Ultra-portables : un marché à ne pas rater
par Benjamin Rondeau le 15.05.2008 à 09:02
Rares sont les produits qui parviennent à redéfinir en profondeur leur marché d'appartenance, et encore plus rares sont, dans le marché de la micro-informatique, les cas où ce n'est pas Apple qui a sorti ce produit. C'est pourtant le tour de force qu'est en train de réussir Asus avec son Eee PC.
Sous la forme d'un ultra-portable "low-cost", la société taïwanaise tient en effet un best seller mondial : plusieurs millions de Eee PC devraient se vendre en 2008. Signe qui ne trompe pas : sur les 10 portables les plus vendus sur amazon.com : 6 sont des Asus eeePC (les 4 autres sont des MacBook...).
Un marché en explosion
À la suite de cet engouement, les concurrents d'Asus se lancent eux aussi sur ce juteux segment. Dell, HP sont prêts à entrer sur ce marché qui contribue à redistribuer les cartes de la micro-informatique.
Ces ultra-portables, Eee PC en tête, renouvellent en profondeur le segment : taille micro, absence de disque dur, électronique basse consommation. Les mastodontes du secteur doivent s'adapter : Intel dédie sa nouvelle gamme de processeurs, Atom, à ce marché prometteur, en imposant des limitations drastiques : un portable équipé d'un processeur Atom ne pourra pas dépasser une taille donnée. De son côté, Microsoft doit revoir ses plans et prolonger la durée de vie de Windows XP : Vista est trop gourmand pour ces nouveaux ordinateurs. La compagnie de Redmond est même déjà en négociations avec Asus pour assurer la compatibilité de WIndows 7 (le successeur de Vista) avec le Eee PC !
Des performances revues à la baisse au profit d'une véritable cohérence du design : voilà qui tranche avec la course à la performance telle qu'on l'a connue ces dernières années. Asus et son eee mène la danse : la version standard est livrée avec une version spéciale de Linux, et pourrait bien s'avérer être le premier grand succès auprès du grand public du système d'exploitation libre.
Une place pour Apple
Des portables différents, légers, sans Windows : ces ultra-portables ne sont pas des Macs, mais ils ouvrent manifestement la voie à de nouveaux types d'utilisation. Voilà qui devrait intéresser Apple, toujours sans ultra-portable depuis l'abandon du PowerBook 12". Depuis cette date, les regrets des analystes et éventuels acheteurs, ainsi que les supputations sur un éventuel successeur sont légions. Le MacBook Air, par son encombrement et son prix, ne joue bien entendu pas dans cette catégorie, et son succès, loin de clore le problème, n'a fait qu'aviver l'attente pour un réel ultra-portable. Avec sa Rolls, la firme de Cupertino passe pour le moment à côté d'un marché bien plus important...
C'est la raison pour laquelle nombreux sont ceux qui prédisent qu'Apple devrait s'intéresser de près à Atom. Si le récent achat de PA Semi a un temps donné du plomb dans l'aile à cette hypothèse, la logique semble maintenant claire : Apple a voulu renforcer son équipe afin d'être en position de maîtriser le plus possible le développement de ses produits sur le plan hardware. Elle va disposer en interne de nouvelles compétences pour imprimer sa marque et être en position de se différencier plus nettement de la concurrence. Apple veut se focaliser sur le design et confier la production à d'autres. On ne change pas une formule qui gagne. La piste Atom conserve donc toute sa probabilité.
En tout état de cause, ce marché des ultra-portables semble être le nouveau Graal de l'industrie, au sein d'un marché des portables qui devrait dépasser celui des ordinateurs de bureau à partir de 2010. La firme de Cupertino ne devrait pas rester longtemps à l'écart de ce segment, qui représente la jonction logique entre iPhone et MacBook. Avec un écran de 7 ou 9 pouces, propulsé par OS X plutôt que Mac OS X, avec un clavier ou simplement un écran multi touch : les options ne manquent pas pour Apple, qui possède le savoir-faire pour en remontrer à HP, Asus et consorts.
Quel positionnement ?
La question posée est dès lors la suivante : quelle forme doit prendre la réponse de Cupertino à cet engouement ? Un MacBook Mini, ou un "Power-iPhone" ?
Là encore, le mystère reste entier, et les rumeurs sont légions. L'insistance d'Apple à protéger ses innovations concernant l'interface utilisateur de l'iPhone peut laisser présager la sortie d'un appareil de type PDA (un retour de l'eMate ?). Un tel produit aurait l'avantage de se positionner en haut de gamme de l'iPhone, et non en bas de gamme des MacBook : cela faciliterait les choses en terme de tarification pour la firme de Cupertino. L'équilibre de la gamme Apple est en effet le résultat d'un savant dosage; qu'il convient de ne pas bouleverser.
L'intégration des équipes de PA Semi pourrait ici s'avérer déterminantes pour aider Apple à designer un appareil vraiment innovant sur un marché qui va devenir très concurrentiel, et sur lequel les marges resteront serrées.
La révolution de l'ultra-portabilité est maintenant bien entamée : le nouveau modèle Eee PC (plus puissant) est déjà en cours de commercialisation (avril au Japon, mai au Royaume-Uni et aux USA). À Apple de ne pas rater le train, afin de tirer profit de la nouvelle distribution des cartes en cours.
Sous la forme d'un ultra-portable "low-cost", la société taïwanaise tient en effet un best seller mondial : plusieurs millions de Eee PC devraient se vendre en 2008. Signe qui ne trompe pas : sur les 10 portables les plus vendus sur amazon.com : 6 sont des Asus eeePC (les 4 autres sont des MacBook...).
Un marché en explosion
À la suite de cet engouement, les concurrents d'Asus se lancent eux aussi sur ce juteux segment. Dell, HP sont prêts à entrer sur ce marché qui contribue à redistribuer les cartes de la micro-informatique.
Ces ultra-portables, Eee PC en tête, renouvellent en profondeur le segment : taille micro, absence de disque dur, électronique basse consommation. Les mastodontes du secteur doivent s'adapter : Intel dédie sa nouvelle gamme de processeurs, Atom, à ce marché prometteur, en imposant des limitations drastiques : un portable équipé d'un processeur Atom ne pourra pas dépasser une taille donnée. De son côté, Microsoft doit revoir ses plans et prolonger la durée de vie de Windows XP : Vista est trop gourmand pour ces nouveaux ordinateurs. La compagnie de Redmond est même déjà en négociations avec Asus pour assurer la compatibilité de WIndows 7 (le successeur de Vista) avec le Eee PC !
Des performances revues à la baisse au profit d'une véritable cohérence du design : voilà qui tranche avec la course à la performance telle qu'on l'a connue ces dernières années. Asus et son eee mène la danse : la version standard est livrée avec une version spéciale de Linux, et pourrait bien s'avérer être le premier grand succès auprès du grand public du système d'exploitation libre.
Une place pour Apple
Des portables différents, légers, sans Windows : ces ultra-portables ne sont pas des Macs, mais ils ouvrent manifestement la voie à de nouveaux types d'utilisation. Voilà qui devrait intéresser Apple, toujours sans ultra-portable depuis l'abandon du PowerBook 12". Depuis cette date, les regrets des analystes et éventuels acheteurs, ainsi que les supputations sur un éventuel successeur sont légions. Le MacBook Air, par son encombrement et son prix, ne joue bien entendu pas dans cette catégorie, et son succès, loin de clore le problème, n'a fait qu'aviver l'attente pour un réel ultra-portable. Avec sa Rolls, la firme de Cupertino passe pour le moment à côté d'un marché bien plus important...
C'est la raison pour laquelle nombreux sont ceux qui prédisent qu'Apple devrait s'intéresser de près à Atom. Si le récent achat de PA Semi a un temps donné du plomb dans l'aile à cette hypothèse, la logique semble maintenant claire : Apple a voulu renforcer son équipe afin d'être en position de maîtriser le plus possible le développement de ses produits sur le plan hardware. Elle va disposer en interne de nouvelles compétences pour imprimer sa marque et être en position de se différencier plus nettement de la concurrence. Apple veut se focaliser sur le design et confier la production à d'autres. On ne change pas une formule qui gagne. La piste Atom conserve donc toute sa probabilité.
En tout état de cause, ce marché des ultra-portables semble être le nouveau Graal de l'industrie, au sein d'un marché des portables qui devrait dépasser celui des ordinateurs de bureau à partir de 2010. La firme de Cupertino ne devrait pas rester longtemps à l'écart de ce segment, qui représente la jonction logique entre iPhone et MacBook. Avec un écran de 7 ou 9 pouces, propulsé par OS X plutôt que Mac OS X, avec un clavier ou simplement un écran multi touch : les options ne manquent pas pour Apple, qui possède le savoir-faire pour en remontrer à HP, Asus et consorts.
Quel positionnement ?
La question posée est dès lors la suivante : quelle forme doit prendre la réponse de Cupertino à cet engouement ? Un MacBook Mini, ou un "Power-iPhone" ?
Là encore, le mystère reste entier, et les rumeurs sont légions. L'insistance d'Apple à protéger ses innovations concernant l'interface utilisateur de l'iPhone peut laisser présager la sortie d'un appareil de type PDA (un retour de l'eMate ?). Un tel produit aurait l'avantage de se positionner en haut de gamme de l'iPhone, et non en bas de gamme des MacBook : cela faciliterait les choses en terme de tarification pour la firme de Cupertino. L'équilibre de la gamme Apple est en effet le résultat d'un savant dosage; qu'il convient de ne pas bouleverser.
L'intégration des équipes de PA Semi pourrait ici s'avérer déterminantes pour aider Apple à designer un appareil vraiment innovant sur un marché qui va devenir très concurrentiel, et sur lequel les marges resteront serrées.
La révolution de l'ultra-portabilité est maintenant bien entamée : le nouveau modèle Eee PC (plus puissant) est déjà en cours de commercialisation (avril au Japon, mai au Royaume-Uni et aux USA). À Apple de ne pas rater le train, afin de tirer profit de la nouvelle distribution des cartes en cours.




Juillet 2008