logiciel

Test de Photoshop CS4 Extended

par Eric Sebbag le 25.11.2008 à 11:42
À peine a-t-on trouvé le temps de prendre ses marques avec la CS3 que la CS4 est déjà là. Pourtant, on aurait mauvaise grâce à maugréer, car la petite dernière possède juste ce qu’il faut de nouveautés pour exciter l’attention. Et encore, une bonne part de celles-ci résident sous le capot, pas visibles immédiatement.


Crédit : E.Sebbag

Malheureusement, une importante innovation de la CS4 trace d’entrée une ligne de démarcation entre Mac et PC. Il s’agit du traitement des données en 64-bits, disponible exclusivement sous Windows Vista et XP 64. Selon Adobe la faute en incomberait à des choix techniques dictés par Apple (voir l'article Pas de 64 bits pour Carbon).

Le bénéfice du 64-bits ne s’observe que si l’on manipule de très gros fichiers, autour de 1 Go et plus. Même pour qui dispose d’un reflex débitant plus de 20 millions de pixels (Canon et Sony), on reste encore éloigné de ces tailles critiques. Mais pour les photographes pros et les studios graphiques opérant sur de très grands formats (style affichage urbain, panoramique…), sans doute pour la première fois dans l’histoire de Photoshop, il y a un avantage (décisif ?) à travailler sous un système griffé Microsoft. Certes la situation ne devrait durer que jusqu’à la sortie de la CS5, mais qui peut prédire quand celle-ci sera prête ?

Encore une remarque sur ce sujet, Photoshop possède de tout temps une inclination irrépressible à écrire pratiquement en permanence des données sur les disques, au détriment des performances. Avec la gestion 64 bits, on serait en droit d’espérer que cela soit moins le cas. Il n’en est rien pour le moment sur un PC compatible 64 bits et il serait temps qu’Adobe freine ce penchant énervant de son logiciel emblématique.


OpenGL fluidifie les tâches
L’affichage au moyen d'OpenGL est l’un des atouts très appréciables de cette CS4. En exploitant le circuit graphique vidéo de certains Mac, Photoshop est à la fois libéré d’une tâche gourmande en temps processeur et plus fidèle en qualité de rendu.

Typiquement avec la CS3 et ses ancêtres, l’affichage était peu fiable sur les valeurs de zoom non entières (genre 33%, 66,7%), avec facilement des effets de moirés et autres artefacts invisibles à 50 ou 100%. Ici le rendu est optimisé quel que soit le facteur d’agrandissement. Le processus de zoom devient très fluide (façon Google Earth) tout comme les déplacements avec l’outil main (avec un effet d’inertie distrayant, un peu comme si l’image glissait toute seule sur sa lancée).

Grâce toujours à OpenGL et à un nouvel outil, la rotation du canevas de travail devient elle-aussi étonnement souple et devrait enchanter les dessinateurs. Sans compter pour ces derniers que la taille des brosses se règle désormais visuellement en glissant souris ou stylet. Dès 501% d’agrandissement, surgit une grille faisant ressortir la structure des pixels pour une meilleure précision (ci-dessous).


Toutefois, avec les outils tampons (duplication et correcteur), l’affichage OpenGL connaît parfois quelques ratés et scintillements, surtout avec les « petites » cartes graphiques. Il faut dire par ailleurs que les tampons proposent désormais un aperçu de la zone clonée directement au bout de la souris ce qui facilite considérablement ce genre d’opérations. En cas de problèmes, cette option OpenGL est facile à désactiver. Sur une machine ne disposant pas d’une carte vidéo compatible, elle est d’ailleurs purement et simplement ignorée.

Lire la page suivante (2/5) >>