Test de Director 11.5
par Arnauld de La Grandière le 24.04.2009 à 14:01
Director 11.5 corrige également les problèmes introduits par Director 11 (voir notre labo) : l'ajout du texte Unicode dans la précédente version ne s'était pas fait sans mal, puisque la gestion du texte était devenue incroyablement lente, et qu'en outre il était devenu impossible d'exploiter des données en binaire. Director 11.5 améliore notablement la vitesse du texte d'une part (y compris dans l'éditeur de scripts), et d'autre part apporte le support officiel des données binaires. Ainsi, il est maintenant possible de lire un fichier binaire par le biais de l'Xtra FileIO ou via une requête HTTP. De même, un nouveau type d'acteur est disponible, permettant de stocker des données binaires directement dans une distribution, ainsi qu'un nouveau type d'objet Lingo, appelé ByteArray, qui permet de stocker des données binaires dans une variable et de les manipuler. Il est également possible d'intégrer ces données binaires dans du XML ou de les échanger via l'Xtra MultiUser. La fonction est très prometteuse, puisqu'Adobe a également intégré des ponts entre le moteur graphique, le moteur sonore, et le gestionnaire de données binaires. Ainsi, il est possible de lire un échantillon sonore au format PCM à partir d'un fichier binaire et de l'injecter dans le mixer audio. De même, il est possible de lire des données graphiques binaires et de les injecter dans une variable de type image. L'inverse est également vrai. Ainsi, il devient non seulement possible de créer vos propres formats de fichiers binaires, mais également d'ajouter l'import de formats non supportés en standard par Director en codant un gestionnaire en Lingo.
Malheureusement, Adobe n'a intégré aucun moyen d'opérer des calculs sur un ensemble de données binaires, il vous faudra donc procéder à vos calculs octet par octet, et on arrive vite aux limites du lingo et des lenteurs inhérentes à un langage interprété, lorsqu'il s'agit de traiter du son en 44 kHz par exemple… De même, on regrette que le pont entre le moteur bitmap et le gestionnaire de données binaires ne se limite qu'aux images 24 et 32 bits : il aurait été possible de parer aux limites du traitement du son en transformant un signal audio en données graphiques 8 bits pour y appliquer des opérations en une seule passe, ce qui aurait été autrement plus rapide, à la manière de ce qui se pratique avec les GPGPU.
Sur le plan de la 3D, on frise l'anecdotique avec le support du format de fichier de Sketchup, et l'amélioration du moteur Ageia PhysX qui gère désormais les formes concaves et voit quelques bugs corrigés. Et ô affre des affres, la politique d'Adobe en matière d'aide en ligne pour toute sa gamme de logiciels a de nouveau basculé l'aide de Director en HTML. On se souvient de triste mémoire que Macromedia en avait fait autant, au grand dam de ses utilisateurs : les pages HTML se prêtent fort mal au recours quasi permanent à la documentation dont l'utilisateur de Director a besoin. Macromedia était revenue à l'aide intégrée à Mac OS X après bien des cris d'orfraie, Adobe reproduit donc la même erreur. En revanche, Shockwave bénéficie dorénavant de la même politique "cross-domain" de Flash, ce qui permettra d'accéder à des fichiers à partir d'un nom de domaine différent sans faire surgir la terrifiante alerte de sécurité. Ainsi, les développeurs pourront désormais intégrer de la publicité dans leurs réalisations par exemple, ce qui leur offrira de nouvelles opportunités avec Shockwave.
Au final, les trois principales nouvelles fonctions sont très prometteuses et puissantes, mais laissent un gout d'inachevé : pour donner leur pleine mesure et être vraiment exploitable, il aurait fallu qu'Adobe consacre un peu plus de temps au développement de Director 11.5. Et c'est autant de temps qu'il faudra passer en plus pour véritablement les achever sur Director 12, dont la feuille de route est déjà bien chargée. Néanmoins, ne boudons pas notre plaisir : voilà bien longtemps qu'une nouvelle version de Director n'avait plus offert de réelles nouvelles capacités au niveau du moteur d'exécution, ce qui permettra enfin de faire de nouvelles choses et de repousser les contraintes d'hier. Le moteur sonore apporte à Shockwave un nouveau réel avantage face à Flash et devrait lui permettre de remporter de nouveaux marchés. Ça n'est pas encore tout à fait le retour du phoenix, mais ça commence à y ressembler, gageons que la prochaine sera la bonne. Une chose est sûre, si beaucoup d'entre vous avaient boudé Director 11, ils pourront passer plus sereinement à la version 11.5 qui corrige les gros problèmes de lenteur sur le texte, et supporte pleinement Leopard (il était temps!)
Mais alors que Google vient de proposer un nouveau plug-in 3D pour le web, dans le cadre d'une initiative du Khronos Group pour un standard ouvert, on ne peut que déplorer le gâchis : Macromedia a laissé le chantier en jachère trop longtemps, sans rien en faire d'ambitieux, et on peut se demander si Director 12 et la mise à jour promise pour la 3D n'arrivera pas trop tard, même si Adobe semble vouloir reprendre le taureau par les cornes.
La page produit de Director sur le site d'Adobe (démo disponible)
Malheureusement, Adobe n'a intégré aucun moyen d'opérer des calculs sur un ensemble de données binaires, il vous faudra donc procéder à vos calculs octet par octet, et on arrive vite aux limites du lingo et des lenteurs inhérentes à un langage interprété, lorsqu'il s'agit de traiter du son en 44 kHz par exemple… De même, on regrette que le pont entre le moteur bitmap et le gestionnaire de données binaires ne se limite qu'aux images 24 et 32 bits : il aurait été possible de parer aux limites du traitement du son en transformant un signal audio en données graphiques 8 bits pour y appliquer des opérations en une seule passe, ce qui aurait été autrement plus rapide, à la manière de ce qui se pratique avec les GPGPU.
Sur le plan de la 3D, on frise l'anecdotique avec le support du format de fichier de Sketchup, et l'amélioration du moteur Ageia PhysX qui gère désormais les formes concaves et voit quelques bugs corrigés. Et ô affre des affres, la politique d'Adobe en matière d'aide en ligne pour toute sa gamme de logiciels a de nouveau basculé l'aide de Director en HTML. On se souvient de triste mémoire que Macromedia en avait fait autant, au grand dam de ses utilisateurs : les pages HTML se prêtent fort mal au recours quasi permanent à la documentation dont l'utilisateur de Director a besoin. Macromedia était revenue à l'aide intégrée à Mac OS X après bien des cris d'orfraie, Adobe reproduit donc la même erreur. En revanche, Shockwave bénéficie dorénavant de la même politique "cross-domain" de Flash, ce qui permettra d'accéder à des fichiers à partir d'un nom de domaine différent sans faire surgir la terrifiante alerte de sécurité. Ainsi, les développeurs pourront désormais intégrer de la publicité dans leurs réalisations par exemple, ce qui leur offrira de nouvelles opportunités avec Shockwave.
Au final, les trois principales nouvelles fonctions sont très prometteuses et puissantes, mais laissent un gout d'inachevé : pour donner leur pleine mesure et être vraiment exploitable, il aurait fallu qu'Adobe consacre un peu plus de temps au développement de Director 11.5. Et c'est autant de temps qu'il faudra passer en plus pour véritablement les achever sur Director 12, dont la feuille de route est déjà bien chargée. Néanmoins, ne boudons pas notre plaisir : voilà bien longtemps qu'une nouvelle version de Director n'avait plus offert de réelles nouvelles capacités au niveau du moteur d'exécution, ce qui permettra enfin de faire de nouvelles choses et de repousser les contraintes d'hier. Le moteur sonore apporte à Shockwave un nouveau réel avantage face à Flash et devrait lui permettre de remporter de nouveaux marchés. Ça n'est pas encore tout à fait le retour du phoenix, mais ça commence à y ressembler, gageons que la prochaine sera la bonne. Une chose est sûre, si beaucoup d'entre vous avaient boudé Director 11, ils pourront passer plus sereinement à la version 11.5 qui corrige les gros problèmes de lenteur sur le texte, et supporte pleinement Leopard (il était temps!)
Mais alors que Google vient de proposer un nouveau plug-in 3D pour le web, dans le cadre d'une initiative du Khronos Group pour un standard ouvert, on ne peut que déplorer le gâchis : Macromedia a laissé le chantier en jachère trop longtemps, sans rien en faire d'ambitieux, et on peut se demander si Director 12 et la mise à jour promise pour la 3D n'arrivera pas trop tard, même si Adobe semble vouloir reprendre le taureau par les cornes.
La page produit de Director sur le site d'Adobe (démo disponible)
![]() |
Adobe |
![]() |
processeur Intel Multicœur Mac OS X v10.4 512Mo de RAM (1Go recommendé) 500Mo d'espace disque |
![]() |
version complète : 999 € HT mise à jour : 299 € HT |
![]() |
- problèmes de lenteur du texte corrigés - enfin de vraies nouvelles fonctions - un moteur sonore robuste et polyvalent |
![]() |
- toujours pas de support d'AS3 - moteur 3D qui prend de l'âge - nouvelles fonctions inachevées |
Le verdict de MacGeneration
|
|



Février 2012




