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Intuos A5 Wide

par Jean-Baptiste Maison le 20.09.2006 à 15:02
Wacom domine depuis des années le marché des tablettes graphiques grâce à sa technologie brevetée sous le nom de Penabled : le stylet sans fil et sans pile. Outre l'économie de batteries, cette caractéristique est importante pour l'utilisateur : imaginez scotcher une pile sur un crayon à papier ou fixez-y un câble électrique épais comme celui d'une souris, et essayez de dessiner ou écrire pendant quelques heures...

La gamme produite par Wacom est très large et couvre probablement tous les besoins tant en dimensions (inférieures au A6 et jusqu'au A3 Wide), en spécificités (tablettes simples, bluetooth, tablette-écran TFT...) qu'en prix (du PenPartner à l'imposante Cintiq). Malheureusement certains produits, bas de gamme en général, peuvent ne pas être compatibles Mac, c'est le cas des PenPartner, ArtPad et Volito qu'il faudra éviter. Les Graphire (milieu de gamme, destinée au grand public) et les Intuos (haut de gamme pro), elles, le sont tout à fait. C'est bon à savoir si vous hésitez sur un modèle. Wacom s'est également illustré par ses tablettes-écrans TFT Cintiq, destinées aux pros vu le prix : imaginez tracer directement sur un grand écran TFT 21"...

La grande différence physique entre les différentes gammes de tablettes réside dans la résolution de la tablette, et le nombre de niveaux de pression du stylet (5080 lpi et 1024 niveaux pour l'Intuos3, 2000 lpi et 512 niveaux pour la Graphire). De ces caractéristiques dépendent la sensibilité du dessin et sa rapidité de tracé. Les tablettes Intuos sont également mieux dotées en boutons et touchpad que les autres. Elles acceptent aussi un plus grand choix de stylets, du stylet simple à l'imitation d'aérographe en passant par la forme de marqueur à pointe biseautée typique des roughmen.

Jusqu'à présent, les tablettes avaient des proportions de surface sensible homothétiques à celles des moniteurs, à savoir 4/3. Depuis quelques années, les moniteurs panoramiques se généralisent au point que, par exemple, tous les écrans Apple sont aux proportions 16/10. Il y a aussi le cas des utilisateurs en multi-écrans. Cela pose un problème d'homothétie entre ces périphériques et donc de correspondance. Soit on garde les proportions de chacun, mais alors une partie de l'écran n'est plus accessible au stylet, ou une partie de la surface de la tablette n'est pas utilisée, ce qui est très dommage, soit on force la correspondance entre la tablette et l'écran, ce qui induit une déformation : lorsque vous tracez un cercle parfait sur la tablette, à l'écran vous obtenez... un ovale.

Wacom a donc décidé de sortir de nouvelles tablettes reprenant ces proportions 16/10, avec deux modèles : les A5 Wide et A3 Wide. L'annonce d'une prochaine A6 Wide ne fait que conforter l'idée que Wacom refond sa gamme pour s'adapter aux proportions qui seront à plus ou moins court terme la norme des d'écran, sans que l'on sache s'ils vont continuer les modèles 4/3, ni pour combien de temps encore...

La tablette testée est donc la nouvelle tablette Intuos A5 Wide.

Déballage et installation

Le carton de la tablette allie sobriété blanche et anthracite avec un vernis sélectif sur la photo de la tablette. On sent le souci du détail. À l'intérieur, on trouve la tablette, le stylet avec plusieurs pointes de rechange et un support façon « encrier », une petite brochure papier de démarrage, un CD d'installation des drivers Windows/Mac OS et Corel Painter Essentials 2, version allégée du fameux logiciel d'illustration numérique. À signaler la disparition de la souris qui était auparavant fournie, souris qui fonctionnait comme un stylet, sur la tablette, et n'est plus disponible qu'en option.



Le design brillant et mat, gris moyen et sombre, est élégant. On peut par contre s'interroger sur la « rayabilité » du plastique brillant... La surface sensible est matérialisée par une feuille de plastique lisse grise mate uniquement fixée sur son bord supérieur à la tablette. On comprend l'intérêt esthétique du choix du matériau, mais on peut regretter l'époque où cette feuille était transparente, permettant ainsi d'y glisser une feuille, un modèle à reproduire par exemple. La surface sensible est encadrée à gauche et à droite d'un bloc de 4 touches ExpressKey et d'un TouchStrip, sorte de bande trackpad verticale. Tous sont programmables. Le câble USB est suffisamment long pour la brancher sur un ordinateur sous le bureau, et son astucieuse intégration à la tablette permet de le faire sortir ou derrière la tablette ou sur le côté gauche, ainsi il ne gênera pas si la place en profondeur est limitée. D'ailleurs, sa profondeur (26 cm) s'accorde bien avec un bureau standard, en gardant le clavier et un moniteur TFT juste derrière. En largeur (42 cm) elle fait un peu moins qu'un clavier Apple. Son épaisseur (1,4 cm) n'est pas gênante pour la frappe au clavier, par contre on peut être gêné par les ExpressKey et TouchStrip qu'on active facilement par inadvertance avec le poignet. Enfin, elle pèse 1,4 kg, câble et stylet compris qui lui ne pèse que 17 g !

Elle fait environ 3 cm en largeur et 2 cm en profondeur de plus que le Mac Book Pro 17", soit 4 cm de plus en largeur et 7 cm de plus en longueur qu'un Mac Book Pro 15 " (je ne parle même pas des Mac Book), et est donc susceptible de ne pas entrer dans nos sacs de transport prévus pour ces appareils sans trop de marge. Les nomades continueront sans doute à lui préférer les plus petits modèles A5, A6 ou la future A6 Wide, sans compter son poids, critère important pour le transport.



Le stylet GripPen fourni est assorti à la tablette, avec un corps en plastique argenté et une partie agrippante en caoutchouc anthracite, très agréable, d'autant que le stylet, comme on l'a évoqué en introduction, est très léger. Il comporte une pointe, extractible pour remplacement (il existe plusieurs types de pointes), un bouton latéral à double action qui tombe sous l'index, et à l'autre extrémité un gros bouton arrondi qui sert habituellement de gomme, comme celle qu'on avait au bout de nos crayons à papier !

Pilote
La tablette est immédiatement reconnue lorsqu'on la branche, mais il faut tout de même installer le pilote qui permettra de la régler finement. Le dernier pilote téléchargeable sur le site Wacom est déjà compatible avec les nouveaux Mac Intel. L'installation se fait facilement comme pour n'importe quel logiciel, et on retrouve le pilote dans les Préférences Système. À noter que la connexion d'une tablette au Mac active également Ink, le logiciel de reconnaissance d'écriture d'Apple. Le bon paramétrage de la tablette est essentiel pour tirer la quintessence de cet outil.



Le panneau de préférences comporte une partie supérieure qui liste les tablettes, les outils connectés (si on éloigne le stylet de la tablette, il n'apparaît plus dans la liste) et les applications disponibles : on peut donc paramétrer plusieurs tablettes distinctes, plusieurs outils pour chacune (ExpressKeys, stylets, souris), et pour chacune de nos applications. La partie inférieure comporte les réglages proprement dits, de chaque outil, répartis par onglets. On peut ainsi affecter à chaque bouton de la tablette et des stylets (bouton latéral et gomme) une fonction précise. Les réglages du stylet permettent aussi de préciser sa sensibilité à l'inclinaison, et la sensibilité du toucher de la pointe et de la gomme. Enfin, on peut régler la correspondance entre la surface sensible de la tablette et la surface d'affichage : plusieurs orientations possibles (paysage, portrait, inversés), le mode stylet applique un repérage absolu de l'outil sur la surface sensible, tandis que le mode souris le fait évidemment fonctionner en coordonnées relatives comme une souris. La zone de l'écran permet de spécifier le rapport entre la zone sensible utilisée et l'affichage. Suivant le choix, la correspondance va déformer les proportions, et donc les tracés. On peut choisir comme proportions soit la totalité de l'affichage, soit un ou plusieurs écrans si on est en multi-écran, soit définir précisément une portion de l'affichage. La case Proportions obligatoires va forcer le respect des proportions de l'affichage pour une fidélité des tracés, ce qui aura par contre pour effet de limiter la surface sensible de la tablette si l'affichage n'est pas homothétique à celle-ci. On peut aussi également définir la portion de surface active de la tablette. Un aperçu montre la correspondance entre écran et tablette selon nos réglages.



En tout état de cause, si l'on n'a pas un écran 16/10, on a toujours ce problème d'homothétie. Ceux qui ont un écran 4/3 préféreront les modèles classiques. Pour les configurations multi-écrans, même si c'est un mieux par rapport aux tablettes 4/3, ça n'est pas encore la panacée, et la configuration du pilote reste un compromis sur la différence de proportions geste / tracé obtenu.

Utilisation

Au début, l'usage d'une tablette peut paraître déroutant à cause du repérage absolu du stylet : on est par exemple obligé de tendre le bras pour atteindre la barre de menus alors qu'avec une souris il suffit de bouger un peu le poignet, voire de faire plusieurs mouvements « sur place » pour continuer à bouger le curseur dans une direction. Sur une grande tablette comme les A4 et A3, ces mouvements amples et inhabituels peuvent causer quelques petites courbatures à l'épaule ou au bras, qui disparaissent avec l'habitude. La faible profondeur de l'Intuos A5 Wide amoindrit ce risque. Le réglage en mode souris permet de retrouver ce fonctionnement au stylet, et est préférable en utilisation dans le Finder et toutes les applications avec lesquelles on ne trace pas, à moins de vouloir s'habituer à un seul mode de fonctionnement du stylet et être constamment en repérage absolu.

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