La nouvelle cible
par Benjamin Rondeau le 20.12.2006 à 10:25
Le temps est loin où Apple était régulièrement l'objet de la même rengaine sur sa mort prochaine. À l'époque, moribonde, la firme de Cupertino n'était alors que l'ombre de ce qu'elle avait été, et rien ne laissait présager le retour au succès qui a suivi.
Aujourd'hui, redevenue un acteur majeur de l'industrie (et pour autre chose que son passé, ou que le design osé de ses ordinateurs), Apple se retrouve plus souvent au centre de polémiques sur sa stratégie, son chiffre d'affaires ou son comportement social. Et dans ce genre de cas, comme dans le cas d'annonces plus favorables, la marque à la pomme "bénéficie" d'une résonnance très importante.
Prise à partie
Deux exemples récents ont mis en lumière cette nouvelle situation pour Apple, qui, bien qu'habituée aux habituels refrains sur la guerre Mac-PC, se retrouve aujourd'hui l'objet d'une campagne de longue haleine menée par Greenpeace. Reprenant des arguments chers à Steve Jobs (site à l'appui), copiant les publicités, l'ONG met les moyens pour dénoncer le comportement du numéro un de la vente de lecteur MP3...
C'est que ce nouveau comportement du monde médiatique n'est que la rançon du succès à payer pour Apple.
De petit poucet protégé par les journalistes (qui sont souvent les premiers à utiliser ses solutions) quand on parle ordinateurs, la firme de Cupertino devient l'ennemi à abattre dès qu'on évoque la vente de musique en ligne, la protection des droits d'auteurs.
La récente polémique sur les ventes de l'iTunes Music Store illustre, elle aussi, cette nouvelle situation. La diffusion très rapide par l'ensemble du net, et par la presse papier (La Tribune, Challenges, Le Monde) de l'étude a appelé de nombreuses réponses, dont une mise au point très intéressante de ses auteurs mêmes, qui regrettent le manque de recul des médias sur cette information.
La nouvelle position d'Apple, son retour en force, non plus en temps que trublion de l'informatique, mais en tant que compagnie leader sur son marché, s'accompagne sans nul doute d'une exigence nouvelle de la part des acteurs du monde des affaires. Là où, auparavant, seuls les technophiles avertis et les aficionados suivaient son actualité, la firme de Cupertino est aujourd'hui l'objet d'une attention plus large que jamais.
Des hauts et des bas
Et force est de constater qu'Apple a du mal à assumer sereinement ce nouveau statut. Habituée à contrôler sévèrement sa communication, la Pomme ne semble pas savoir comment gérer les crises qui se présentent. Sérieusement mise en cause par l'étude de Forrester, elle n'a pas daigné (pu ?) mettre en avant les chiffres réels de vente, qui auraient (sans doute) permis de clore le débat. En guise de réponse à Greenpeace, Apple ne trouve rien de mieux que de prier l'ONG de quitter la Mac Expo de Londres.
Prisonnière de son culte du secret, victime de son arrogance, la firme de Steve Jobs semble vouloir se situer au dessus de ses sujets, qui risquent pourtant, à la longue, d'écorner son image. Prise à partie dans de nombreux pays (dont la France) au sujet de la question des droits numériques, elle n'a souvent réagi que par des communiqués provocateurs, qui n'ont guère fait avancer le débat. On est loin dans ce cas de l'entreprise frondeuse, proche des artistes, comme aime à se présenter la firme....
Les relations difficiles d'Apple avec les médias (des deux côtés de l'Atlantique) ne sont pas nouvelles. Scandale des stock options cette année, plainte contre X assez malvenue l'année dernière, à l'encontre des sites d'informations (de rumeurs ?) : cette relation n'est pas un long fleuve tranquille.
Même si l'opération de Greenpeace ne surprend pas et s'inscrit dans une tradition du fonctionnement de l'ONG, la firme de Cupertino a fait preuve d'une grande naïveté dans la gestion de cette situation, comme dans le cas des exemples évoqués ici.
Il faut néanmoins espérer que les charges contre elle, les attentes nouvelles, et l'exposition encore plus importante que par le passé vont obliger Apple à revoir en profondeur sa politique de communication. C'est le passage obligé vers la maturité de l'entreprise....
Aujourd'hui, redevenue un acteur majeur de l'industrie (et pour autre chose que son passé, ou que le design osé de ses ordinateurs), Apple se retrouve plus souvent au centre de polémiques sur sa stratégie, son chiffre d'affaires ou son comportement social. Et dans ce genre de cas, comme dans le cas d'annonces plus favorables, la marque à la pomme "bénéficie" d'une résonnance très importante.
Prise à partie
Deux exemples récents ont mis en lumière cette nouvelle situation pour Apple, qui, bien qu'habituée aux habituels refrains sur la guerre Mac-PC, se retrouve aujourd'hui l'objet d'une campagne de longue haleine menée par Greenpeace. Reprenant des arguments chers à Steve Jobs (site à l'appui), copiant les publicités, l'ONG met les moyens pour dénoncer le comportement du numéro un de la vente de lecteur MP3...
C'est que ce nouveau comportement du monde médiatique n'est que la rançon du succès à payer pour Apple.
De petit poucet protégé par les journalistes (qui sont souvent les premiers à utiliser ses solutions) quand on parle ordinateurs, la firme de Cupertino devient l'ennemi à abattre dès qu'on évoque la vente de musique en ligne, la protection des droits d'auteurs.
La récente polémique sur les ventes de l'iTunes Music Store illustre, elle aussi, cette nouvelle situation. La diffusion très rapide par l'ensemble du net, et par la presse papier (La Tribune, Challenges, Le Monde) de l'étude a appelé de nombreuses réponses, dont une mise au point très intéressante de ses auteurs mêmes, qui regrettent le manque de recul des médias sur cette information.
La nouvelle position d'Apple, son retour en force, non plus en temps que trublion de l'informatique, mais en tant que compagnie leader sur son marché, s'accompagne sans nul doute d'une exigence nouvelle de la part des acteurs du monde des affaires. Là où, auparavant, seuls les technophiles avertis et les aficionados suivaient son actualité, la firme de Cupertino est aujourd'hui l'objet d'une attention plus large que jamais.
Des hauts et des bas
Et force est de constater qu'Apple a du mal à assumer sereinement ce nouveau statut. Habituée à contrôler sévèrement sa communication, la Pomme ne semble pas savoir comment gérer les crises qui se présentent. Sérieusement mise en cause par l'étude de Forrester, elle n'a pas daigné (pu ?) mettre en avant les chiffres réels de vente, qui auraient (sans doute) permis de clore le débat. En guise de réponse à Greenpeace, Apple ne trouve rien de mieux que de prier l'ONG de quitter la Mac Expo de Londres.
Prisonnière de son culte du secret, victime de son arrogance, la firme de Steve Jobs semble vouloir se situer au dessus de ses sujets, qui risquent pourtant, à la longue, d'écorner son image. Prise à partie dans de nombreux pays (dont la France) au sujet de la question des droits numériques, elle n'a souvent réagi que par des communiqués provocateurs, qui n'ont guère fait avancer le débat. On est loin dans ce cas de l'entreprise frondeuse, proche des artistes, comme aime à se présenter la firme....
Les relations difficiles d'Apple avec les médias (des deux côtés de l'Atlantique) ne sont pas nouvelles. Scandale des stock options cette année, plainte contre X assez malvenue l'année dernière, à l'encontre des sites d'informations (de rumeurs ?) : cette relation n'est pas un long fleuve tranquille.
Même si l'opération de Greenpeace ne surprend pas et s'inscrit dans une tradition du fonctionnement de l'ONG, la firme de Cupertino a fait preuve d'une grande naïveté dans la gestion de cette situation, comme dans le cas des exemples évoqués ici.
Il faut néanmoins espérer que les charges contre elle, les attentes nouvelles, et l'exposition encore plus importante que par le passé vont obliger Apple à revoir en profondeur sa politique de communication. C'est le passage obligé vers la maturité de l'entreprise....




Octobre 2008