iPhone, après l'enthousiasme
par Benjamin Rondeau le 22.01.2007 à 11:10
Comme on pouvait s'y attendre, une fois l'enthousiasme passé, les critiques ont plu sur l'iPhone. Le téléphone d'Apple pourrait même avoir du mal à atteindre le pour cent de part de marché fixé comme objectif par Steve Jobs : trop cher, trop fermé. Le verdict est sans appel.
S'il est vrai que l'iPhone présente quelques limites vite identifiées (pas de compatibilité avec les applications de la suite Office, par exemple), si quelques questions restent sans réponse (quid de la gestion des tâches ?), il est difficile de tirer à boulets rouges sur un produit qui ne sortira qu'en juin aux États-Unis, et qui a des chances d'être amélioré avant sa sortie en Europe (intégration de la 3G ?).
Trop fermé, trop cher, l'iPhone ?
N'est-ce pas justement ce qu'on dit du Mac et de l'iPod ?
Apple ne fait qu'appliquer au petit dernier des recettes qui réussissent depuis quelques années sur ses deux produits phares.
Une filiation assumée
Ce que beaucoup considèrent comme des défauts pourraient ainsi faire la réussite de l'iPhone. Ces supposées faiblesses ne sont en fait rien d'autre que la politique qu'Apple applique à chacun de ses produits : contrôle maximum des logiciels installés, maîtrise quasi complète de la plate-forme.
iPhone reproduit les choix de l'iPod. L'exemple le plus flagrant est l'association avec iTunes (qui aurait imaginé que ce lecteur MP3 deviendtait un centre de synchronisation de musique, films, images, carnet d'adresses ?). En partageant le mode de synchronisation de l'iPod, iPhone présente l'avantage de ne pas dérouter un nouvel utilisateur. D'autant qu'il se connectera en utilisant la connectique de l'iPod. De là à envisager que les accessoires "Made for iPod" seraient exploitables par l'iPhone, il n'y a qu'un pas....
Comme l'iPod encore, Apple exercera un contrôle sur les applications qui pourront être installées sur cette nouvelle plate-forme.
Il ne sera pas possible de développer et d'installer n'importe quelle application sur l'iPhone. Nul doute que cela obligera Apple à développer des partenariats (comme elle le fait pour les jeux pour iPod), à l'instar de ceux noués avec Yahoo! et Google.
Il faut néanmoins reconnaître que cela met une forme de pression sur la firme de Cupertino qui va devoir être à l'écoute des utilisateurs pour proposer (en téléchargement payant ?) une offre logicielle à même d'élargir les possibilités de l'iPhone. La lecture ou la création de documents compatibles avec Word et Excel est déjà demandée par beaucoup.
Comme le fait judicieusement remarquer le blog Roughly Drafted, une plate-forme contrôlée n'est pas une plate-forme fermée. Elle peut au contraire apporter une sécurité supplémentaire tant au développeur qu'à l'utilisateur...
Stratégie confirmée
Au final, l'iPhone confirme avec clarté la stratégie d'Apple. Loin de délaisser l'informatique, la firme de Cupertino réaffirme que le logiciel et Mac OS X (OS X pour cette fois) sont au coeur de sa valeur ajoutée.
Comme toujours chez Apple, et comme l'a expliqué Steve Jobs en citant Alan Kay, le matériel est au service du logiciel (de l'expérience utilisateur). Cette expérience même qu'Apple se doit de garantir, en n'autorisant pas n'importe quelle application à tourner sur iPhone.
Cette stratégie d'un écosystème contrôlé est celle mise en oeuvre par Apple sur l'intégralité de sa gamme. Avec plus de libertés (le Mac) ou de fermeture (l'iPod), cette volonté de garantir une cohérence entre le matériel et le logiciel est une constante des choix de la firme de Cupertino. C'est sans doute le reproche qui lui est fait le plus souvent (association iPod-iTS). Mais pourquoi changer un système qui fait ses preuves depuis 5 ans ?
Mac, iPod, et iPhone aujourd'hui : Apple veut croire que ce fonctionnement contribuera à faire d'iPhone un succès.
Et la suite ?
La firme de Cupertino aime donc tellement le logiciel qu'elle met des applications en boîte. iTunes a été mis dans un iPod, QuickTime et Front Row ont trouvé leur place dans l'AppleTV, pendant que Safari, Mail (et encore iTunes) sont intégrés à l'iPhone.
Il est à ce titre intéressant de noter qu'iChat n'a pas trouvé sa place dans l'iPhone, alors que cette application pourrait logiquement lui apporter beaucoup : Voix sur IP, vidéoconférence via WiFi. IChat pourrait même avoir son utilité dans AppleTV. Nul doute que Steve Jobs n'a pas tout révélé sur ses deux derniers produits.
Aujourd'hui, avec OS X, Apple va plus loin dans sa capacité à intégrer ses applications. Elle possède une nouvelle arme pour développer une gamme complète de produits électroniques, grâce à l'utilisation d'un système d'exploitation dédié aux applications mobiles embarquées. Il ne faut sans doute pas chercher plus loin la raison de l'embargo d'informations sur ce système.
Apple a déjà annoncé qu'elle ne s'arrêterait pas à cette version d'iPhone, et que des évolutions étaient déjà à l'étude. OS X peut dès lors s'avérer être le point commun d'une nouvelle génération d'appareils frappés d'une pomme ("vrai" iPod vidéo, TabletMac,...)
En tout état de cause, avec OS X ou Mac OS X, Apple se doit d'avoir une longueur d'avance avec son système d'exploitation. Ceux qui craignent que la firme de Cupertino délaisse le Mac peuvent donc être rassurés : les deux systèmes évolueront de concert.
S'il est vrai que l'iPhone présente quelques limites vite identifiées (pas de compatibilité avec les applications de la suite Office, par exemple), si quelques questions restent sans réponse (quid de la gestion des tâches ?), il est difficile de tirer à boulets rouges sur un produit qui ne sortira qu'en juin aux États-Unis, et qui a des chances d'être amélioré avant sa sortie en Europe (intégration de la 3G ?).
Trop fermé, trop cher, l'iPhone ?
N'est-ce pas justement ce qu'on dit du Mac et de l'iPod ?
Apple ne fait qu'appliquer au petit dernier des recettes qui réussissent depuis quelques années sur ses deux produits phares.
Une filiation assumée
Ce que beaucoup considèrent comme des défauts pourraient ainsi faire la réussite de l'iPhone. Ces supposées faiblesses ne sont en fait rien d'autre que la politique qu'Apple applique à chacun de ses produits : contrôle maximum des logiciels installés, maîtrise quasi complète de la plate-forme.
iPhone reproduit les choix de l'iPod. L'exemple le plus flagrant est l'association avec iTunes (qui aurait imaginé que ce lecteur MP3 deviendtait un centre de synchronisation de musique, films, images, carnet d'adresses ?). En partageant le mode de synchronisation de l'iPod, iPhone présente l'avantage de ne pas dérouter un nouvel utilisateur. D'autant qu'il se connectera en utilisant la connectique de l'iPod. De là à envisager que les accessoires "Made for iPod" seraient exploitables par l'iPhone, il n'y a qu'un pas....
Comme l'iPod encore, Apple exercera un contrôle sur les applications qui pourront être installées sur cette nouvelle plate-forme.
Il ne sera pas possible de développer et d'installer n'importe quelle application sur l'iPhone. Nul doute que cela obligera Apple à développer des partenariats (comme elle le fait pour les jeux pour iPod), à l'instar de ceux noués avec Yahoo! et Google.
Il faut néanmoins reconnaître que cela met une forme de pression sur la firme de Cupertino qui va devoir être à l'écoute des utilisateurs pour proposer (en téléchargement payant ?) une offre logicielle à même d'élargir les possibilités de l'iPhone. La lecture ou la création de documents compatibles avec Word et Excel est déjà demandée par beaucoup.
Comme le fait judicieusement remarquer le blog Roughly Drafted, une plate-forme contrôlée n'est pas une plate-forme fermée. Elle peut au contraire apporter une sécurité supplémentaire tant au développeur qu'à l'utilisateur...
Stratégie confirmée
Au final, l'iPhone confirme avec clarté la stratégie d'Apple. Loin de délaisser l'informatique, la firme de Cupertino réaffirme que le logiciel et Mac OS X (OS X pour cette fois) sont au coeur de sa valeur ajoutée.
Comme toujours chez Apple, et comme l'a expliqué Steve Jobs en citant Alan Kay, le matériel est au service du logiciel (de l'expérience utilisateur). Cette expérience même qu'Apple se doit de garantir, en n'autorisant pas n'importe quelle application à tourner sur iPhone.
Cette stratégie d'un écosystème contrôlé est celle mise en oeuvre par Apple sur l'intégralité de sa gamme. Avec plus de libertés (le Mac) ou de fermeture (l'iPod), cette volonté de garantir une cohérence entre le matériel et le logiciel est une constante des choix de la firme de Cupertino. C'est sans doute le reproche qui lui est fait le plus souvent (association iPod-iTS). Mais pourquoi changer un système qui fait ses preuves depuis 5 ans ?
Mac, iPod, et iPhone aujourd'hui : Apple veut croire que ce fonctionnement contribuera à faire d'iPhone un succès.
Et la suite ?
La firme de Cupertino aime donc tellement le logiciel qu'elle met des applications en boîte. iTunes a été mis dans un iPod, QuickTime et Front Row ont trouvé leur place dans l'AppleTV, pendant que Safari, Mail (et encore iTunes) sont intégrés à l'iPhone.
Il est à ce titre intéressant de noter qu'iChat n'a pas trouvé sa place dans l'iPhone, alors que cette application pourrait logiquement lui apporter beaucoup : Voix sur IP, vidéoconférence via WiFi. IChat pourrait même avoir son utilité dans AppleTV. Nul doute que Steve Jobs n'a pas tout révélé sur ses deux derniers produits.
Aujourd'hui, avec OS X, Apple va plus loin dans sa capacité à intégrer ses applications. Elle possède une nouvelle arme pour développer une gamme complète de produits électroniques, grâce à l'utilisation d'un système d'exploitation dédié aux applications mobiles embarquées. Il ne faut sans doute pas chercher plus loin la raison de l'embargo d'informations sur ce système.
Apple a déjà annoncé qu'elle ne s'arrêterait pas à cette version d'iPhone, et que des évolutions étaient déjà à l'étude. OS X peut dès lors s'avérer être le point commun d'une nouvelle génération d'appareils frappés d'une pomme ("vrai" iPod vidéo, TabletMac,...)
En tout état de cause, avec OS X ou Mac OS X, Apple se doit d'avoir une longueur d'avance avec son système d'exploitation. Ceux qui craignent que la firme de Cupertino délaisse le Mac peuvent donc être rassurés : les deux systèmes évolueront de concert.




Juin 2013