La fin des consoles
par Christophe Laporte le 19.02.2007 à 11:36
Combien de fois a-t-on entendu que c'en était fini du PC. Il y a dix ans, Larry Ellison rêvait déjà de le remplacer par un «Network computer». La prophétie ne s’est pas encore réalisée. À trente ans, l'ordinateur personnel se porte toujours aussi bien.
L’une des têtes pensantes de Blizzard, Itzik Bassat, ne se fait d'ailleurs pas de soucis pour lui. En revanche, il doute du futur des consoles. Selon lui, d’ici cinq ans, un PC rattaché au téléviseur fera très bien l’affaire. L’avantage de l’ordinateur, c’est sa polyvalence. Il peut lire de la musique et de la vidéo, se connecter à Internet... et servir à jouer.
Sony et Microsoft ont évidemment anticipé ces évolutions, en ouvrant leurs consoles aux joies du multimédia. Mais tout cela a un prix : la Xbox coûte dans sa version de base 300 € alors que la Playstation 3 débute à 600 €. De plus, il n’est pas dit que cette stratégie, qui vise à se faire passer pour un PC, porte ses fruits. S'il est encore trop tôt pour tirer des conclusions, la Wii réussit un beau coup pour ses premiers mois de commercialisation. Plutôt que de miser sur la polyvalence et la puissance, Nintendo a mis au point une console conviviale, qui privilégie le gameplay et dont le prix (249 €) reste raisonnable.
Apple ne procède pas autrement pour pénétrer dans les salons. Son nouvel appareil, qui se «contente» d’inventer la télévision de demain (c’est déjà un beau programme), compte sur une mise en oeuvre simplissime et une intégration parfaite dans l’écosystème iPod et iTunes. Comme la Wii, Apple TV ne brille pas, en revanche, par sa polyvalence. Il ne fait pas magnétoscope numérique, ne fait pas office de borne Internet, ne gère pas le sacro-saint DivX et ne permet pas de jouer. Sa seule mission c’est d’assurer le lien entre l’écran de télévision et le Mac (ou le PC) avec une télécommande minimaliste. Steve Jobs reste fidèle à son idée de mettre l'ordinateur au centre de l'univers numérique familial.
Ces deux stratégies de démarcation seront-elles payantes ? L’avenir le dira. Pour Apple, toutefois, la problématique du jeu vidéo finira tôt ou tard par se poser. C’est actuellement le parent pauvre de son univers numérique. Or, pour poursuivre sa campagne de séduction auprès du grand public, il va bien falloir accélérer la cadence et trancher avec une politique des petits pas dans ce secteur. Des jeux sont apparus sur iPod. Il se murmure qu’on en trouvera sur iPhone et même peut-être sur Apple TV… Mais au rythme où vont les choses, mieux vaut que la prophétie de Itzik Bassat mette autant de temps que celle de Larry Ellison à se concrétiser.
L’une des têtes pensantes de Blizzard, Itzik Bassat, ne se fait d'ailleurs pas de soucis pour lui. En revanche, il doute du futur des consoles. Selon lui, d’ici cinq ans, un PC rattaché au téléviseur fera très bien l’affaire. L’avantage de l’ordinateur, c’est sa polyvalence. Il peut lire de la musique et de la vidéo, se connecter à Internet... et servir à jouer.
Sony et Microsoft ont évidemment anticipé ces évolutions, en ouvrant leurs consoles aux joies du multimédia. Mais tout cela a un prix : la Xbox coûte dans sa version de base 300 € alors que la Playstation 3 débute à 600 €. De plus, il n’est pas dit que cette stratégie, qui vise à se faire passer pour un PC, porte ses fruits. S'il est encore trop tôt pour tirer des conclusions, la Wii réussit un beau coup pour ses premiers mois de commercialisation. Plutôt que de miser sur la polyvalence et la puissance, Nintendo a mis au point une console conviviale, qui privilégie le gameplay et dont le prix (249 €) reste raisonnable.
Apple ne procède pas autrement pour pénétrer dans les salons. Son nouvel appareil, qui se «contente» d’inventer la télévision de demain (c’est déjà un beau programme), compte sur une mise en oeuvre simplissime et une intégration parfaite dans l’écosystème iPod et iTunes. Comme la Wii, Apple TV ne brille pas, en revanche, par sa polyvalence. Il ne fait pas magnétoscope numérique, ne fait pas office de borne Internet, ne gère pas le sacro-saint DivX et ne permet pas de jouer. Sa seule mission c’est d’assurer le lien entre l’écran de télévision et le Mac (ou le PC) avec une télécommande minimaliste. Steve Jobs reste fidèle à son idée de mettre l'ordinateur au centre de l'univers numérique familial.
Ces deux stratégies de démarcation seront-elles payantes ? L’avenir le dira. Pour Apple, toutefois, la problématique du jeu vidéo finira tôt ou tard par se poser. C’est actuellement le parent pauvre de son univers numérique. Or, pour poursuivre sa campagne de séduction auprès du grand public, il va bien falloir accélérer la cadence et trancher avec une politique des petits pas dans ce secteur. Des jeux sont apparus sur iPod. Il se murmure qu’on en trouvera sur iPhone et même peut-être sur Apple TV… Mais au rythme où vont les choses, mieux vaut que la prophétie de Itzik Bassat mette autant de temps que celle de Larry Ellison à se concrétiser.




Juillet 2008