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Le Macintosh inspiré par la révolution du livre à la Renaissance, une interview de B. Rives

par Samuel Petit le 11.08.2008 à 12:32
Bruno Rives nous a accordé une interview exclusive pour la sortie de son livre Aldo Manuzio, passions et secrets d'un Vénitien de génie, édité par Librii en édition papier et version électronique enrichie.

Le livre est une docu-fiction sur Aldo Manuzio, le grand imprimeur et éditeur de la Renaissance. C'est à lui que l'on doit l'invention du premier « livre de poche ». Il fut en Europe un des principaux contributeurs à l'essor du livre et à la diffusion du savoir.

Quel rapport avec la Pomme ? Eh bien, les inventeurs du Macintosh ne se cachent pas d'avoir été inspirés par l'illustre figure de la Renaissance italienne qu'est Manuzio. Bruno Rives, qui a travaillé chez Apple de 1981 à 1986 est bien placé pour le savoir.

C'est pourquoi il a fait d'Aldo Manuzzio le héros de son livre. Un héros de la race des Léonard de Vinci, érudit et doué en tout, sachant aussi bien faire progresser les techniques de l'imprimerie que contribuer aux contenus des livres par des préfaces savantes. Ce livre ne cesse de nous renvoyer en sourdine à la saga d'Apple, il donne des clés pour comprendre ce qu'est une révolution technologique qu'elle soit de 1501 ou de 1984.

Bruno Rives, nous allons parler avec vous de l'innovation au sens large, de votre passion pour Aldo Manuzio, de votre travail sur le papier électronique, en passant par votre expérience chez Apple. Pouvez-vous vous présenter ?

Je suis passionné par les formes inédites d’accès à la connaissance qu’offrent les nouvelles technologies. En relation avec les équipes de Cupertino, j'étais en charge du lancement du Macintosh en France, mais je me laissais aller à programmer un peu d’assembleur et de Pascal, ce qui me donna accès au cercle des concepteurs, designeurs et ingénieurs. Steve Jobs me parlait assez facilement, il m'expliquait sa vision de la technologie, mais aussi sa stratégie de marque et les bouleversements qu'une interface instinctive associée à une informatique personnelle allaient provoquer.

J'ai quitté Apple à l'arrivée du Macintosh II. Il ressemblait à un PC, et même si Apple revenait aux sources avec le SE/30, j’avais été trop impressionné par le Mac128k.

Par la suite, j'ai fondé des activités dans le domaine des technologies de l'information, j'ai travaillé aussi dans le secteur de la marque, en créant une filiale de BBDO, agence-conseil en communication, en 1987. J'ai fait un tour par l'Interactive Agency californienne d'Apple, de Nike et de Sony. La France n'avait pas encore pris la mesure de l'Internet : c'était là-bas que tout se passait.

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Puis, j'ai créé Tebaldo en 2000, un observatoire des tendances et usages des nouvelles technologies, qui organise des événements autour du papier électronique, d’Apple, et de la robotique apprenante. J'ai cofondé Ganaxa, designer de plateformes e-paper, ainsi que Librii, une maison d’édition.

Concernant mon livre, c'est en recherchant l'origine du nom du logiciel de mise en page Aldus Pagemaker que j'ai rencontré Aldo Manuzio. Alan Kay, personnage clé à Xerox Park dans les années 70, grand visionnaire du livre électronique, en avait fait son héros. On le croisait à l'époque dans les locaux d'Apple, et c’est auprès de lui que Steve Jobs s'est nourri pour réaliser le Macintosh. J'ai commencé à écrire ce livre en constatant à quel point Aldo Manuzio était méconnu. Le parti-pris romanesque me semblait le plus approprié pour toucher le plus grand nombre. J'ai enquêté, consulté ses ouvrages, dont le mythique Hypnerotomachia dont je parle beaucoup dans mon livre. Un grand nombre de mes recherches a été rendu possible par l'Internet ; il m'aurait fallu plus d'une vie pour remonter la piste d'ouvrages anciens éparpillés aux quatre coins du monde.

L'histoire a davantage retenu la figure de Gutenberg que celle d'Aldo Manuzio. Pouvez-vous préciser les apports de chacun ?

L'imprimerie remonte à bien avant J.-C. mais c'est en Chine qu'un certain Pi-Cheng invente l’imprimerie à caractères mobiles au XIe siècle, qui se voit freinée dans son développement à cause de la quantité de sinogrammes à graver.

En Occident, Gutenberg et Aldo Manuzio sont impliqués dans des métiers très différents. Le premier est imprimeur, le second est un professeur de grec, frustré de voir ses élèves sans livres. Il va perfectionner les ingrédients de imprimerie naissante qui font toujours et encore le livre moderne.

Pour ses propres éditions, riches et commentées, il perfectionne les poinçons, l'encre et le papier, relève le défi des signes difficiles, voire impossibles à imprimer. Il invente des ponctuations, des techniques pour l'espacement proportionnel, le tout dans un format, in-octavo maniable et peu encombrant. Il publie non seulement les grands textes grecs, mais aussi l'italien courant qui n'avait jamais été imprimé.
Gutenberg a beaucoup expérimenté et connu de nombreux échecs jusqu'à revenir au point mort : la xylographie. Il a peut-être initié un grand mouvement en Europe, mais le mérite revient surtout au marchand vénitien Jacob di Salomone d'avoir rapporté de Chine, avant Marco Polo, la description des techniques chinoises.

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Vos réactions (29 réactions)
Halx [11/08/2008 13:15]

Bravo pour cette interview très intéressante !
hirtrey [11/08/2008 13:20]

C'est quoi le but de cette article ?
iarwain [11/08/2008 13:32]

@hirtrey
Le but de CET article est d'augmenter ta culture générale…
WebOliver [11/08/2008 13:32]

Oui, très intéressante interview. Ça m'a rappelé mes débuts en informatique et en PAO avec ce vénérable Aldus PageMaker...
jeremiecroupotin [11/08/2008 13:33]

Le but de CET article? La culture, tu connais?
leonzeur [11/08/2008 13:53]

bravo et super article passionnant pour un génie de la renaissance que je ne connaissais pas du tout !! j'achète dès aujourd'hui ce livre en pdf sur le site de l'éditeur !!
anthony.n [11/08/2008 14:14]

En tant qu'apprenti historien, j'ai juste un doute, et je me demande si l'auteur n'a pas une vision trop romantique de la Renaissance et de ses personnages. Aldo Manuzio était certes ce qu'on appelle un humaniste, mais c'était aussi un financier et un homme d'affaires, comme tous les entrepreneurs italiens de l'époque. De quoi encore accentuer le parallèle avec S. Jobs (même si je trouve ce parallèle un peu élogieux pour Jobs), qui est certes un excellent visionnaire, mais pas désintéressé pour autant.
Je me procurerai ce livre car il me semble intéressant, mais j'espère ne pas être déçu sur le contenu historique.
terreaterre [11/08/2008 14:28]

>> C'est pourquoi il a fait d'Aldo Manuzzio le héros de son livre.
>> Un héros de la race des Léonard de Vinci

Non, un héros de la race des Léopard de Vinci !
Mac1978 [11/08/2008 14:51]

Excellent pour la culture générale et très intéressante l'idée de tirer un parallèle entre les révolutions du XVIe et celles d'aujourd'hui.

Sympa de revoir un MacII avec écran 13" couleurs. Le mien a tenu plus de 10 ans et je ne m'en suis séparé qu'à cause de la taille vraiment limite. Le tube était un Sony trinitron longtemps inégalé.
hirtrey [11/08/2008 15:05]

@iarwain: oui surement c'est un ancien d'Apple donc oui c'est de la culture. Il faut s'arracher son livre !!!!! Si tu consideres que cet article c'est de la culture ...



ptimac [11/08/2008 15:13]

Hirtrey : Vexé ?
hirtrey [11/08/2008 15:25]

@ptimac: moi vexé non mais triste de voir ca .... oui un peu triste
cl97 [11/08/2008 15:53]

C'est quoi le but de cette article ?


Présenter un livre qui fait des parallèles intéréssants, s'ouvrir de nouveaux horizons, tenter de mieux comprendre Apple et les personnes qui ont fait cette société et qui sont à l'origine de cette culture d'entreprise si particulière, prendre du recul…
hirtrey [11/08/2008 16:13]

@cl97: Justement c'est les // qui me bloque. MacBook Air s’approche d'un « ouvrage » de référence..., Windows un erreur..., Macintosh se substituait à la photocomposition..., ...controverses : c’est rarement le cas sur l'Internet...,
spleen [11/08/2008 17:08]

Ce n'est pas de la culture c'est de la PUB.
" les inventeurs du Macintosh ne se cachent pas d'avoir été inspirés par l'illustre figure de la Renaissance italienne qu'est Manuzio "
Rien que ça !!!
Et le futur Apple store de Las Vegas, il est inspiré par qui ? Michel Ange ?
Heu... vous n'avez pas l'impression que ce jeune homme en rajoute un peu ?
Je suis sûr qu'Apple n'en demandait pas tant...
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