Google/Apple : l'impossible alliance ?
par Benjamin Rondeau le 23.05.2007 à 11:00
Suite, et fin, d'une réflexion sur le phénomène Google. Pour (re-)lire la première partie…
La position dominante occupée par Google sur le front des services aux internautes (qui n'est pas sans soulever quelques problèmes quant à la gestion des données), et plus généralement dans l'évolution d'internet, pose sans conteste l'entreprise de Mountain View comme le partenaire idéal pour bon nombre d'acteurs du marché.
Depuis l'arrivée d'Eric Schmidt au conseil d'administration d'Apple, les supputations vont bon train quant à une éventuelle alliance entre les deux sociétés... Parfois renforcée par des prises de position fortes, parfois déçues, cette hypothèse soulève néanmoins de nombreuses questions...
Des intérêts convergents
Mail, partage de photos, de vidéos, blog : Google s'est imposé dans quasiment tous les domaines (et a bien souvent même montré la voie à suivre pour de nombreux intervenants), qui sont souvent les domaines mêmes pour lesquels Apple propose des logiciels de création.
À l'heure ou .Mac fait plus que s'essouffler (toujours sous perfusion, l'offre est loin de convaincre si on la compare aux services de Yahoo!, Google ou Microsoft), la firme de Cupertino pourrait tirer un avantage immédiat d'une plus grande compatibilité de ses iApps avec l'univers Google.
Bien sûr, de telles solutions existent déjà. Google a mis à la disposition des MacUsers un plug-in Picasaweb pour iPhoto (mais celui-ci ne permet pas de mettre en ligne des vidéos), et on peut utiliser iCal pour consulter des calendriers Google Calendar.
Néanmoins, tout ceci reste bien limité, et incomplet. Un export d'iMovie vers youtube, une plus grande ouverture pour iWeb (en lien avec Blogger), une interaction entre iPhoto et Google Earth (telle que celle-ci, ou imaginée en octobre par AppleInsider), la possibilité de synchroniser simplement (dans les deux sens) Google Calendar et iCal...
Autant de fonctionnalités attendues par défaut par les utilisateurs, et qui redonneraient du lustre (si besoin est) aux applications d'Apple.
Une politique de petits pas
Las, quand certains imaginent les plus folles conséquences de cette collaboration (une nouvelle manière de surfer sur Internet par géo-localisation, associant iPhone, Google Earth et le GPS), Apple et Google pratiquent une politique de petits pas, qui n'est pas sans frustrer ceux qui en attendent plus.
Les deux dernières avancées en date sont la sortie de Google Desktop, et (peut-être plus important) la mise à disposition des API Google Data en Objective C.
C'est que, finalement, la firme de Cupertino n'est pas la seule entreprise à vouloir profiter de l'aura acquise ces derniers temps par Google. Orange souhaite vendre "Google dans un mobile", qui serait construit par HTC, la BBC plus récemment : Google a le choix, et Apple n'est qu'une option parmi d'autres, sur un marché qui plus est assez petit. Si les intérêts des deux firmes convergent parfois, c'est sans doute plus Apple qui a besoin de Google que l'inverse.
Des choix stratégiques différents
Et à force de vouloir à tout prix voir ces deux enfants terribles de l'informatique collaborer, on en oublie les différences essentielles entre ces deux compagnies, qui ne partagent finalement guère plus qu'un goût immodéré pour l'innovation (avec style) et un ennemi commun : Microsoft.
La réalité de la situation est plus prosaïque : aujourd'hui, tout le monde souhaite s'associer à Google. Cela ne doit pas faire oublier que les stratégies d'Apple et de la firme de Mountain View sont radicalement différentes. L'une a construit son succès "à l'ancienne" (en vendant des produits), quand l'autre a basé son modèle sur les revenus de la publicité (créant quasiment ce marché).
Même si de nombreuses personnes poussent Apple à utiliser les revenus de la publicité, la firme de Cupertino s'y est toujours refusée jusqu'à présent. La rentabilité de l'iTunes Store pourrait sans nul doute être améliorée en ajoutant de la publicité ciblée (sur le site lui-même, ou pendant des podcasts), et des contacts avec Google auraient été initiés il y a quelque temps à ce titre. Steve Jobs semble considérer que ce la ne correspond pas à l'image qu'Apple veut donner à ses clients, et préfère peut-être ne pas prendre de risque avec un secteur aussi sensible que la publicité.
Pendant ce temps, Google a tout misé sur ce système, et fournit des solutions aux compagnies qui veulent augmenter leurs revenus grâce à la publicité. C'est d'ailleurs la voie suivie par Adobe (que nous évoquions dans le premier volet de cet article), qui a trouvé dans cette nouvelle version de Photoshop un moyen efficace de lutter contre le piratage.
Apple n'est pas un éditeur de logiciel, mais a mis en place (avec Apple TV, iTunes et l'offre .Mac) un réseau complet de diffusion de contenu, dont les revenus pourraient facilement être augmentés grâce à la publicité.
Pour cela, la technologie de Google est nécessaire.
La position dominante occupée par Google sur le front des services aux internautes (qui n'est pas sans soulever quelques problèmes quant à la gestion des données), et plus généralement dans l'évolution d'internet, pose sans conteste l'entreprise de Mountain View comme le partenaire idéal pour bon nombre d'acteurs du marché.
Depuis l'arrivée d'Eric Schmidt au conseil d'administration d'Apple, les supputations vont bon train quant à une éventuelle alliance entre les deux sociétés... Parfois renforcée par des prises de position fortes, parfois déçues, cette hypothèse soulève néanmoins de nombreuses questions...
Des intérêts convergents
Mail, partage de photos, de vidéos, blog : Google s'est imposé dans quasiment tous les domaines (et a bien souvent même montré la voie à suivre pour de nombreux intervenants), qui sont souvent les domaines mêmes pour lesquels Apple propose des logiciels de création.
À l'heure ou .Mac fait plus que s'essouffler (toujours sous perfusion, l'offre est loin de convaincre si on la compare aux services de Yahoo!, Google ou Microsoft), la firme de Cupertino pourrait tirer un avantage immédiat d'une plus grande compatibilité de ses iApps avec l'univers Google.
Bien sûr, de telles solutions existent déjà. Google a mis à la disposition des MacUsers un plug-in Picasaweb pour iPhoto (mais celui-ci ne permet pas de mettre en ligne des vidéos), et on peut utiliser iCal pour consulter des calendriers Google Calendar.
Néanmoins, tout ceci reste bien limité, et incomplet. Un export d'iMovie vers youtube, une plus grande ouverture pour iWeb (en lien avec Blogger), une interaction entre iPhoto et Google Earth (telle que celle-ci, ou imaginée en octobre par AppleInsider), la possibilité de synchroniser simplement (dans les deux sens) Google Calendar et iCal...
Autant de fonctionnalités attendues par défaut par les utilisateurs, et qui redonneraient du lustre (si besoin est) aux applications d'Apple.
Une politique de petits pas
Las, quand certains imaginent les plus folles conséquences de cette collaboration (une nouvelle manière de surfer sur Internet par géo-localisation, associant iPhone, Google Earth et le GPS), Apple et Google pratiquent une politique de petits pas, qui n'est pas sans frustrer ceux qui en attendent plus.
Les deux dernières avancées en date sont la sortie de Google Desktop, et (peut-être plus important) la mise à disposition des API Google Data en Objective C.
C'est que, finalement, la firme de Cupertino n'est pas la seule entreprise à vouloir profiter de l'aura acquise ces derniers temps par Google. Orange souhaite vendre "Google dans un mobile", qui serait construit par HTC, la BBC plus récemment : Google a le choix, et Apple n'est qu'une option parmi d'autres, sur un marché qui plus est assez petit. Si les intérêts des deux firmes convergent parfois, c'est sans doute plus Apple qui a besoin de Google que l'inverse.
Des choix stratégiques différents
Et à force de vouloir à tout prix voir ces deux enfants terribles de l'informatique collaborer, on en oublie les différences essentielles entre ces deux compagnies, qui ne partagent finalement guère plus qu'un goût immodéré pour l'innovation (avec style) et un ennemi commun : Microsoft.
La réalité de la situation est plus prosaïque : aujourd'hui, tout le monde souhaite s'associer à Google. Cela ne doit pas faire oublier que les stratégies d'Apple et de la firme de Mountain View sont radicalement différentes. L'une a construit son succès "à l'ancienne" (en vendant des produits), quand l'autre a basé son modèle sur les revenus de la publicité (créant quasiment ce marché).
Même si de nombreuses personnes poussent Apple à utiliser les revenus de la publicité, la firme de Cupertino s'y est toujours refusée jusqu'à présent. La rentabilité de l'iTunes Store pourrait sans nul doute être améliorée en ajoutant de la publicité ciblée (sur le site lui-même, ou pendant des podcasts), et des contacts avec Google auraient été initiés il y a quelque temps à ce titre. Steve Jobs semble considérer que ce la ne correspond pas à l'image qu'Apple veut donner à ses clients, et préfère peut-être ne pas prendre de risque avec un secteur aussi sensible que la publicité.
Pendant ce temps, Google a tout misé sur ce système, et fournit des solutions aux compagnies qui veulent augmenter leurs revenus grâce à la publicité. C'est d'ailleurs la voie suivie par Adobe (que nous évoquions dans le premier volet de cet article), qui a trouvé dans cette nouvelle version de Photoshop un moyen efficace de lutter contre le piratage.
Apple n'est pas un éditeur de logiciel, mais a mis en place (avec Apple TV, iTunes et l'offre .Mac) un réseau complet de diffusion de contenu, dont les revenus pourraient facilement être augmentés grâce à la publicité.
Pour cela, la technologie de Google est nécessaire.




Mai 2013