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Think Dell
par Christophe Laporte le 31.10.2005 à 11:34

La semaine dernière, sur France Inter, Thierry Labbé, Vice-Président de Dell France, expliquait la stratégie et la politique de son groupe sur le marché européen. Cherchant sans doute à exploiter les difficultés d’HP, l’homme a expliqué comment le numéro un mondial du PC fonctionnait ainsi que le fameux concept du build-to-order, «de la haute couture dans des volumes de prêt à porter», pour reprendre ses termes.

À l’écouter, Apple ferait bien de prendre quelques leçons auprès de son concurrent sur certains points. Après tout, elle l’avait bien fait en lançant il y a une dizaine d’années l’Apple Store qui s’inspirait clairement des méthodes de Dell, ou de Gateway. À l'inverse d'Apple, Dell a le souci d’avoir des lieux de production proches du client. Ainsi, contrairement à l'immense majorité de ses concurrents, Dell produit ses ordinateurs pour le marché européen en Europe. Ceux qui ont commandé récemment, par exemple, un iPod nano ou un PowerBook savent mieux que quiconque que ces derniers ont été fabriqués à des milliers de kilomètres du Vieux-Continent, dans un pays particulièrement en vogue en ce moment. Le suivi sur Internet du trajet de l'appareil qu'on attend avec impatience est amusant, un temps seulement. M. Labbé estime que la délocalisation a certes quelques avantages, mais que la distance coûte cher en frais de transport (cela ne risque pas de s'améliorer à l'avenir) et que cela n’aide pas, évidemment, à proposer des délais de livraison attractifs.

Thierry Labbé a tenu également à exprimer sa différence en déclarant que Dell préférait étoffer sa gamme de produits plutôt que de procéder à des acquisitions. Pour lui, la plupart des sociétés du secteur ayant procédé à des acquisitions importantes ou à des fusions, ont perdu plus de temps qu’autre chose dans des restructurations. Et de citer, entre autres, le cas HP/Compaq, mais également celui de Sony, plus occupé à se restructurer qu’à préparer l’avenir, Sony qui a raté ainsi le train du baladeur numérique. Au contraire, avec l’iPod, Apple a su tirer son épingle du jeu. M. Labbé a d’ailleurs félicité Apple pour sa stratégie. Selon lui, la Pomme est «un bel exemple de société qui est restée concentrée sur sa technologie en matière de développement.»

Si le monde de Dell est loin d'être aussi merveilleux qu'il veut bien nous le faire croire, s'il y a sans doute à redire sur certaines choses, il y a un point sur lequel on peut féliciter le Vice-Président de Dell France, c’est sa liberté de ton qui tranche avec celle des dirigeants européens d’Apple qui ne savent pas s’éloigner d’un cheveu du discours «corporate» formaté par les équipes marketing d’Apple US.