'est pour le mieux, car la mort est probablement la plus belle invention de la vie.
Elle débarrasse de l'ancien pour faire place au nouveau. En ce moment, vous représentez le neuf, mais un jour vous deviendrez le vieux, et vous laisserez la place aux autres. Désolé d'être aussi théâtral, mais c'est la vérité.
Votre temps est limité, ne le gâchez pas en menant la vie d'un autre. Ne soyez pas prisonnier des dogmes qui obligent à vivre en obéissant à la pensée d'un autre. Ne laissez pas le bruit du dehors étouffer votre voix intérieure. Ayez le courage de suivre votre cœur et votre instinct. L'un et l'autre savent déjà ce que vous voulez vraiment être. Tout le reste est secondaire.
Dans ma jeunesse existait une publication extraordinaire, The Whole Earth Catalog, l'une des bibles de ma génération. Elle avait été fondée par un certain Stewart Brand, non loin d'ici, à Menlo Park, et il l'avait animé de sa veine poétique. C'était à la fin des années 1960, avant les ordinateurs et la publication assistée par ordinateur. Elle était réalisée intégralement avec des machines à écrire, des ciseaux et des appareils Polaroid. C'était une sorte de Google au format livre de poche, 35 ans avant la naissance de Google. Un ouvrage idéaliste, fourmillant de recettes et d'idées formidables.
Stewart et son équipe ont publié plusieurs exemplaires du Whole Earth Catalog. Quand ils eurent épuisé les ressorts de la formule, ils publièrent un dernier numéro. C'était au milieu des années 70, et j'avais votre âge. La quatrième de couverture montrait la photo d'une route de campagne au petit matin, le genre de routes sur laquelle vous pourriez faire du stop si vous étiez aventurier.
Dessous, on pouvait lire : « soyez insatiables. Soyez fous. » C'était leur message d'adieu. Soyez insatiables. Soyez fous. C'est un vœu que j'ai toujours formulé pour moi. Aujourd'hui, au moment où vous recevez votre diplôme qui marque le début d'une nouvelle vie, c'est ce que je vous souhaite.
Soyez insatiables. Soyez fous. »
« La vie est fragile » disait Steve Jobs plus récemment. La vie est fragile.
| |
9
8
7
6
5
4
3
2
1
Vos réactions (121 réactions)
mantra77
[06/10/2011 12:32]
RIP
RIP
Applefannnn
[06/10/2011 12:34]
RIP merci pour tout Steve..
RIP merci pour tout Steve..
AlabamaTom
[06/10/2011 12:34]
R.I.P
R.I.P
cillab
[06/10/2011 12:35]
la suite sans lui,va étre difficile c'était un très grand MERCI POUR TOUT
la suite sans lui,va étre difficile c'était un très grand MERCI POUR TOUT
globeman
[06/10/2011 12:36]
Les keynotes que je regardais en famille me manquent déjà. Je me souviens particulièrement de celle de l'iphone qui est de la folie pure.
Mes pensées vont à sa femme et ses enfants, ils peuvent être fiers ! et à tout le personnel d'Apple.
Les keynotes que je regardais en famille me manquent déjà. Je me souviens particulièrement de celle de l'iphone qui est de la folie pure.
Mes pensées vont à sa femme et ses enfants, ils peuvent être fiers ! et à tout le personnel d'Apple.
macbob
[06/10/2011 12:36]
adieu coco
adieu coco
lolpop
[06/10/2011 12:37]
Tu nous manquera Steve....
Tu nous manquera Steve....
aero42
[06/10/2011 12:37]
Très bonne idée d'article (mine de rien, ça donne à réfléchir en lisant les discours de Steve) couplé à de très belles photos.
Très bonne idée d'article (mine de rien, ça donne à réfléchir en lisant les discours de Steve) couplé à de très belles photos.
Kinky
[06/10/2011 12:38]
Et n'oubliez pas. S'il a pu vivre quelques années de plus, c'est grâce aux dons d'organes.
http://www.dondorganes.fr/
http://www.france-adot.org/demande-carte-donneur.php
Et n'oubliez pas. S'il a pu vivre quelques années de plus, c'est grâce aux dons d'organes.
http://www.dondorganes.fr/
http://www.france-adot.org/demande-carte-donneur.php
mickawell91
[06/10/2011 12:39]
Sacré Visionaire/chef d'entreprise ce Jobs !
C'est très triste, les mots manquent
Une pensées pour Mme Jobs ainsi que ses enfants et à tout le personnel d'Apple.
Courage également à toute la communauté MacG.
Merci aux équipes de MacG pour la retransmission des keynote, les infos quotidiennes, l'hommage à Mr Jobs et tout ce que j'oublie votre site est top.
Bonne continuation
Micka
Sacré Visionaire/chef d'entreprise ce Jobs !
C'est très triste, les mots manquent
Une pensées pour Mme Jobs ainsi que ses enfants et à tout le personnel d'Apple.
Courage également à toute la communauté MacG.
Merci aux équipes de MacG pour la retransmission des keynote, les infos quotidiennes, l'hommage à Mr Jobs et tout ce que j'oublie votre site est top.
Bonne continuation
Micka
iStérique
[06/10/2011 12:40]
RIP Jobs..
Il ne manquait plus que toi pour faire du ciel un paradis... magique.
RIP Jobs..
Il ne manquait plus que toi pour faire du ciel un paradis... magique.
grim90
[06/10/2011 12:47]
@Kinky
Tu a absolument raison le don organes sauve des milliers de vie chaque année !
@Kinky
Tu a absolument raison le don organes sauve des milliers de vie chaque année !
Hasgarn
[06/10/2011 12:47]
Ça fait plusieurs que je souhaite à Steve de reposer en paix. Bon, je ne le ferai une fois de plus puisque de toute façon, tout le monde le lui souhaite. Ça doit donc est vrai ^^
Un bel article, sobre, qui à l'intelligence de donner la parole à iPapy. Finalement, il avait tout compris ;_;
Ça fait plusieurs que je souhaite à Steve de reposer en paix. Bon, je ne le ferai une fois de plus puisque de toute façon, tout le monde le lui souhaite. Ça doit donc est vrai ^^
Un bel article, sobre, qui à l'intelligence de donner la parole à iPapy. Finalement, il avait tout compris ;_;
9
8
7
6
5
4
3
2
1
Réagir
Il n'est pas possible de réagir à cette dépêche. Si vous souhaitez toutefois réagir, n'hésitez pas à faire un tour dans nos forums.






Mai 2013
