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Bill Gates ironise sur les iPad dans les écoles

par Anthony Nelzin le 28.06.2012 à 12:30
Bill Gates n'a pas fini ses études, occupé qu'il était à créer Microsoft et devenir l'un des pères fondateurs de la micro-informatique moderne. Le multimilliardaire est néanmoins aujourd'hui un acteur de premier plan dans le monde de l'éducation, par le biais de la Bill & Melinda Gates Foundation. À l'occasion d'un entretien avec la Chronicle of Higher Education (via), il a longuement exposé ses vues sur le futur de l'enseignement supérieur. Et notamment taclé l'approche d'Apple en la matière.

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Apple a en partie été fondée avec l'idée que l'ordinateur personnel pouvait être un outil au service de l'éducation. Que cet idéal ait une portée financière est indéniable, mais il a souvent été mis à l'épreuve au travers de projets dans lesquels la rentabilité immédiate ne comptait pas. En 1982 par exemple, Apple créait sa fondation Éducation, et elle a longtemps testé le déploiement d'Apple II dans des écoles californiennes. Doit-on par ailleurs rappeler que Steve Wozniak a été enseignant de CM2 et qu'il a donné son nom à un prix décerné aux lycéens de la baie de San Francisco ? Ou que NeXT a été fondée par Steve Jobs comme une entreprise dédiée au marché de l'éducation ?

Si la fibre éducative d'Apple s'est faite plus discrète pendant les années 1990, elle est revenue au premier plan avec le retour de Steve Jobs : elle est le produit des idéaux des années 1970 et des créateurs de la Silicon Valley. Elle est aujourd'hui indéniablement moins philanthropique que dans les années 1980, mais néanmoins bien présente : l'eMac était une machine pensée pour les classes ; Apple a multiplié les séminaires pour recueillir les avis des professeurs sur les usages de l'iPod et les a accompagnés dans ce sens ; la firme de Cupertino n'a jamais hésité à concéder de larges réductions au monde de l'éducation ni même à fournir des réponses à des appels d'offres particulièrement agressives. Aujourd'hui, l'iPad et l'iBookstore sont les propositions d'Apple au monde de l'éducation.

Depuis 30 ans en effet, Apple propose ses produits, quoiqu'elle les ait parfois plus spécialement adaptés, et c'est ensuite aux enseignants et aux étudiants d'en disposer. Une approche qui déplaît particulièrement à Bill Gates, qui estime qu'elle répond à la mauvaise question :

Ne faire que donner des appareils aux gens n'a jamais fonctionné. Il vous faut changer le programme et l'enseignant. […] L'appareil n'est pas le facteur limitant pour le moment, du moins pas dans la plupart des pays.

Le fondateur de Microsoft est partisan d'une approche plus globale, mais aussi plus radicale et politique, des mots qui n'ont jamais fait partie du vocabulaire d'Apple. Aujourd'hui libéré des contraintes inhérentes à celles des entreprises, Bill Gates, par le biais de sa fondation, travaille en effet à une approche visant d'abord à rénover les programmes et la manière dont les étudiants et les enseignants interagissent, et seulement ensuite à introduire un élément informatique, et uniquement au service de la rénovation des cursus. Il a notamment investi dans la Khan Academy, qui propose aux étudiants d'apprendre à leur rythme et aux enseignants de n'intervenir que dans un deuxième temps — un système dont le fondateur dit qu'il « pourrait être l'ADN d'une école dans le monde réel où les étudiants passeraient 20 % de leur journée à regarder des vidéos et s'exercer à leur rythme, et le reste de leur temps à construire des robots, peindre des tableaux, composer de la musique ou faire toutes sortes d'autres choses. »

Bill Gates ne peut néanmoins pas s'empêcher de faire un commentaire beaucoup moins théorique, où l'on entend moins le philanthrope et beaucoup plus le président de Microsoft :

Cela ne fonctionnera jamais avec un appareil qui ne possède pas un clavier. Les étudiants ne sont pas là pour seulement lire. Ils sont censés être capables d'écrire et de communiquer. Ce sera plus dans les cordes du PC [que de la tablette].

La Microsoft Surface, une tablette disposant d'un clavier optionnel n'étant pas encore commercialisée, on ne peut juger de ces propos qu'à l'aune de l'insuccès du Tablet PC — alors que les iPad sont d'ores et déjà dans les salles de classe.

Reste que l'approche de Bill Gates, comme celle de Steve Jobs avant lui, reste relativement passive : on est loin des thèses constructionistes de Nicholas Negroponte et Seymour Papert, qui ont par exemple motivé le projet Dynabook d'Alan Kay (qui travailla chez Apple) ou le projet OLPC. Microsoft comme Apple considèrent l'ordinateur, quel que soit sa forme, comme un moyen d'accès au contenu pédagogique — les constructionistes le voient comme un outil pour la résolution des problèmes, les étudiants pouvant par exemple développer de petits programmes pour ensuite résoudre leurs problèmes de mathématiques. Une approche encore plus radicale et profonde qui implique beaucoup plus l'enfant et qui reste aujourd'hui très peu développée.

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Vos réactions (73 réactions)
lechat666 [28/06/2012 12:35]

"cherie, ça va troller" :D
francher [28/06/2012 12:41]

étant moi même étudiant, l'attrait de la tablette est bien réel, notamment pour les matières non techniques (exit maths et physiques).
Leger, pratique, et surtout je trouve qu'il me tente moins que mon ordinateur , par exemple je n peux pas superposer internet et mon traitement de texte...
donc pour moi, la tablette reste bien meilleure que l'ordinateur AVEC UN CLAVIER EXTERNE !!

je prend mes cours magistraux avec mon ipad et mon clavier logitech, sur iA Writer, comme ça c'est direct sur ma dropbox et je les récupères sur mon macbook 15" quand je rentre chez moi.
ShowMeHowToLive [28/06/2012 12:44]

L'iPad possède un clavier si on veut.

Il n'y a bien qu'Excel avec ses petites cellules qui peut poser problème aux gros doigts !
iTroll [28/06/2012 12:45]

Bah faut dire déjà le titre est un appât à troll

Je ne vois pas beaucoup d'ironie dans la citation, juste un point de vue sorti de son contexte.
Mais bon, ça sera peut-être suffisant pour exciter les trolls. Il leur en faut bien peu.
Steeve J. [28/06/2012 12:46] via MacG Mobile

Et iTunesU il connaît ???
Quoi que Bill n'a jamais été un grand visionnaire si on se souviens de ses phrases célèbres : par exemple :
• "Personne n'aura jamais besoin de plus de 640 ko de mémoire"
Ou encore de son livre sur le futur ou l'Internet ne fut même pas evoqué ? Oui oui !
Ce qui me fait peur c'est que si il dit cela aujourd'hui c'est que chez Microsoft on est pas très sûr à propos des Surfaces ?
D'ailleurs pour l'instant Microsoft ne veux pas dire (pourquoi ?) qu'elle est la division qui a pondu ces Surfaces ???

cbi [28/06/2012 12:47] via MacG Mobile

Je ne pense pas que le but de l'iPad en milieu scolaire soit de remplacer le cahier et le crayon. Mais en premier lieu de mettre à disposition des manuels scolaires attractifs, multimédia et toujours à jour. C'est déjà beaucoup.
shenrone [28/06/2012 12:47]

C'est le même gates qui a écrit ça:
http://a1.sphotos.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-ash3/522942_321207727960672_744104118_n.jpg
non?
Donc aucun soucis pour l'ipad :D
barbapapple [28/06/2012 12:47] via iGeneration pour iPad

@francher

Et ben ça va pas mal les étudiants... un IPad, un MacBook pro 15"....
iTroll [28/06/2012 12:52]

Bon les trolls à citation foireuse, je vais vous couper dans votre élan trollesque, ça évitera de l'agacement chez les non-trolls:
http://blogs.smithsonianmag.com/paleofuture/2012/06/1987-predictions-from-bill-gates-siri-show-me-da-vinci-stuff/
Mitchells [28/06/2012 12:52]

Les iPads ONT un clavier, il est virtuel mais c'est un très bon clavier...
Avec par exemple la légère modification apportée par iWriter, on tape aussi vite sur un iPad que sur un clavier physique.
Z'ont du mal à comprendre ce qu'est l'iPad, chez minimou...
kinto [28/06/2012 12:54] via MacG Mobile

@shenrone :
c'est pas possible . C'est un fake?
elamapi [28/06/2012 12:54]

Apple comme MS n'ont qu'un But. Faire en sorte que Kevin, quand il sortira de l'école, achete Apple ou MS, et en fasse la promotion ... Rien de plus. Rien de moins.

La philanthropie la dedans n'est qu'une vaste blague.

Le bon point serait de faire travailler de concert: Prof/Industriels/Gouvernement pour qu'ENSEMBLE ils essayent de promouvoir de BONNE solution.

Que ce soit une tablette, ou un ordi, chacun peut avoir un interet certain dans l'éducation.

Une tablette pour remplacer les 4 ou 5 bouquins qui pesent 3 tonnes, pour distribuer de manière rapide un document en classe, ou pour proposer rapidement quelques exercises.

Un ordi pour la rédaction (et pas la prise de note), pour l'apprentissage de l'informatique et de la programmation au sens large.

Mais sans formation des enseignants, ça ne sert à rien.

Sur ce point Billou à raison, jeter un ordi dans une classe, c'est rigolo. Former l'enseignant à l'outil et APRES lui donner un ordi, c'est utile (que ce soit du MS, de l'OSX, du linux ou ce que vous voulez).

Et dans ce domaine, aucun des deux gros ne fait pratiquement rien avant l'université (et encore ...).

Quand je vois que mon fils de 6 ans en CP, à une initiation à l'informatique et qu'il explique à la prof comment trier les Applications par nom dans le menu démarrer de windows ça fait peur.

Ils ont des ordis ... mais personne ne sait s'en servir à part lancer 1 video ou ecrire un texte sous word.

Stanley Lubrik [28/06/2012 12:55]

Et Gates oublie de parler de la prise de notes manuscrites avec conversion en texte qui font défaut à l'iPad mais est bien implémenté avec Windows 8....

Avec la tablette idéale, on devrait pouvoir mieux gérer notes tapotées sur écran, notes manuscrites (avec conversion possible en texte dactylo) et travail sur un clavier ergonomique au sein de toutes les application où l'écriture tient une place de choix...
Microsoft Surface semble mieux armé pour cela... Moi avec mon iPad, c'est le bricolage permanent entre plusieurs logiciels, et l'usage de stylets moyennement convaincants...


Esprit d'Inkwell si tu pouvais torturer Tim Cook !
kinto [28/06/2012 12:55] via MacG Mobile

@iTroll :
c'est en anglais!
Une petite synthèse en français , please.
rom54 [28/06/2012 12:57]

Le principe de l'éducation vise deux objectifs antagonistes:
- former des citoyens
- former des individus conscients et savants.

Si on part du principe que la connaissance est le seul moyen qu'a l'individu pour s'auto déterminer et trouver des solutions adaptées aux problèmes (connus ou inconnus) que lui pose la vie, alors on doit considérer que l'on éduque un individu avec ses spécificités et ses moyens dans l'objectif de développer ses compétences et spécificités naturelles et non pas des classes d'âge, de genre, sociales, culturelles etc selon un schéma générique...

C'est l'approche des méthodes modernes scientifique, dont beaucoup son basées sur le constructivisme (et pas le constuctionisme) initié par Piaget...
Cela a été appliqué dans beaucoup d'écoles alternatives, notamment avec des surdoués ou des émigrants, avec un vrai succès.

A l'inverse, l'approche nationaliste, habituellement representée pas l'education dite nationnale, a pour objectif de former des citoyens, donc de développer les qualités d'intégration et d'obéissance a l'ordre social établi.
Elles se fondent sur le renforcement identitaire groupal (voir clanique) notamment en faisant un usage immodéré de l'intégration a des classe de genre(séparation garçon/fille), sociale et d'âge.

Dans ce système la réussite est basé non sur l'évolution des capacités de l'individu mais a sa capacité a obéir (répondre) de manière adaptée (réponse adéquate "du tac au tac") liée a un conditionnement (programmation ou apprentissage pas coeur). Ainsi les évaluations standardisées, s'appliquent de manière réductrice, a tous les élevés d'une classe (souvent d'âge).

Gates, semble prôner une approche constructiviste, mais comme il l'a toujours fait, en passant par la voie verticale (ou hiérarchique plus précisément) et strictement encadrée, avec une reforme de l'éducateur et du système.
De plus il insiste sur le fait que le matériel a un rôle secondaire et que c'est la méthode et l'éducateur qui est la clef.

On peut opposer un argumentaire a cette approche:
- passer par la voie hiérarchique n'a aucune chance de réussir: les intérêts nationalistes sont contraire a l'intérêt de l'individu et jamais un état nationaliste n'instituera une approche constructiviste dans son éducation nationale!

- Le principe du constructivisme est de restreindre les contraintes (directives, conditions, règles) de manière a laisser l'individu découvrir le plus par lui meme et construire son système de connaissances et de savoirs. Dans ces systèmes le rôle de l'enseignant est au minimum d'utiliser la maïeutique et de complexifier la pensée. On nit dit pas comment faire les choses, on pose des objectifs et on donne un accès le plus libre possible a l'expérimentation et a la connaissances.

- l'ordinateur est a la fois un support de contenu, mais aussi un objet a explorer et permettant d'explorer virtuellement des hypothèses (approche constructiviste s'il en est). C'est aussi un outil mathématique "analogique" permettant de lier les informations dans un carte relationnelle propre a chacun et permettant de croiser cette carte avec celle d'un autre individu.

- l'ordinateur permet aussi de développer et de comprendre les notions de séquences, structures, d'ordre, de relation, d'informations,...

- l'ordinateur permet aussi de développer de manière unique la "perception informationnelle" et la capacité a la mettre dans différentes perspectives (un connaissances dans un domaine peut s'appliquer dans un autre totalement diffèrent, un tache complexe et irréalisable par un individu peut être simple si elle est réalisée par plusieurs collaborants...)

De fait, mettre un outil informatique a la libre disposition des "eleves" est en soit un fondement éducatif. Et il est important que cet outil offre de multiples niveau d'accès (intuitif et nécessitant un apprentissage) et progressifs.

Dans ce sens l'approche initiale d'Apple est bien meilleure et cohérente.
Et en fait Mac OS comme iOS sont initialement basé sur le constructivisme: l'interface est accessible sans formation et on découvre progressivement comment devenir plus efficace avec. De plus, des produits comme l'iPad sont actuellement ce qu'il y a de plus proche du Dynabook. La tablette de Microsoft est de son coté plus proche des netbook.

Il reste une dimension problématique touchant autant Apple que Microsoft ou la fondation Gates: l'indépendance economico-politique.
Quelle garantie donnent ces groupes face au risque d'intrusion idéologique, politique ou simplement commerciale.
Qui peut garantir que les intérêts creationistes(religieux ou sectaires) ne seront pas sous-jacent dans les approches prônées?
Qui peut garantir que les intérêts visant a instituer une dépendance commerciale a une marque, produit,... ne seront pas l'objectif réel?

Quant on voit l'intrication entre la Fondation Gates, Microsoft et des sociétés multinationales comme Monsanto, on peut légitimement d'inquiéter.
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