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Labo de la Mighty Mouse

par Vincent Absous le 12.09.2005 à 10:08
Au cœur de l'été, Apple a créé l'événement. Un jour d'août, la Pomme a fait sa révolution culturelle. Elle a présenté Mighty Mouse. Les choses sont allées très vite depuis : la souris monobouton filaire n'est plus disponible à l'achat sur l'Apple Store. Reste toutefois sa petite sœur Bluetooth. Si chez Apple on expliquait jusqu’ici que plusieurs boutons risquaient de confondre l’utilisateur, le discours est désormais différent. C’est ce qu’on doit appeler le pragmatisme. Ce n’est pas la première fois que la société de Steve Jobs retourne ainsi sa veste. Ce n’est pas la dernière non plus.



Toutefois, dans le cas de la Mighty Mouse, tout est fait pour que l’on n’ait pas l’air de se faire mal aux épaules en changeant son fusil de côté. Cela commence par l’apparence. La nouvelle souris ressemble dans sa forme à l’Apple Mouse Pro qu’elle remplace au catalogue. Mêmes dimensions, même forme ovoïdale. Pour ce qui est de la couleur, la Mighty ressemble en revanche plutôt à la souris Bluetooth maison. Même blanc laiteux. Il n’y a plus ce jeu sur la double coque. La faute évidemment à la technique : il y a beaucoup d’éléments à placer, et à cacher. La Mighty Mouse, comme se plaît à le rappeler Apple, est un concentré de technologie(s). En tout cas, l’objet est séduisant. La Pomme a su éviter une rupture trop violente et le passage à l’ère du clic droit s’avère finalement moins brutal qu’avait pu l’être l’adoption de la souris ronde des premiers iMac. Au premier abord, une main, droite ou gauche (la souris est ambidextre), peut ne pas vraiment s’apercevoir du changement. Le mulot nouveau est léger, autant que l’Apple Pro filaire, nettement plus que l’Apple Pro Bluetooth, évidemment (il n’y a pas de piles à placer). Sa prise en main est tout aussi agréable que ses grandes sœurs.

Pour autant, la sensation n’est pas la même. La faute à l’excroissance sur la coque de l’accessoire. La Pomme voulait conserver l’apparence de sa souris Apple Pro ; elle aurait pu, comme MacMice avec The Mouse, choisir de fendre la coque pour insérer une molette de défilement. Pas assez original, pas assez frappant pour marquer la fin d’un dogme. Elle a préféré la bille. C’est là qu’est à nos yeux l’intérêt véritable de la Mighty Mouse. La bille permet de faire défiler verticalement le contenu d’une fenêtre. Rien de bien nouveau là-dedans. Là où la souris fait mieux que la plupart de ses concurrentes, c’est dans la possibilité de faire défiler à l’horizontal le contenu des mêmes fenêtres. Certes, d’autres mulots le permettent aussi, mais il faut en passer par l’installation d’un pilote (logiciel qui n’est pas toujours disponible pour Mac OS X) et par la pression d’une touche du clavier (la touche Shift souvent).

Avec la Mighty Mouse, le défilement est donc omnidirectionnel, à 360°. La bille permet d’aller vers le haut, vers le bas, vers la droite, vers la gauche, mais aussi en diagonale. Dans les faits, c’est moins évident. Vouloir passer du coin supérieur droit d’une image à coin inférieur gauche ne se fait pas sans saccades et on a le sentiment que le défilement se déroule par étapes successives : on fait un pas vers le bas, puis un pas vers la gauche, on refait un pas vers le bas, un nouveau pas vers la gauche, et ainsi de suite. Ça n’a guère d’importance. Cela dépend en fait surtout de la taille de l’image et de la puissance de l’ordinateur. Dans des conditions d’utilisation quotidiennes, la bille est un vrai petit bonheur. On aurait pu craindre que sa taille minuscule force le doigt qui la manipule à s’activer fiévreusement pour faire défiler toute une longue page Web, il n’en est rien. L’amplitude, qu’on peut évidemment régler dans les Préférences, est excellente, à notre goût du moins. Autre point positif concernant cette petite bille : la mécanique est très fluide. On connaît des souris dont la molette offre une certaine résistance lorsqu’on l’actionne. Ce n’est pas le cas ici.

Signalons que la Mighty Mouse fait bien du « bruit ». Lorsqu’Apple l’a présentée, la Pomme a insisté sur un point particulier : les sons qui accompagnent les actions de l’utilisateur. Sur son site, on trouve ainsi le texte suivant : « Mighty Mouse se fait aussi entendre. Grâce à sa fonction audio intégrée, des sons accompagnent vos mouvements. Lorsque vous faites défiler ou cliquez, Mighty Mouse produit de délicats effets sonores correspondant à chacune de vos actions. » C’est à ce point délicat qu’on a pensé, au début de nos tests, que la Pomme se moquait. On n’entendait tout simplement rien de particulier. On a donc posé la question à Apple et on nous a répondu simplement : « débranchez la souris du port USB, faites alors rouler la bille ou cliquez et écoutez la différence ». Et il y a bien une différence ! Souris débranchée, la bille ne produit plus du tout de bruit lorsqu’on la fait rouler. On ne peut cacher une certaine admiration : la firme à la pomme pousse le souci du réalisme jusqu’à simuler un bruit de roulement ! C’en est presque vicieux. Pour autant, ce n’est tout de même pas dans ces « délicats effets sonores » que réside la vraie nouveauté de Mighty Mouse.

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