iTMS vs. OD2
par Vincent Absous le 01.07.2004 à 10:57
Mardi 15 juin, Steve Jobs annonçait depuis Londres le lancement en France, en Allemagne et en Grande-Bretagne aussi, de l'iTunes Music Store, disponible sur Mac, mais aussi sur PC. Le leader de la distribution de musique en ligne arrivait donc enfin chez nous, plus d'un an après son lancement aux États-Unis. La concurrence, celle qui ne s'intéresse qu'aux utilisateurs PC, ne pouvait pas rester sans réagir. OD2 avait annoncé la veille le lancement de SonicSelector. OD2 n'est pas en soi un music store. OD2 fournit la technique. C'est une plate-forme qui gère le contenu, les bacs où sont rangés les disques, mais qui ne les commercialise pas directement. OD2 signe des contrats avec des distributeurs, la Fnac, MSN, Tiscali, etc., en France, distributeurs qui, eux, sont en contact direct avec l'internaute client.

SonicSelector est donc la réponse d'OD2 et des sociétés partenaires à l'iTunes Music Store d'Apple. Nous avons voulu essayer ce service. Évidemment, puisque ces divers acteurs du paysage musical numérique dédaigne le Mac, il a fallu allumer notre vieux Pentium III sous XP. SonicSelector n'est pas un programme en soi. C'est un plug-in qui permet à l'utilisateur d'accéder ensuite aux magasins en ligne sous Windows Media Player. Nous disons bien "aux magasins en ligne", car il est possible de choisir entre plusieurs prestataires, et même d'acheter chez l'un, puis chez l'autre. On n'a quà imaginer qu'iTunes propose de choisir entre tel ou tel music store dans sa barre latérale pour avoir une idée de ce que cela peut donner. Pour le reste, cela ne change rien. OD2 étant à la source des différents services, le contenu est le même, les tarifs aussi.

Au lancement de WMP, si l'on veut acheter de la musique sur Internet, on nous propose donc l'installation du plug-in. Rien à dire de particulier sur ce point. Les installations sous Windows sont toujours des moments de confusion. On ne sait jamais trop si c'est encore en cours ou si c'est fini. Bref, il faut attendre quelques minutes pour qu'apparaisse le music store en lui-même. Au premier lancement, un écran de bienvenue nous accueille, rien de bien extraordinaire là-dedans. Surtout, il nous incite à créditer notre compte. Et c'est là, d'emblée, la différence essentielle avec l'iTunes Music Store : on ne peut pas acheter au morceau. Jusqu'à il y a peu, il fallait d'ailleurs acquérir des points. Avec SonicSelector, on a un porte-monnaie virtuel qu'on vide au gré de ses achats. Le système n'a rien de choquant, iTMS propose d'ailleurs la même chose avec les chèques. Plusieurs formules sont proposées comme le montre la capture ci-dessous :

Pour les besoins de l'expérience, nous nous sommes accordés un crédit royal de 2 € (nous avons un an pour dépenser la somme). Nous pouvons donc espérer effectuer deux achats à 99 centimes le morceau, ou écouter deux cents streams. Le stream, l'iTunes Music Store ne le permet pas. Le principe est simple : on achète l'écoute unique mais complète d'un morceau et c'est tout. Pas de téléchargement, partant pas de gravure ou de transfert sur un CD. Somme toute, c'est une formule qui peut avoir son intérêt. Steve Jobs a toutefois déjà dit qu'il ne pensait pas que le service d'Apple doive le proposer un jour.
Nous avons donc voulu acheter quelque chose. OD2 annonce un catalogue 350 000 morceaux, deux fois moins que celui d'Apple à en croire Cupertino. Nous voici donc devant l'interface principale du service :

La première impression doit-être la même pour tout utilisateur habitué à iTunes : quel chantier ! Sur un écran 17", avec une résolution encore standard de 1024 par 768, rien n'y fait, même en plein écran, tout ne rentre pas. La fenêtre est divisée en plusieurs cadres, ayant chacun alors leur ascenseur. On s'y perd vite, d'autant que le store choisi, celui de Tiscali en l'occurrence, a fait le choix, évident pour lui, du rouge. Ça ferait presque mal aux yeux. Sans nul doute, l'iTunes Music Store est un modèle de sobriété et, selon nous, de bon goût à côté. Certes, l'habitude y est pour beaucoup, mais naviguer dans le service d'Apple est incontestablement plus simple. L'ergonomie a été réfléchie, c'est indubitable. Pour le reste, le principe est le même. La page met en évidence les nouveautés, les exclusivités, les recommandandations. Un module SonicDeejay fonctionne sur le principe des playlists. Il est aussi possible d'écouter directement les morceaux téléchargés ou de préécouter ce que l'on veut. Comme le propose l'iTMS, SonicSelector permet d'écouter en effet 30 secondes d'un morceau avant de se décider. Rien de très différent, donc, de ce que propose Apple.
En revanche, encore une fois, s'y retrouver n'est vraiment pas simple. Certes, il est possible de fouiner dans les rayons par genre, mais on se retrouve alors devant une nouvelle interface, déroutante, même si elle s'avère plus claire que la précédente :

On peut aussi naviguer par noms d'artistes, et évidemment faire une recherche.
Une fois qu'on a repéré le morceau voulu, l'acheter ne diffère pas d'un store à un autre. Ce qui change, en revanche, ce sont les prix. L'album So-Called Chaos d'Alanis Morissette est vendu 9,90 € sur l'iTMS, mais 12,49 sur Tiscali. Quand à l'achat au morceau, on est loin de toujours devoir payer seulement 99 centimes. "A passage in time" des Dead can dance, pourtant déjà ancien, est facturé 1,29 €. Surtout, les droits afférant aux morceaux achetés varient en fonction de ces derniers. Et là, surprise pour l'album en question. Si je peux le graver autant de fois que je le veux, le lire aussi longtemps que je le désire, je ne peux en revanche pas le transférer vers mon baladeur MP3. C'est la meilleure. Il faut donc veiller à consulter ces fameux DRM si l'on ne veut pas de surprises. Il est d'ailleurs arrivé qu'aucune information ne soit donnée sur eux, sans que l'on sache pourquoi. En revanche, bonne surprise, un morceau acheté, même déjà téléchargé, peut l'être à nouveau. L'iTMS ne le permet pas.
Le morceau acheté, il est nécessaire de mettre à jour les DRM de WMP pour pouvoir l'écouter. Un détail qui déroutera l'utilisateur de l'iTMS : il est possible de sauvegarder la licence acquise avec un titre. On peut effectuer cette sauvegarde dans un dossier particulier ou sur un support externe. Cela peut-être utile en cas de réinstallation du système. Cela ne fonctionne pas de la même façon chez Apple.

Pour le jouer, il suffira ensuite de le repérer dans le module SonicDeejay ou de l'écouter avec WMP sans passer par SonicSelector. Le morceau lui-même est par défaut physiquement rangé dans le dossier "Ma Musique" de Mes Documents. Le fichier est évidemment au format WMA, encodé en 128 ko/s. Très franchement, nous ne saurions faire la différence avec l'AAC de l'iTMS.
S'est posé alors le problème du transfert vers iTunes, lecteur par défaut des fichiers musicaux sur ce PC. Si iTunes 4.6, sur PC, sait convertir le WMA, la manipulation a été interdite par les DRM du fichier. Dans ce cas, on le comprend, on ne pourra pas transférer les titres achetés avec SonicSelector sur l'iPod qu'au prix de contorsions qui consisteront à graver un CD audio, puis à encoder son contenu sous iTunes, avant de replacer le tout sur le baladeur. Rien d'évident donc, rien de très compliqué non plus, mais on ne peut qu'espérer qu'une chose : que les ventes d'iPod ne patissent pas de cette limitation.
OD2 a voulu fournir avec SonicSelector un équivalent à iTunes. Le plug-in installe en effet une interface d'achat au cœur de WMP, mais aussi un lecteur (au sein donc du lecteur qu'est Windows Media Player). L'utilisateur peut faire avec SonicSelector ce qu'il fait avec iTunes, c'est-à-dire construire ses playlistes, lancer la gravure, transférer la musique vers le baladeur, etc. Toutefois, même en se disant que tout n'est qu'affaire d'habitude, on ne peut constater qu'une chose : iTunes est un logiciel à mille lieues devant SonicSelector en matière d'ergonomie.
Surtout, OD2 a beau vanter un service simple, peu cher, il n'arrive pas véritablement à rivaliser avec le service d'Apple. On nous accusera peut-être de partialité, et nous avouerons n'avoir pas essayer très longtemps le service de Tiscali, mais selon nous l'iTunes Music Store, avec la tarification unique, avec une ergonomie intelligente, avec une gestion souple et unique des droits, a trouvé la recette miracle. Cela n'empêche toutefois pas OD2 de proposer quelques pistes intéressantes (la musique streamée, pourquoi pas) et des titres qu'on ne trouve pas sur l'iTMS. Et finalement, laa solution idéale ne serait-elle pas d'avoir le choix entre plusieurs disquaires ? Les utilisateurs de Windows ont ce choix, ceux des Mac OS X ne l'ont pas, c'est dommage.

SonicSelector est donc la réponse d'OD2 et des sociétés partenaires à l'iTunes Music Store d'Apple. Nous avons voulu essayer ce service. Évidemment, puisque ces divers acteurs du paysage musical numérique dédaigne le Mac, il a fallu allumer notre vieux Pentium III sous XP. SonicSelector n'est pas un programme en soi. C'est un plug-in qui permet à l'utilisateur d'accéder ensuite aux magasins en ligne sous Windows Media Player. Nous disons bien "aux magasins en ligne", car il est possible de choisir entre plusieurs prestataires, et même d'acheter chez l'un, puis chez l'autre. On n'a quà imaginer qu'iTunes propose de choisir entre tel ou tel music store dans sa barre latérale pour avoir une idée de ce que cela peut donner. Pour le reste, cela ne change rien. OD2 étant à la source des différents services, le contenu est le même, les tarifs aussi.

Au lancement de WMP, si l'on veut acheter de la musique sur Internet, on nous propose donc l'installation du plug-in. Rien à dire de particulier sur ce point. Les installations sous Windows sont toujours des moments de confusion. On ne sait jamais trop si c'est encore en cours ou si c'est fini. Bref, il faut attendre quelques minutes pour qu'apparaisse le music store en lui-même. Au premier lancement, un écran de bienvenue nous accueille, rien de bien extraordinaire là-dedans. Surtout, il nous incite à créditer notre compte. Et c'est là, d'emblée, la différence essentielle avec l'iTunes Music Store : on ne peut pas acheter au morceau. Jusqu'à il y a peu, il fallait d'ailleurs acquérir des points. Avec SonicSelector, on a un porte-monnaie virtuel qu'on vide au gré de ses achats. Le système n'a rien de choquant, iTMS propose d'ailleurs la même chose avec les chèques. Plusieurs formules sont proposées comme le montre la capture ci-dessous :

Pour les besoins de l'expérience, nous nous sommes accordés un crédit royal de 2 € (nous avons un an pour dépenser la somme). Nous pouvons donc espérer effectuer deux achats à 99 centimes le morceau, ou écouter deux cents streams. Le stream, l'iTunes Music Store ne le permet pas. Le principe est simple : on achète l'écoute unique mais complète d'un morceau et c'est tout. Pas de téléchargement, partant pas de gravure ou de transfert sur un CD. Somme toute, c'est une formule qui peut avoir son intérêt. Steve Jobs a toutefois déjà dit qu'il ne pensait pas que le service d'Apple doive le proposer un jour.
Nous avons donc voulu acheter quelque chose. OD2 annonce un catalogue 350 000 morceaux, deux fois moins que celui d'Apple à en croire Cupertino. Nous voici donc devant l'interface principale du service :

La première impression doit-être la même pour tout utilisateur habitué à iTunes : quel chantier ! Sur un écran 17", avec une résolution encore standard de 1024 par 768, rien n'y fait, même en plein écran, tout ne rentre pas. La fenêtre est divisée en plusieurs cadres, ayant chacun alors leur ascenseur. On s'y perd vite, d'autant que le store choisi, celui de Tiscali en l'occurrence, a fait le choix, évident pour lui, du rouge. Ça ferait presque mal aux yeux. Sans nul doute, l'iTunes Music Store est un modèle de sobriété et, selon nous, de bon goût à côté. Certes, l'habitude y est pour beaucoup, mais naviguer dans le service d'Apple est incontestablement plus simple. L'ergonomie a été réfléchie, c'est indubitable. Pour le reste, le principe est le même. La page met en évidence les nouveautés, les exclusivités, les recommandandations. Un module SonicDeejay fonctionne sur le principe des playlists. Il est aussi possible d'écouter directement les morceaux téléchargés ou de préécouter ce que l'on veut. Comme le propose l'iTMS, SonicSelector permet d'écouter en effet 30 secondes d'un morceau avant de se décider. Rien de très différent, donc, de ce que propose Apple.
En revanche, encore une fois, s'y retrouver n'est vraiment pas simple. Certes, il est possible de fouiner dans les rayons par genre, mais on se retrouve alors devant une nouvelle interface, déroutante, même si elle s'avère plus claire que la précédente :

On peut aussi naviguer par noms d'artistes, et évidemment faire une recherche.
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Une fois qu'on a repéré le morceau voulu, l'acheter ne diffère pas d'un store à un autre. Ce qui change, en revanche, ce sont les prix. L'album So-Called Chaos d'Alanis Morissette est vendu 9,90 € sur l'iTMS, mais 12,49 sur Tiscali. Quand à l'achat au morceau, on est loin de toujours devoir payer seulement 99 centimes. "A passage in time" des Dead can dance, pourtant déjà ancien, est facturé 1,29 €. Surtout, les droits afférant aux morceaux achetés varient en fonction de ces derniers. Et là, surprise pour l'album en question. Si je peux le graver autant de fois que je le veux, le lire aussi longtemps que je le désire, je ne peux en revanche pas le transférer vers mon baladeur MP3. C'est la meilleure. Il faut donc veiller à consulter ces fameux DRM si l'on ne veut pas de surprises. Il est d'ailleurs arrivé qu'aucune information ne soit donnée sur eux, sans que l'on sache pourquoi. En revanche, bonne surprise, un morceau acheté, même déjà téléchargé, peut l'être à nouveau. L'iTMS ne le permet pas.
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Le morceau acheté, il est nécessaire de mettre à jour les DRM de WMP pour pouvoir l'écouter. Un détail qui déroutera l'utilisateur de l'iTMS : il est possible de sauvegarder la licence acquise avec un titre. On peut effectuer cette sauvegarde dans un dossier particulier ou sur un support externe. Cela peut-être utile en cas de réinstallation du système. Cela ne fonctionne pas de la même façon chez Apple.

Pour le jouer, il suffira ensuite de le repérer dans le module SonicDeejay ou de l'écouter avec WMP sans passer par SonicSelector. Le morceau lui-même est par défaut physiquement rangé dans le dossier "Ma Musique" de Mes Documents. Le fichier est évidemment au format WMA, encodé en 128 ko/s. Très franchement, nous ne saurions faire la différence avec l'AAC de l'iTMS.
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S'est posé alors le problème du transfert vers iTunes, lecteur par défaut des fichiers musicaux sur ce PC. Si iTunes 4.6, sur PC, sait convertir le WMA, la manipulation a été interdite par les DRM du fichier. Dans ce cas, on le comprend, on ne pourra pas transférer les titres achetés avec SonicSelector sur l'iPod qu'au prix de contorsions qui consisteront à graver un CD audio, puis à encoder son contenu sous iTunes, avant de replacer le tout sur le baladeur. Rien d'évident donc, rien de très compliqué non plus, mais on ne peut qu'espérer qu'une chose : que les ventes d'iPod ne patissent pas de cette limitation.
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OD2 a voulu fournir avec SonicSelector un équivalent à iTunes. Le plug-in installe en effet une interface d'achat au cœur de WMP, mais aussi un lecteur (au sein donc du lecteur qu'est Windows Media Player). L'utilisateur peut faire avec SonicSelector ce qu'il fait avec iTunes, c'est-à-dire construire ses playlistes, lancer la gravure, transférer la musique vers le baladeur, etc. Toutefois, même en se disant que tout n'est qu'affaire d'habitude, on ne peut constater qu'une chose : iTunes est un logiciel à mille lieues devant SonicSelector en matière d'ergonomie.
Surtout, OD2 a beau vanter un service simple, peu cher, il n'arrive pas véritablement à rivaliser avec le service d'Apple. On nous accusera peut-être de partialité, et nous avouerons n'avoir pas essayer très longtemps le service de Tiscali, mais selon nous l'iTunes Music Store, avec la tarification unique, avec une ergonomie intelligente, avec une gestion souple et unique des droits, a trouvé la recette miracle. Cela n'empêche toutefois pas OD2 de proposer quelques pistes intéressantes (la musique streamée, pourquoi pas) et des titres qu'on ne trouve pas sur l'iTMS. Et finalement, laa solution idéale ne serait-elle pas d'avoir le choix entre plusieurs disquaires ? Les utilisateurs de Windows ont ce choix, ceux des Mac OS X ne l'ont pas, c'est dommage.




Novembre 2008







