Un pavé dans la mare Twitter
par Nicolas Furno le 13.03.2011 à 10:08
Le réseau social Twitter a construit son succès sur sa formule extrêmement simple (des messages de 140 caractères et… c'est à peu près tout), mais aussi sur des applications et des usages innovants pour lesquels le réseau n'avait pas été pensé à l'origine. Twitter sert autant à raconter sa vie et décrire le monde, qu'à envoyer des images, faire de la publicité, créer des flux d'actualité, donner sa position ou encore chercher un appartement. De la même manière, les clients Twitter ont toujours été à la fois très nombreux et un terrain favorable à l'innovation. Sur Mac OS X et iOS, on ne compte même plus le nombre de clients différents, certains faisant le pari de la simplicité et de l'interface élégante ou originale, quand d'autres transforment le réseau pour lui ajouter un grand nombre de fonctions évoluées.
Une simple recherche sur le Mac App Store montre le grand nombre d'applications Twitter disponibles. C'est encore plus vrai dans l'App Store iOS.
Alors que le marché des clients Twitter ne s'est jamais aussi bien porté, Ryan Sarver, responsable de l'API Twitter indispensable aux applications, a lancé un pavé dans la mare en publiant en fin de semaine une tribune sur le groupe officiel de l'API. Cette tribune fait le point sur l'écosystème Twitter et évoque à la fois les opportunités de développement offert par cet écosystème, mais aussi, et surtout, sa cohérence. Ryan Sarver appelle à une plus grande cohérence des applications et au strict respect des règles d'utilisation de l'API Twitter, trop souvent oubliées par les développeurs selon lui. Les utilisateurs sont perturbés par des fonctionnements modifiés par les clients, ou quand une application n'utilise pas le vocabulaire officiel. Ryan Sarver met l'accent sur le respect des règles de Twitter à propos de la vie privée et indique que Twitter désactive plusieurs centaines d'applications chaque semaine pour non-respect des règles.
En conséquence, le réseau social a modifié les conditions d'utilisation de son API et entend bien les faire respecter. On peut y lire notamment qu'une application (au sens large, il peut s'agir d'un service web) ne doit pas envoyer de tweet ou modifier un compte Twitter sans en demander explicitement la permission (point II.1.B). Voilà qui devrait permettre de mettre un terme aux dizaines de services qui proposent une analyse quelconque et envoient automatiquement le résultat sous la forme d'un tweet.
Cet appel au respect des conditions d'utilisations n'a rien d'extraordinaire, mais le pavé provient d'un autre point évoqué par cette tribune. Ryan Sarver fait le point sur l'utilisation des clients officiels : il en existe désormais sur un grand nombre de plateformes, et notamment sur les plateformes mobiles majeures (iOS, Android, Blackberry, Windows Phone, etc.) et ces clients sont extrêmement populaires, sans surprise : 90 % des utilisateurs de Twitter utilisent au moins une fois par mois un client officiel.
Un succès incontestable qui remet en cause l'intérêt de simples clients alternatifs. Même s'il ne le dit pas explicitement dans sa tribune, Ryan Sarver explique aux développeurs que les clients Twitter ne sont pas nécessaires s'ils n'ajoutent rien par rapport aux clients officiels. « Des développeurs nous demandent s'ils doivent construire des clients qui imitent ou reproduisent l'expérience des clients Twitter officiels. La réponse est non. », explique-t-il ainsi, en précisant immédiatement que les clients actuels peuvent continuer d'exister tant qu'ils respectent les règles d'utilisation du service.
Mais quid de nouveaux clients ? Quel avenir, par exemple, pour le très prometteur Tweetbot attendu dans les prochaines semaines sur iOS ? Ses concepteurs sont connus sur l'App Store pour proposer des applications très simples, mais très bien pensées et extrêmement élégantes. Cela suffira-t-il à justifier son existence ? On suppose que le réseau social ne va pas du jour au lendemain refuser ce genre d'applications, mais on comprend que certains développeurs soient un peu amers après cette annonce assez inattendue. Faut-il le rappeler, les clients officiels Mac et iOS sont issus du rachat de Tweetie, un client Twitter qui n'ajoutait rien de plus au site Internet si ce n'est une très élégante interface…
En attendant, Ryan Sarver donne quelques exemples d'applications qui ont un intérêt en ajoutant des fonctionnalités, ou en exploitant les données de Twitter de manière spécifique. Dans la liste, on trouve quelques services très spécifiques, souvent dédiés aux entreprises comme SocialFlow ou MassRelevance, mais aussi des clients complets dont le fameux Seesmic qui font office de CRM sociaux, mais encore des services qui ajoutent du contenu à Twitter, comme Foursquare ou Instagram.
Difficile pour l'heure de connaître les conséquences précises de cette tribune pour les clients Twitter. Toujours est-il que le réseau social vient sans doute remettre en cause les projets de nombreux développeurs. S'il est légitime que Twitter mette en avant ses propres clients, interdire les clients alternatifs ne serait, en tout cas, certainement pas la meilleure chose à faire.
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Vos réactions (23 réactions)
gwen
[13/03/2011 10:46]
J'ai tout lu et je ne comprends toujours pas à quoi sert Twitter.
J'ai tout lu et je ne comprends toujours pas à quoi sert Twitter.
macuserman
[13/03/2011 10:50]
via MacG Mobile
La phrase de conclusion me parait étrange. En quoi ça ne serait pas la meilleure chose à faire.
Twitter ressemble un peu à Apple en demandant implicitement aux développeurs d'utiliser leur solution logicielle...
Apple interdit pas mal de choses dans le même genre et ça marche. Ok c'est pas la même dimension mais bon. Par ailleurs ils ne restreignent pas l'innovation puisqu'ils vont forcer aux dev des applis existantes de se bouger. Et qui utilise autre chose que Twitter/Seesmic/TweetDeck/4Square/Twittbird/Echofon/HootSuite.
Applications qui doivent représenter 99.8% du marché...!
Apres c'est comme ça c'est comme ça. :)
La phrase de conclusion me parait étrange. En quoi ça ne serait pas la meilleure chose à faire.
Twitter ressemble un peu à Apple en demandant implicitement aux développeurs d'utiliser leur solution logicielle...
Apple interdit pas mal de choses dans le même genre et ça marche. Ok c'est pas la même dimension mais bon. Par ailleurs ils ne restreignent pas l'innovation puisqu'ils vont forcer aux dev des applis existantes de se bouger. Et qui utilise autre chose que Twitter/Seesmic/TweetDeck/4Square/Twittbird/Echofon/HootSuite.
Applications qui doivent représenter 99.8% du marché...!
Apres c'est comme ça c'est comme ça. :)
parafsuo54000
[13/03/2011 10:51]
Bein j'ai mon compte également. il me sert pas à grand chose.
Si c'est pour kikoololiser, je préfere FB.
Bein j'ai mon compte également. il me sert pas à grand chose.
Si c'est pour kikoololiser, je préfere FB.
Terence993
[13/03/2011 11:04]
via MacG Mobile
Il peut toujours y avoir des clients alternatifs mais ceux-ci doivent innover.
Parfois, j' ai l' impression que les clients Twitter sont devenus les fameuses app "liste de course" des jeunes dev...
Il peut toujours y avoir des clients alternatifs mais ceux-ci doivent innover.
Parfois, j' ai l' impression que les clients Twitter sont devenus les fameuses app "liste de course" des jeunes dev...
bugman
[13/03/2011 11:14]
@ gwen : Pour faire rapide, je dirais que c'est un mix entre le SMS (pour la longueur des messages) et la news letter (pour le fonctionnement).
@ parafsuo54000 : Une grosse différence pour moi est qu'a la base tu t'inscris généralement sur le compte FB d'une personne que tu connais bien pour le suivre (du coup, il te suit aussi automatiquement), sur Twitter tu ne connais pas obligatoirement la personne que tu suis. Pour le coté kikoopétederire c'est plutôt chez FB, Twitter s'utilise plus de façon professionnel (a mon avis).
@ gwen : Pour faire rapide, je dirais que c'est un mix entre le SMS (pour la longueur des messages) et la news letter (pour le fonctionnement).
@ parafsuo54000 : Une grosse différence pour moi est qu'a la base tu t'inscris généralement sur le compte FB d'une personne que tu connais bien pour le suivre (du coup, il te suit aussi automatiquement), sur Twitter tu ne connais pas obligatoirement la personne que tu suis. Pour le coté kikoopétederire c'est plutôt chez FB, Twitter s'utilise plus de façon professionnel (a mon avis).
lolo-69
[13/03/2011 11:20]
@gwen.
Moi non plus. Suffit de se dire que: "Si on comprends pas, c'est qu'on en a pas besoin..."
;-)
@gwen.
Moi non plus. Suffit de se dire que: "Si on comprends pas, c'est qu'on en a pas besoin..."
;-)
macuserman
[13/03/2011 11:25]
via MacG Mobile
@Bugman: je préfère LinkedIn pour le coté pro quand même...
@Bugman: je préfère LinkedIn pour le coté pro quand même...
bugman
[13/03/2011 11:48]
@ macuserman : LinkedIn, je ne connais pas (enfin de nom seulement), je vais m'y intéresser. Merci.
@ macuserman : LinkedIn, je ne connais pas (enfin de nom seulement), je vais m'y intéresser. Merci.
Sephi-Chan
[13/03/2011 11:49]
Si ça peut limiter la quantité de clients Twitter qui sortent chaque jour, tant mieux.
Ça dépend des gens. On peut s'en servir pour raconter sa vie et/ou comme d'un outil.
En ce qui me concerne, je suis développeur Ruby et j'utilise Twitter comme un outil de veille. Je suis (follow) un certain nombre d'utilisateurs (des particuliers comme des entreprises qui évoluent dans le même milieu) qui disent (tweet) des choses intéressantes (nouvelles versions des logiciels, témoignages sur des outil/techniques, etc.).
Ça me permet donc d'avoir des informations pertinentes (car déjà filtrées) dans laquelle je navigue. Je ne vais pas chercher l'information, je la reçois.
Le danger de Twitter pour la productivité, c'est d'avoir une notification dès qu'on reçoit un tweet : mieux vaut s'accorder des pauses où l'on regarde sa timeline.
Sephi-Chan
Si ça peut limiter la quantité de clients Twitter qui sortent chaque jour, tant mieux.
Posté par gwen
J'ai tout lu et je ne comprends toujours pas à quoi sert Twitter.
J'ai tout lu et je ne comprends toujours pas à quoi sert Twitter.
Ça dépend des gens. On peut s'en servir pour raconter sa vie et/ou comme d'un outil.
En ce qui me concerne, je suis développeur Ruby et j'utilise Twitter comme un outil de veille. Je suis (follow) un certain nombre d'utilisateurs (des particuliers comme des entreprises qui évoluent dans le même milieu) qui disent (tweet) des choses intéressantes (nouvelles versions des logiciels, témoignages sur des outil/techniques, etc.).
Ça me permet donc d'avoir des informations pertinentes (car déjà filtrées) dans laquelle je navigue. Je ne vais pas chercher l'information, je la reçois.
Le danger de Twitter pour la productivité, c'est d'avoir une notification dès qu'on reçoit un tweet : mieux vaut s'accorder des pauses où l'on regarde sa timeline.
Sephi-Chan
Malcolmm
[13/03/2011 12:00]
Bref ils en ont marre de voir se gaver des parasites sur leurs dos , juste pour juste pour faire plus joli . Ils ont raison .
Bref ils en ont marre de voir se gaver des parasites sur leurs dos , juste pour juste pour faire plus joli . Ils ont raison .
Rigat0n
[13/03/2011 12:19]
via MacG Mobile
Ils décident ça évidemment juste après avoir rajouté une barre de pub dans l'appli officielle... Business is business.
Ils décident ça évidemment juste après avoir rajouté une barre de pub dans l'appli officielle... Business is business.
vincent2b
[13/03/2011 12:21]
Il est assez pénible de toujours mettre Facebook et Twitter dos à dos. Ils sont fondamentalement différents. La construction de son réseau sur Facebook est immédiate est simplifiée dans la mesure où les connexions se font généralement avec ses connaissances, la plateforme mettant en plus à disposition du nouvel inscrit de nombreux outils de recherche. Twitter peut sembler déroutant au début car cette même construction doit se faire savamment et patiemment. L'utilisateur part de zéro et doit développer son réseau à partir des ses goûts, ses centres d'intérêts, ses envies... Ceci pouvant expliquant l'abandon rapide du réseau de certains car nous baignons dans l'immédiateté. Là ou il conservera l'interconnexion avec un utilisateur sur Facebook seulement car c'est une véritable connaissance alors même que ses publications ne le passionnent pas, l'usager de Twitter n'hésitera pas à couper les ponts s'il considère que la source ne correspond plus à ses attentes. La construction de son réseau sur Twitter a ça de formidable, c'est qu'elle est perpétuelle et sans cesse en mouvement, invitant quotidiennement à de nouvelles rencontres ou découvertes, en restant une inépuisable source d'informations.
Il est assez pénible de toujours mettre Facebook et Twitter dos à dos. Ils sont fondamentalement différents. La construction de son réseau sur Facebook est immédiate est simplifiée dans la mesure où les connexions se font généralement avec ses connaissances, la plateforme mettant en plus à disposition du nouvel inscrit de nombreux outils de recherche. Twitter peut sembler déroutant au début car cette même construction doit se faire savamment et patiemment. L'utilisateur part de zéro et doit développer son réseau à partir des ses goûts, ses centres d'intérêts, ses envies... Ceci pouvant expliquant l'abandon rapide du réseau de certains car nous baignons dans l'immédiateté. Là ou il conservera l'interconnexion avec un utilisateur sur Facebook seulement car c'est une véritable connaissance alors même que ses publications ne le passionnent pas, l'usager de Twitter n'hésitera pas à couper les ponts s'il considère que la source ne correspond plus à ses attentes. La construction de son réseau sur Twitter a ça de formidable, c'est qu'elle est perpétuelle et sans cesse en mouvement, invitant quotidiennement à de nouvelles rencontres ou découvertes, en restant une inépuisable source d'informations.
zoncou
[13/03/2011 12:51]
@gwen: fait un tour ici:
http://www.siteduzero.com/tutoriel-3-232499-petit-guide-d-utilisation-de-twitter.html
@gwen: fait un tour ici:
http://www.siteduzero.com/tutoriel-3-232499-petit-guide-d-utilisation-de-twitter.html
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Mai 2013
