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Test du MacBook Pro Retina 15" mi-2012 Core i7 à 2,3 GHz

par Anthony Nelzin le 26.06.2012 à 17:00
Quelque part, le MacBook Pro Retina était attendu depuis 2005 : les travaux autour de l'indépendance de résolution avaient fait plus que suggérer qu'un jour, les Mac seraient dotés d'écrans haute résolution. L'iPhone, l'iPad et le MacBook Air ont progressivement dessiné ce que seraient ces Mac du futur, des machines fines, puissantes et increvables, à la faveur d'une optimisation en forme de fermeture. Le MacBook Pro Retina correspond parfaitement à ce portrait-robot, et doit aujourd'hui répondre aux attentes qui se sont formées autour de lui. À la croisée du MacBook Pro, du MacBook Air et de l'iPad, hérite-t-il des forces combinées des trois ? La réponse dans notre test.

MBP Retina MacBook Pro + MacBook Air = MacBook Pro Retina
En tant que MacBook Pro, ce modèle Retina reprend les grandes lignes du design qui habille la gamme de portables « professionnels » d'Apple depuis 2008. Difficile donc d'être surpris par la coque monocorps en aluminium, le clavier « minitel » noir et l'écran cerclé de la même couleur. Il ne s'agit pourtant que d'un air de famille, tant la finesse de cette machine change totalement la perception de ce design. On a moins l'impression de faire face à un char d'assaut qu'à une Rolls-Royce : les deux sont encombrants, mais l'un est un tout petit peu plus pratique et luxueux que l'autre.

MBP Retina
Le MacBook Pro Retina mesure 6 mm de moins d'épaisseur que le MacBook Pro 15" qu'il finira par remplacer : cela peut paraître peu, mais lorsque l'on se rend compte qu'il est à peine plus épais que le MacBook Air alors qu'il embarque un processeur quadricœur et une carte graphique à 1 Go de VRAM, on comprend l'importance du coup de rabot. Épais de 1,8 cm donc, le MacBook Pro Retina mesure 35,59 sur 24,71 cm : il est donc un petit peu moins large et profond que le MacBook Pro 15". Pesant 2,02 kg, il est plus léger que le MacBook Pro… 13".

Le MacBook Pro Retina (à gauche) face au MacBook Pro 15" (image de gauche) et au MacBook Air (image de droite).

Fin et léger, le MacBook Pro Retina a été conçu comme un MacBook Air 15". Bien qu'il ne reprenne pas le design effilé du MacBook Air et ne possède plus de lecteur optique, le MacBook Pro Retina dispose d'un espace interne réduit : Apple a donc repris les mêmes recettes, et ce nouveau MacBook Pro est une machine aux composants personnalisés rentrés au chausse-pied et pour la plupart inamovibles.

L'intégration — la fermeture diront certains — est le principal compromis à faire pour obtenir des machines plus radicales en matière de design et de conception. Les MacBook Pro, comme la plupart des ordinateurs portables, n'ont jamais été des machines faciles à ouvrir, réparer et faire évoluer ; le MacBook Pro Retina doit être considéré comme une machine fermée devant passer au SAV en cas de problème, à la manière de l'iPhone, de l'iPad… ou des voitures les plus récentes.

Image (cc) iFixit.

Apple a fait en sorte que l'on ne puisse que difficilement lui reprocher ce choix de l'intégration extrême. Certes, la mémoire RAM est désormais soudée — mais elle en fournit 8 Go au moins (en DDR3L à 1 600 MHz), 16 Go en option. Certes, le SSD est dans un format barrette mSATA non standard — mais le plus petit offre 256 Go de stockage, Apple propose une option 768 Go, et les fabricants ne devraient pas tarder à proposer des modèles de tierce partie. Et oui, la batterie est carrément collée à l'intérieur de la machine — mais quand il faudra la changer dans trois ans, cela sera fait dans la journée pour 199 €, soit 10 € de plus seulement que pour la batterie du MacBook Pro 17". Et vous hériterez sans doute d'un topcase tout neuf dans l'opération.

MBP Retina
Certains déploreront cette approche « électroménager » de l'informatique, mais c'est la conclusion logique de l'approche d'Apple depuis 30 ans — et la firme de Cupertino fait tout pour minimiser les frictions. Certains déploreront aussi que cette machine qui se veut professionnelle fasse l'impasse sur l'Ethernet ou le FireWire : c'est vite oublier qu'elle dispose de deux ports Thunderbolt, de deux ports USB 3.0 et d'un port HDMI. Ces ports Thunderbolt pourront d'ailleurs servir de port Ethernet ou de port FireWire grâce à des adaptateurs fournis par Apple : c'est là-aussi 29 € de plus à dépenser et un objet de plus à avoir dans le sac à dos, mais au moins le cas est-il prévu.

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Plus de FireWire natif certes, mais un lecteur de carte SD sérieusement plus rapide.

L'adaptateur Ethernet / Thunderbolt requiert environ 20 à 50 % des ressources d'un cœur processeur lors d'un gros transfert de fichiers, soit 2,5 à 6,3 % des ressources de l'ordinateur, autant dire rien. Seuls ceux qui connaissent bien mal Apple seront étonnés qu'elle promeuve de façon si agressive de nouvelles technologies, et laisse au placard d'autres qui handicaperaient l'évolution de ses produits (ici au niveau de la finesse). Ceux qui connaissent bien Apple seront d'ailleurs les plus étonnés de la voir fournir des adaptateurs !

MBP Retina
Certains éléments ont néanmoins été sacrifiés sur l'autel de la finesse et de l'intégration sans forcément qu'Apple ne propose de remplacement. On peut comprendre que l'entrée son intégrée disparaisse : elle a toujours été de mauvaise qualité, et ceux qui en ont réellement besoin ont une carte externe USB ou FireWire. Au moins la sortie son combine entrée analogique et numérique, contrairement à ce qu'Apple indique d'ailleurs.

La disparition de l'indicateur du niveau de la batterie ne devrait pas faire verser beaucoup de larmes : sur certains modèles, il était situé en dessous de la machine, et le MacBook Air n'en a jamais disposé sans qu'on entende beaucoup de monde s'en plaindre.

La suppression de l'indicateur de veille devrait faire un peu plus jaser : non seulement il était un symbole de l'attention d'Apple pour les détails, mais il était particulièrement utile pour savoir d'un coup d'œil l'état de sa machine. Certes, le passage au SSD rend moins important ce témoin (plus besoin d'attendre la mise en veille pour soulever l'ordinateur), mais ouvrir le capot du MacBook Pro Retina pour savoir s'il est seulement en veille ou bien éteint est incontestablement moins simple que d'appuyer sur le bouton d'accueil de l'iPhone ou de l'iPad.

MBP Retina
On regrettera aussi la disparition du capteur infrarouge, paradoxalement plus important sur une machine portable que sur une machine fixe. Sur un Mac mini utilisé comme media-center par exemple, le capteur infrarouge est souvent offusqué, et on peut parfaitement utiliser un iPhone ou un iPad comme télécommande Wi-Fi. Comme avec le MacBook Air, on peut néanmoins être amené à utiliser le MacBook Pro Retina comme machine de présentation, dans des contextes où l'on ne peut pas forcément se connecter à un réseau, et ou une liaison directe avec la machine est donc nécessaire. Il faudra désormais penser à emporter une télécommande Bluetooth avec soi.

Enfin, on avait déjà abordé le cas de la nouvelle prise d'alimentation MagSafe 2 dont le dessin s'est effilé, rendant la prise incompatible avec les chargeurs que vous pourriez déjà avoir en votre possession (lire : Aperçu du MagSafe 2 et de l'adaptateur MagSafe vers MagSafe 2).