Cet obscur objet du désir
par Christophe Laporte le 27.09.2006 à 14:05
Cela fait des années que les sites de rumeurs nous promettent la sortie d'un téléphone portable signé Apple. Pour beaucoup, l'iPhone n'est toutefois pas un téléphone de plus. C'est l'objet ultime, polyvalent, capable de concentrer beaucoup d'informations différentes. Jusqu'à très récemment, l'iPhone avait pourtant tout d'un fantasme. Souvent pronostiqué par les professionnels de la boule de cristal la veille d'un grand rendez-vous et toujours absent le lendemain.
Cependant, les signes qu'Apple envisage, voire travaille, sur un tel projet ne manquent pas. À commencer par la série de brevets prometteurs déposés ces dernières années. Et puis en juillet, Peter Oppenheimer l'a reconnu à mots couverts : si l'iPod reste le meilleur moyen d'écouter de la musique, les choses évolueront un jour ou l'autre, expliquait en substance le directeur financier de l'entreprise. Apple doit se préparer à cette transition pour maintenir sa domination dans la musique numérique. Or, c'est justement ce qu'elle fait en collaborant avec Motorola. Jamais vraiment assumé, le ROKR, ce téléphone compatible avec iTunes, lui a permis d'opérer un test grandeur nature ; une expérience précieuse pour la société californienne qui a pu mesurer les attentes de ses utilisateurs, mieux appréhender l'industrie des télécoms et ses évolutions. Dans les mois à venir, les portables seront enfin en mesure d'embarquer dans de bonnes conditions d'importantes quantités de stockage. C'est ce point qui a bouleversé au début des années 2000 le marché des "walkmans", ne l'oublions pas.
Si Apple se lance, plusieurs questions méritent d'être posées. D'abord, sous quel système l'iPhone fonctionnera-t-il ?Utilisera-t-il une version allégée de Mac OS X, un système dérivé de celui utilisé par iPod actuellement ou alors une licence d'un système déjà existant, comme Symbian ? Chaque option a ses avantages et ses inconvénients. Ensuite, quel modèle économique pour ce fameux portable ? Apple collaborera-t-elle avec les opérateurs de téléphonie mobile ? Ou s'improvisera-t-elle opérateur virtuel ? Si tel est le cas, elle serait en mesure de créer un écosystème qu'elle maîtriserait de bout en bout. De plus, ses boutiques disséminées aux quatre coins des États-Unis joueraient alors un rôle clé dans la promotion de ce service. Il y a cependant un inconvénient de taille : en agissant de la sorte, Apple limiterait nettement ses chances à l'international. Enfin, pour donner pleine mesure à son offre, jusqu'où l'iPhone ira-t-il dans dans l'intégration des technologies maison ? Aura-t-on le droit à un iChat mobile ou encore à une intégration avec .mac ?
Bref, Apple a sans doute les moyens de concevoir un appareil très intéressant, mais le fera-t-elle ? Après tout, à plusieurs reprises, Steve Jobs a annulé des projets qui étaient sur le point de se concrétiser. Ces dernières années, Apple aurait pu commercialiser un PDA ou un service d'accès à Internet, mais l'enfant terrible de la Silicon Valley en a décidé autrement. Toutefois, le fait que Microsoft veuille se lancer sur ce marché avec Zune, pourrait l'inciter à ne pas s'arrêter cette fois en chemin.
Cependant, les signes qu'Apple envisage, voire travaille, sur un tel projet ne manquent pas. À commencer par la série de brevets prometteurs déposés ces dernières années. Et puis en juillet, Peter Oppenheimer l'a reconnu à mots couverts : si l'iPod reste le meilleur moyen d'écouter de la musique, les choses évolueront un jour ou l'autre, expliquait en substance le directeur financier de l'entreprise. Apple doit se préparer à cette transition pour maintenir sa domination dans la musique numérique. Or, c'est justement ce qu'elle fait en collaborant avec Motorola. Jamais vraiment assumé, le ROKR, ce téléphone compatible avec iTunes, lui a permis d'opérer un test grandeur nature ; une expérience précieuse pour la société californienne qui a pu mesurer les attentes de ses utilisateurs, mieux appréhender l'industrie des télécoms et ses évolutions. Dans les mois à venir, les portables seront enfin en mesure d'embarquer dans de bonnes conditions d'importantes quantités de stockage. C'est ce point qui a bouleversé au début des années 2000 le marché des "walkmans", ne l'oublions pas.
Si Apple se lance, plusieurs questions méritent d'être posées. D'abord, sous quel système l'iPhone fonctionnera-t-il ?Utilisera-t-il une version allégée de Mac OS X, un système dérivé de celui utilisé par iPod actuellement ou alors une licence d'un système déjà existant, comme Symbian ? Chaque option a ses avantages et ses inconvénients. Ensuite, quel modèle économique pour ce fameux portable ? Apple collaborera-t-elle avec les opérateurs de téléphonie mobile ? Ou s'improvisera-t-elle opérateur virtuel ? Si tel est le cas, elle serait en mesure de créer un écosystème qu'elle maîtriserait de bout en bout. De plus, ses boutiques disséminées aux quatre coins des États-Unis joueraient alors un rôle clé dans la promotion de ce service. Il y a cependant un inconvénient de taille : en agissant de la sorte, Apple limiterait nettement ses chances à l'international. Enfin, pour donner pleine mesure à son offre, jusqu'où l'iPhone ira-t-il dans dans l'intégration des technologies maison ? Aura-t-on le droit à un iChat mobile ou encore à une intégration avec .mac ?
Bref, Apple a sans doute les moyens de concevoir un appareil très intéressant, mais le fera-t-elle ? Après tout, à plusieurs reprises, Steve Jobs a annulé des projets qui étaient sur le point de se concrétiser. Ces dernières années, Apple aurait pu commercialiser un PDA ou un service d'accès à Internet, mais l'enfant terrible de la Silicon Valley en a décidé autrement. Toutefois, le fait que Microsoft veuille se lancer sur ce marché avec Zune, pourrait l'inciter à ne pas s'arrêter cette fois en chemin.




Mai 2013