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Test du Sony NEX-5

par Anthony Nelzin le 26.08.2010 à 18:45
Une interface de téléphone portable
Un autre parti-pris du NEX-5 réside dans les commandes : là où le Panasonic GF1 ou l'Olympus PEN EP-2 proposent de nombreux boutons et molettes pour accéder directement à certaines fonctions, le NEX-5 se contente du strict minimum, et même encore moins. Sur la face supérieure, on trouve le déclencheur, au toucher plutôt ferme, le bouton on/off inutilement énorme, un bouton dédié au mode vidéo et un bouton pour lancer la lecture. Sur la face arrière, on ne trouve qu'une roue codeuse et deux boutons qui ne sont pas marqués.

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Rassemblées à droite, les commandes se limitent à l'essentiel, voire moins.

C'est en effet l'écran qui est la principale interface, avec des menus créés par les équipes de Sony-Ericsson — on doit avouer avoir tremblé à cette idée. Et le frisson de pressentiment a été largement confirmé par un mois d'utilisation : dans le cas du NEX-5, moins de boutons signifie plus de manipulations — et plus de manipulations, c'est moins de photos. Ne serait-ce que pour changer le mode de prise de vue (du mode priorité ouverture au tout manuel, par exemple), il faut rentrer dans un menu. On entre dans les menus (mal découpés) pour régler un paramètre aussi bête que la sensibilité, et au moment où on appuie pour la régler, on revient alors à l'écran de visée. Ce qui signifie que pour régler un deuxième paramètre, il faudra se refaire toute la hiérarchie des menus. On pourrait croire que quelqu'un qui utilise le mode manuel sait à peu près se servir d'un appareil photo : pas chez Sony, qui monopolise alors un bouton pour afficher les conseils de prise de vue. De même, selon les modes, des options sont activables ou pas, sans que l'on ne sache toujours pourquoi.


Cette interface et cette philosophie d'utilisation sont le gros point noir du NEX, qui ne permet même pas d'assigner soi-même des fonctions à ces deux boutons, alors même que la roue codeuse possède quatre raccourcis, dont la correction d'exposition. Un compact moins cher comme le Canon Powershot S90 offre de fait plus de flexibilité et de contrôles sur la prise de vue, un comble ! Dans la pratique, le mode semi-automatique le plus utile est le mode priorité ouverture : on tourne la roue codeuse pour sélectionner l'ouverture, quitte à décaler l'exposition manuellement s'il le faut — mais dans la plupart des cas, l'appareil est plutôt intelligent. L'appareil dispose d'un autofocus « Spot flexible » grâce auquel on peut soi-même sélectionner une zone sur laquelle on veut effectuer la mise au point : avec une grande ouverture du pancake, c'est la manière la plus pratique de retrouver des réflexes, c'est le cas de le dire, d'utilisateur habitué aux gros appareils et à l'utilisation de la profondeur de champ pour guider le regard.

Une machine à JPEG
C'est en fait en mode iAuto que la logique illogique du NEX-5 se révèle : il faut apprendre à se reposer sur l'intelligence embarquée. L'interface est alors superbement adaptée aux débutants : on règle l'ouverture via la roue codeuse, non pas en parlant de « f » quelque chose, mais en expliquant que l'on veut un fond plus ou moins flou. Pour l'amateur venant du compact, le NEX sera certainement une révélation.

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On ne s'en est aperçu qu'au moment de la rédaction : durant nos tests, le NEX-5 n'a quasiment pas vu la lumière du jour. Il a fait merveille lors de nos virées nocturnes avec son pancake, et sa sensibilité très correcte autorise des prises de vues impossibles avec un compact.

L'autofocus est en effet infiniment plus rapide que celui d'un compact, alors qu'il utilise une technologie similaire. Dans des conditions correctes de luminosité, la mise au point ne dépasse pas la seconde, et est souvent beaucoup plus rapide. On est encore loin de la mise au point presque instantanée des réflex, mais on s'en approche. Dans sa catégorie, il se situe entre le Panasonic GF1, très rapide, et l'Olympus PEN EPL-1, qui nous avait surpris. Néanmoins, il s'écroule dès que les conditions de luminosité sont moins flatteuses, et a tendance à trop souvent faire la mise au point sur l'élément le plus proche.

Le seul petit reproche que l'on fera peut-être au mode iAuto est l'impossibilité d'utiliser la compensation d'exposition, l'appareil ayant par défaut une petite tendance à la sur-exposition. De même, les réglages sont peut-être trop simplistes : si je veux une photo nette sur les différents plans, je vais tourner la roue codeuse jusqu'à en fait me retrouver à f/22 : une ouverture minuscule qui va signifier soit montée des ISO et donc dégradation de la qualité, soit en basse lumière vitesse d'obturation très lente et donc flou absolu. Un mode un peu plus progressif, plus porté sur l'apprentissage d'un appareil photo et un peu moins à l'automatisme aurait été le bienvenu.

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Le NEX-5 a failli donner un splash-screen à MacG Mobile. A 1250 ISO, ça commence à bruiter fort, mais le grain est agréable sur cette photo presque monochrome.

Mais l'important réside peut-être dans le résultat final : jusqu'à 1.600 ISO, valeur seuil par défaut, le bruit est maîtrisé, et il est encore discret à 3.200 ISO, avec peu de bruit chromatique — il tient la comparaison avec un Canon EOS 550D jusqu'à 800 ISO, le reflex est ensuite bien plus sensible malgré sa définition supérieure. En JPEG, le rendu est par défaut plutôt neutre (pour du JPEG), la palette "Vivid" ou "Sunset" offrant des images plus riches, plus saturées et plus contrastées. Sur ce point, le PEN EPL-1 nous paraît être toujours « le » compact à objectifs interchangeables à faire du JPEG, mais le NEX-5 s'en tire très bien.

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