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Labo de After Effects 6.0

par Damien Mathé le 17.03.2004 à 10:00
Premiere est mort (sur Mac)... Vive After Effects ! Si le logiciel de montage d'Adobe n'a pas survécu à la rude concurrence du Final Cut d'Apple, son autre produit-phare destiné au marché de la vidéo continue à jouir d'une très bonne place sur nos machines. Clairement, After Effects est l'un des outils de compositing le plus apprécié et employé ces dernières années, le tout grâce à une formule efficace : simplicité d'emploi et puissance. Toutefois, comme pour d'autres logiciels produits par la société de San Jose, le passage à Mac OS X ne s'est pas fait sans couacs, même si beaucoup s'accordent sur le fait qu'After Effects est sans doute celui qui a le moins souffert de la conversion, tant au niveau de la stabilité que des performances.

After Effects en est désormais à sa sixième mouture. Voyons-voir si le spécialiste de la post-production nous propose ici une évolution digne d'intérêt...


Au rang des nouveautés

Au premier lancement du logiciel, rien ne choque, si ce n'est l'écran d'accueil qui est traditionnellement revisité lors de chaque mise à jour majeure. Une fois le chargement fini, pas de dépaysement : on est bien dans After Effects, et toutes les palettes ou fenêtres habituelles apparaissent. On a presque envie de penser que rien n'a changé. Néanmoins, ce n'est qu'une impression car de nombreuses nouveautés se tapissent dans les profondeurs du programme. Une des toutes premières que vante Adobe dans son manuel, est une meilleure intégration avec les autres logiciels de l'éditeur, notamment Photoshop et Illustrator. Par exemple, les guides sont conservés lorsqu'on importe un fichier PSD en tant que Composition ; les calques Texte sont également conservés en tant que tel, et peuvent être édités directement dans After Effects. On notera également un meilleur support des fichiers Illustrator et, cerise sur le gâteau : on peut désormais appliquer des filtres et effets directement sur un calque "condensé" (pixellisé en continu).



En termes de performances brutes, Adobe a fait quelques efforts appréciables. Le rendu est plus rapide (un peu), et pour les amateurs de 3D, l'utilisation d'un moteur OpenGL est la bienvenue : on manipule beaucoup plus facilement (au point de vue de la réactivité) les calques dans les trois dimensions. En fonction de la carte graphique dont on dispose, la prévisualisation en temps réel sera plus ou moins rapide. Avec une Radeon 9000 Pro (64 Mo VRAM), la fluidité d'exécution reste honnête ; mais plus il y a de sources de lumière et de calques 3D, plus After Effects peine à suivre la cadence, c'est évident. Mais le gain de réactivité par rapport à la version 5.5 est réel et l'on ne peut que le saluer.



Une fonction qui était sans doute attendue depuis des lustres vient enfin de faire son apparition : la gestion dynamique du texte. En effet, pour créer du texte dans une composition, il fallait autrefois passer par un filtre en ayant pris soin au préalable de créer un solide ; d'autres techniques consistaient à préparer à l'avance le texte dans un calque depuis Photoshop ou Illustrator. Ce n'était pas la mer à boire, mais dès qu'une correction était nécessaire, on devait retraverser tout un processus pas toujours très souple, et pas toujours très précis. Désormais, on peut écrire du texte directement sur la composition, ce dernier se transformant en calque texte après validation. Une nouvelle palette Caractère accompagne donc ce nouvel outil, et l'on peut modifier en un clin d'oeil la taille, le crénage, l'interlignage ou encore les échelles horizontale et verticale, etc. On peut même créer des blocs texte en faisant un clic maintenu et en déplaçant la souris, comme si l'on traçait un rectangle de sélection. Ce nouvel outil fait gagner un temps précieux et il n'est plus nécessaire de "switcher" entre les divers logiciels, sauf dans des cas très spécifiques où seul le savoir-faire d'un Illustrator pourrait permettre d'obtenir le rendu idéal. Un vrai régal, si ce n'est que la réactivité du texte (lors de l'écriture) n'est pas toujours très bonne... Autre bémol : si l'on travaille en quart de résolution - c'est parfois nécessaire sur de gros projets ou lorsque le Mac se traîne un peu - le texte reste dans cette résolution même si on l'édite ! Difficile de lire ce qu'on écrit dans ces conditions, si le texte n'a pas un corps très élevé... On repassera donc en résolution intégrale pour l'occasion.

Les effets ne sont pas en reste, puisque Adobe propose 16 nouveaux modules, dont un des plus intéressants est dans aucun doute le fameux Fluidité, tout droit issu de Photoshop. Non seulement, on peut déformer l'image, mais ces changements peuvent être animés dans le temps, grâce aux images-clé ! Ce qui signifie, tout simplement, que vous pouvez réaliser très simplement des effets tels que le nez d'un personnage qui s'allonge, tandis que celui-ci observe avec étonnement son appendice nasal en train de s'agrandir... Impressionnant ! L'effet Griffonnage, quant à lui, pourra se révéler utile pour toute personne désireuse de rendre des effets de gribouillis animés, que ce soit en fond ou en bordure ; un filtre Poussière & rayures permet, comme son nom l'indique, de réduire les aspérités d'un film en jonglant avec le seuil et son rayon d'action.



Côté masque, l'ergonomie a été fortement améliorée. Il est possible désormais d'éditer un masque directement sur la composition, sans devoir entrer dans le calque. De nouvelles fonctions telles que le Tracé automatique permettent de convertir une couche alpha en masque vectoriel, tandis que l'option RotoBézier propose une assistance au détourage, un peu à la manière de la Plume automatique sous Photoshop. Cette dernière est d'ailleurs un peu bizarre à manipuler au premier abord.

Ce n'est pas fini. La version 6 introduit un autre outil majeur : la Peinture. Oui, on peut peindre sur un métrage, que ce soit image par image ou en utilisant de la peinture 'vectorielle'. Il est même possible d'utiliser le Tampon, et c'est là que cela devient vraiment intéressant, car on peut ainsi faire disparaître câbles, micros, ou tout autre élément gênant d'une vidéo en clonant tout simplement une autre portion de l'image, comme dans Photoshop. Autrefois, il était nécessaire d'utiliser des logiciels tels que Commotion, voire d'exporter le film en suite d'images Photoshop qu'il fallait retoucher une à une. Bien sûr, la Peinture a de nombreuses autres applications, et l'on peut animer son trait image par image, par exemple. Les tablettes graphiques sont reconnues par le logiciel, et il est possible d'utiliser la pression du stylet pour nuancer son trait en épaisseur, en opacité ou encore en angle...

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