L'ennui avec le libre…
par Arnauld de La Grandière le 27.02.2007 à 15:16
Depuis le passage à Mac OS X, on a vu fleurir le portage de nombre de logiciels libres sur notre machine. Si l'apport de ces logiciels est le bienvenu, il y a malgré tout un prix à payer pour cette manne.
Les utilisateurs de Mac OS ont su apprécier, de tout temps, la grande attention d'Apple aux petits détails qui rendent notre vie quotidienne plus agréable, notamment en proposant aux développeurs des guides permettant de respecter l'harmonie de l'interface utilisateur, mais également en leur fournissant des "API" (Application Programming Interface), un jeu de commandes qui permettent d'exploiter les fonctions du système dans tous les logiciels. Cela va de la fenêtre d'ouverture de fichiers, en passant par les menus, la gestion du texte, le glisser-déposer, etc. Core Image, Core Animation, Quicktime, Spotlight, Webkit, en sont d'autres exemples plus célèbres.
Ces fonctionnalités rendent non seulement la vie plus simple aux développeurs, leur permettant de ne pas réinventer la roue, mais également celle des utilisateurs, qui se retrouvent ainsi toujours en terrain de connaissance. Et, bonus non négligeable, quand le système est mis à jour, tous les logiciels faisant appel à ces fonctions bénéficient de leurs améliorations.
Las ! La portabilité, au cœur même de nombre de logiciels libres, les ampute de facto de tels apports.
Ainsi, la navigation dans une zone de texte sur Mac est-elle un modèle du genre, avec nombre de petites astuces trop souvent ignorées par ses utilisateurs : en utilisant la touche option simultanément avec la flèche gauche ou la flèche droite, on déplace le curseur de mot en mot. Avec la même touche option et la flèche haut ou la flèche bas, on passe de paragraphe en paragraphe. En utilisant la touche commande avec les touches fléchées, on déplace le curseur en début ou en fin de ligne horizontalement, ou en début et fin de texte verticalement. En ajoutant la touche majuscule à ces raccourcis, on sélectionne tout le texte qui se trouve entre l'ancienne et la nouvelle position du curseur, ce qui marche également de lettre à lettre en n'utilisant que la touche majuscule avec les touches fléchées. Bref, tout ce qu'il faut pour rester sur le clavier quand on manipule du texte, sans repasser par la souris. Tous ces raccourcis fonctionnent dans la grande majorité des logiciels sur Mac. Mais tous ces petits avantages disparaissent bien trop souvent dans nombre de logiciels portés sur notre plate-forme : au lieu d'utiliser les API du système, ils embarquent leurs propres systèmes de gestion du texte. Sans parler d'une apparence parfois peu avenante puisque l'anticrénelage du texte ne fait pas partie du lot… Et bien sûr, rien ne permet de préjuger du fonctionnement ou non de ces raccourcis à moins de s'y essayer, de quoi susciter de mauvaises surprises dans le feu de l'action.
Mais il y a plus manifeste, notamment en termes d'interface : on perd trop souvent nos "widgets", à savoir tout ce qui est boutons, boutons radio, cases à cocher, barre de défilement, et bien d'autres, comme dans Firefox par exemple. Parfois l'horreur va plus loin, avec d'atroces fenêtres d'ouverture ou de sauvegarde de fichiers, dans lesquelles bien sûr tous les raccourcis de navigation auxquels nous sommes habitués sont tout bonnement inopérants. Sans parler des logiciels où la barre de menu figure en haut de la fenêtre principale, le tout, bien sûr, avec une autre police que la police système, et où les raccourcis-clavier font appel à la touche contrôle en lieu et place de la touche commande… Bref, pas besoin de Boot Camp pour avoir de l'exotisme !
Il est bien sûr possible de pallier le problème, comme le promettent les développeurs de Firefox pour une version future, et comme l'a démontré son petit frère Camino. Cela n'en rend pas moins le portage et la synchronisation avec les autres versions de ces logiciels plus difficiles. Fort heureusement, les développeurs qui portent ces logiciels sur Mac sont souvent eux-mêmes de fervents Mac-users, rompus tout comme nous au confort d'utilisation que nous sommes en droit d'attendre, et nombre d'entre eux s'emploient à arranger les choses, parfois au prix de gros efforts.
D'autres, hélas, ne se donnent pas autant de mal, sacrifiant par là même l'homogénéité de l'expérience utilisateur, pourtant légendaire sur Mac. Dans ces cas-là, sans doute, vaudra-t-il mieux s'orienter vers une solution équivalente, mais non moins propriétaire…
Les utilisateurs de Mac OS ont su apprécier, de tout temps, la grande attention d'Apple aux petits détails qui rendent notre vie quotidienne plus agréable, notamment en proposant aux développeurs des guides permettant de respecter l'harmonie de l'interface utilisateur, mais également en leur fournissant des "API" (Application Programming Interface), un jeu de commandes qui permettent d'exploiter les fonctions du système dans tous les logiciels. Cela va de la fenêtre d'ouverture de fichiers, en passant par les menus, la gestion du texte, le glisser-déposer, etc. Core Image, Core Animation, Quicktime, Spotlight, Webkit, en sont d'autres exemples plus célèbres.
Ces fonctionnalités rendent non seulement la vie plus simple aux développeurs, leur permettant de ne pas réinventer la roue, mais également celle des utilisateurs, qui se retrouvent ainsi toujours en terrain de connaissance. Et, bonus non négligeable, quand le système est mis à jour, tous les logiciels faisant appel à ces fonctions bénéficient de leurs améliorations.
Las ! La portabilité, au cœur même de nombre de logiciels libres, les ampute de facto de tels apports.
Ainsi, la navigation dans une zone de texte sur Mac est-elle un modèle du genre, avec nombre de petites astuces trop souvent ignorées par ses utilisateurs : en utilisant la touche option simultanément avec la flèche gauche ou la flèche droite, on déplace le curseur de mot en mot. Avec la même touche option et la flèche haut ou la flèche bas, on passe de paragraphe en paragraphe. En utilisant la touche commande avec les touches fléchées, on déplace le curseur en début ou en fin de ligne horizontalement, ou en début et fin de texte verticalement. En ajoutant la touche majuscule à ces raccourcis, on sélectionne tout le texte qui se trouve entre l'ancienne et la nouvelle position du curseur, ce qui marche également de lettre à lettre en n'utilisant que la touche majuscule avec les touches fléchées. Bref, tout ce qu'il faut pour rester sur le clavier quand on manipule du texte, sans repasser par la souris. Tous ces raccourcis fonctionnent dans la grande majorité des logiciels sur Mac. Mais tous ces petits avantages disparaissent bien trop souvent dans nombre de logiciels portés sur notre plate-forme : au lieu d'utiliser les API du système, ils embarquent leurs propres systèmes de gestion du texte. Sans parler d'une apparence parfois peu avenante puisque l'anticrénelage du texte ne fait pas partie du lot… Et bien sûr, rien ne permet de préjuger du fonctionnement ou non de ces raccourcis à moins de s'y essayer, de quoi susciter de mauvaises surprises dans le feu de l'action.
Mais il y a plus manifeste, notamment en termes d'interface : on perd trop souvent nos "widgets", à savoir tout ce qui est boutons, boutons radio, cases à cocher, barre de défilement, et bien d'autres, comme dans Firefox par exemple. Parfois l'horreur va plus loin, avec d'atroces fenêtres d'ouverture ou de sauvegarde de fichiers, dans lesquelles bien sûr tous les raccourcis de navigation auxquels nous sommes habitués sont tout bonnement inopérants. Sans parler des logiciels où la barre de menu figure en haut de la fenêtre principale, le tout, bien sûr, avec une autre police que la police système, et où les raccourcis-clavier font appel à la touche contrôle en lieu et place de la touche commande… Bref, pas besoin de Boot Camp pour avoir de l'exotisme !
Il est bien sûr possible de pallier le problème, comme le promettent les développeurs de Firefox pour une version future, et comme l'a démontré son petit frère Camino. Cela n'en rend pas moins le portage et la synchronisation avec les autres versions de ces logiciels plus difficiles. Fort heureusement, les développeurs qui portent ces logiciels sur Mac sont souvent eux-mêmes de fervents Mac-users, rompus tout comme nous au confort d'utilisation que nous sommes en droit d'attendre, et nombre d'entre eux s'emploient à arranger les choses, parfois au prix de gros efforts.
D'autres, hélas, ne se donnent pas autant de mal, sacrifiant par là même l'homogénéité de l'expérience utilisateur, pourtant légendaire sur Mac. Dans ces cas-là, sans doute, vaudra-t-il mieux s'orienter vers une solution équivalente, mais non moins propriétaire…




Mai 2013