Macworld 2009 : service minimum
par Benjamin Rondeau le 12.01.2009 à 11:09
Un mal pour un bien
Comme par le passé, les lendemains de Macworld sont toujours difficiles pour les plus enthousiastes. Ceux qui rêvaient à un iServe ou à un nouvel iPhone en sont pour leurs frais. L'absence de nouveauté fracassante à Macworld peut sembler frustrante, mais cela ne change rien à la nécessité pour Apple de faire face en 2009 aux problématiques qui s'annoncent.
La firme de Steve Jobs est engagée sur plusieurs dossiers brûlants qui vont fatalement exiger d'elle de la nouveauté et de l'engagement pour conserver sa longueur d'avance. L'iPhone et Mac OS X sont sans nul doute deux éléments importants de ce besoin fort d'innovations. Snow Leopard est le grand absent de ce salon, sans doute parce qu'Apple souhaite en conserver la primeur pour la conférence mondiale des développeurs.
Le sombre avenir de Macworld
Paradoxalement, au moment où l'ensemble de l'industrie fait le spectacle au CES de Las Vegas, la firme de Cupertino met un terme aux emblématiques salons du monde Mac, en tout cas sous leur forme actuelle. Phil Shiller n'a pas manqué de signaler que les Apple Store accueillent chaque semaine l'équivalent de 100 Macworld en visiteurs : Apple n'a plus besoin de ces salons.
Le plus ironique est que le CES n'a pas été particulièrement novateur : Microsoft n'avait pas grand-chose à dire, Sony propose des appareils photos qui permettent de surfer sur le net... Seul Palm a réussi à enthousiasmer les observateurs avec son Pré. Face à la crise, il se pourrait bien que ce soit les entreprises qui choisissent l'innovation et la R&D qui s'en sortent, plutôt que celles qui jouent la carte du repli.
Néanmoins, c'est bien le CES qui pourrait accueillir Apple dès 2010, laissant Macworld face à un avenir incertain. Le salon risque de se transformer en une foire d'accessoires pour iPod, iPhone et Macs.
Normalisation
Les plus anciens se souviennent qu'il y a encore quelques années, San Francisco, Tokyo, Boston et Paris étaient des événements attendus, guettés. iMac, Mac OS X, iBook, Safari, iPhone : ces produits (et d'autres) ont été dévoilés au cours de ces grands-messes qui étaient la marque de fabrique d'Apple. À l'époque, le retentissement médiatique dont bénéficiait la marque à la Pomme dépendait de ces salons, qui étaient l'occasion pour la presse généraliste de parler de la compagnie et de ses fans.
Mais Apple est une société qui, si elle essaie de rester différente dans son image et son marketing, s'est radicalement normalisée ces dernières années.
Passant (difficilement) du culte du chef à un discours plus rationnel sur l'importance du comité de direction, utilisant désormais les canaux standards de communication que sont les grands networks américains, Apple rentre dans le rang, ce qui coïncide aussi avec sa nouvelle stature sur le marché des nouvelles technologies.
Il n'est donc plus possible pour elle de se faire dicter son calendrier par les organisateurs de salon, surtout quand ce calendrier ne correspond pas aux dates importantes du marché (comme le rappelait récemment Phil Schiller). Ou plutôt, Apple préfère se plier au calendrier des salons qui réunissent l'ensemble de la profession (CES en tête) : à l'âge de la maturité, la société n'a plus intérêt à la jouer perso. Il est temps de rejoindre le terrain de jeu des grandes compagnies de l'électronique, et de ne plus faire bande à part.
Apple souhaite garder le contrôle complet sur sa communication, ce qui est finalement réjouissant pour les fans : les bonnes nouvelles peuvent désormais arriver n'importe quand...
Comme par le passé, les lendemains de Macworld sont toujours difficiles pour les plus enthousiastes. Ceux qui rêvaient à un iServe ou à un nouvel iPhone en sont pour leurs frais. L'absence de nouveauté fracassante à Macworld peut sembler frustrante, mais cela ne change rien à la nécessité pour Apple de faire face en 2009 aux problématiques qui s'annoncent.
La firme de Steve Jobs est engagée sur plusieurs dossiers brûlants qui vont fatalement exiger d'elle de la nouveauté et de l'engagement pour conserver sa longueur d'avance. L'iPhone et Mac OS X sont sans nul doute deux éléments importants de ce besoin fort d'innovations. Snow Leopard est le grand absent de ce salon, sans doute parce qu'Apple souhaite en conserver la primeur pour la conférence mondiale des développeurs.
Le sombre avenir de Macworld
Paradoxalement, au moment où l'ensemble de l'industrie fait le spectacle au CES de Las Vegas, la firme de Cupertino met un terme aux emblématiques salons du monde Mac, en tout cas sous leur forme actuelle. Phil Shiller n'a pas manqué de signaler que les Apple Store accueillent chaque semaine l'équivalent de 100 Macworld en visiteurs : Apple n'a plus besoin de ces salons.
Le plus ironique est que le CES n'a pas été particulièrement novateur : Microsoft n'avait pas grand-chose à dire, Sony propose des appareils photos qui permettent de surfer sur le net... Seul Palm a réussi à enthousiasmer les observateurs avec son Pré. Face à la crise, il se pourrait bien que ce soit les entreprises qui choisissent l'innovation et la R&D qui s'en sortent, plutôt que celles qui jouent la carte du repli.
Néanmoins, c'est bien le CES qui pourrait accueillir Apple dès 2010, laissant Macworld face à un avenir incertain. Le salon risque de se transformer en une foire d'accessoires pour iPod, iPhone et Macs.
Normalisation
Les plus anciens se souviennent qu'il y a encore quelques années, San Francisco, Tokyo, Boston et Paris étaient des événements attendus, guettés. iMac, Mac OS X, iBook, Safari, iPhone : ces produits (et d'autres) ont été dévoilés au cours de ces grands-messes qui étaient la marque de fabrique d'Apple. À l'époque, le retentissement médiatique dont bénéficiait la marque à la Pomme dépendait de ces salons, qui étaient l'occasion pour la presse généraliste de parler de la compagnie et de ses fans.
Mais Apple est une société qui, si elle essaie de rester différente dans son image et son marketing, s'est radicalement normalisée ces dernières années.
Passant (difficilement) du culte du chef à un discours plus rationnel sur l'importance du comité de direction, utilisant désormais les canaux standards de communication que sont les grands networks américains, Apple rentre dans le rang, ce qui coïncide aussi avec sa nouvelle stature sur le marché des nouvelles technologies.
Il n'est donc plus possible pour elle de se faire dicter son calendrier par les organisateurs de salon, surtout quand ce calendrier ne correspond pas aux dates importantes du marché (comme le rappelait récemment Phil Schiller). Ou plutôt, Apple préfère se plier au calendrier des salons qui réunissent l'ensemble de la profession (CES en tête) : à l'âge de la maturité, la société n'a plus intérêt à la jouer perso. Il est temps de rejoindre le terrain de jeu des grandes compagnies de l'électronique, et de ne plus faire bande à part.
Apple souhaite garder le contrôle complet sur sa communication, ce qui est finalement réjouissant pour les fans : les bonnes nouvelles peuvent désormais arriver n'importe quand...




Mai 2013