Le téléphone sonne
par Christophe Laporte le 06.09.2005 à 12:38
Le couple Palm/PalmSource donne des signes d’inquiétude. Le constat, à vrai dire, n’est pas très brillant. Le premier ne parvient pas à endiguer une lente érosion, n'arrive pas à retrouver son lustre d’antan et est en perte de vitesse par rapport à ses concurrents alors que le second semble dans une impasse technologique, incapable de tracer une nouvelle voie à son système d’exploitation.
Conséquence de ces impasses, Palm est à deux doigts apparemment de lancer un nouveau Treo opérant sous Windows Mobile. Pour les aficionados du Palm, cette décision serait une trahison au moins aussi bouleversante que celle d’Apple d’opter pour les processeurs Intel. On imagine aussi que les relations entre les deux sociétés soeurs qui se sont séparées en 2003 doivent être pour le moins tendues.
Dans cette affaire, les parallèles avec Apple sont nombreux. Outre Garnet dont la destinée n’est pas sans rappeler celle de Copland, le fabricant de PDA a essayé, pour l’heure sans succès, ce que la Pomme a toujours refusé de faire : scinder ses activités logicielles et matérielles. Aucune des deux n’en a véritablement profité. D’un côté, PalmSource n’a jamais été en mesure de convaincre des acteurs majeurs d’adopter son système d’exploitation et a au contraire perdu au fil du temps de précieux clients, notamment Sony. De l’autre, PalmOne, qui vient récemment de reprendre le nom Palm, affronte une concurrence de plus en plus féroce sur le marché des PDA qui fond progressivement avec celui des téléphones portables.
À force de vouloir garder la main mise sur le marché traditionnel des assistants numériques, Palm n’a pas suffisamment anticipé l’émergence des smartphones, un marché nettement plus juteux que celui des PDA en stagnation. Résultat : la société peine à imposer ses solutions dans ce secteur extrêmement dynamique. C’est sans doute la leçon qu’Apple doit retenir de cette affaire : toujours avoir un coup d’avance. Si la firme de Cupertino est reconnue pour ses talents en matière d'innovations, n’oublions pas qu’elle a raté, par le passé, certains virages technologiques comme l’avènement de la musique numérique. Elle a dû racheter précipitamment SoundJam pour se remettre en selle et connaître le succès que l’on sait.
Reste que le marché de la téléphonie a le vent en poupe et que tout le monde veut sa part du gâteau, même Apple qui, à cause de l’iPod, va finalement lancer son téléphone portable en collaboration avec Motorola. Si le premier objectif va être justement de ne pas se laisser dépasser par ses rivaux sur le front des téléphones baladeurs, cette expérience va ouvrir sans doute à la firme de Cupertino de nouvelles opportunités. Le succès de l’iPod n’étant pas éternel, la Pomme se doit de diversifier son catalogue de produits si elle veut poursuivre sa stratégie relative au hub numérique et à la convergence. Et c’est l’une des raisons qui ont sans doute motivé Steve Jobs à opter pour Intel. Son nouveau partenaire, qui ne jure plus que par la «performance par watt», lui offre de nouveaux horizons. Le fondeur travaille à la conception des puces, ne consommant que 0,5 Watt, et qui seraient capables de faire tourner Vista d’ici la fin de la décennie. Voilà qui permettrait à Apple de s’engager sur de nouveaux marchés et sortir de nouveaux concepts de produits ou d’en ressusciter d’autres, comme l’eMate.
Conséquence de ces impasses, Palm est à deux doigts apparemment de lancer un nouveau Treo opérant sous Windows Mobile. Pour les aficionados du Palm, cette décision serait une trahison au moins aussi bouleversante que celle d’Apple d’opter pour les processeurs Intel. On imagine aussi que les relations entre les deux sociétés soeurs qui se sont séparées en 2003 doivent être pour le moins tendues.
Dans cette affaire, les parallèles avec Apple sont nombreux. Outre Garnet dont la destinée n’est pas sans rappeler celle de Copland, le fabricant de PDA a essayé, pour l’heure sans succès, ce que la Pomme a toujours refusé de faire : scinder ses activités logicielles et matérielles. Aucune des deux n’en a véritablement profité. D’un côté, PalmSource n’a jamais été en mesure de convaincre des acteurs majeurs d’adopter son système d’exploitation et a au contraire perdu au fil du temps de précieux clients, notamment Sony. De l’autre, PalmOne, qui vient récemment de reprendre le nom Palm, affronte une concurrence de plus en plus féroce sur le marché des PDA qui fond progressivement avec celui des téléphones portables.
À force de vouloir garder la main mise sur le marché traditionnel des assistants numériques, Palm n’a pas suffisamment anticipé l’émergence des smartphones, un marché nettement plus juteux que celui des PDA en stagnation. Résultat : la société peine à imposer ses solutions dans ce secteur extrêmement dynamique. C’est sans doute la leçon qu’Apple doit retenir de cette affaire : toujours avoir un coup d’avance. Si la firme de Cupertino est reconnue pour ses talents en matière d'innovations, n’oublions pas qu’elle a raté, par le passé, certains virages technologiques comme l’avènement de la musique numérique. Elle a dû racheter précipitamment SoundJam pour se remettre en selle et connaître le succès que l’on sait.
Reste que le marché de la téléphonie a le vent en poupe et que tout le monde veut sa part du gâteau, même Apple qui, à cause de l’iPod, va finalement lancer son téléphone portable en collaboration avec Motorola. Si le premier objectif va être justement de ne pas se laisser dépasser par ses rivaux sur le front des téléphones baladeurs, cette expérience va ouvrir sans doute à la firme de Cupertino de nouvelles opportunités. Le succès de l’iPod n’étant pas éternel, la Pomme se doit de diversifier son catalogue de produits si elle veut poursuivre sa stratégie relative au hub numérique et à la convergence. Et c’est l’une des raisons qui ont sans doute motivé Steve Jobs à opter pour Intel. Son nouveau partenaire, qui ne jure plus que par la «performance par watt», lui offre de nouveaux horizons. Le fondeur travaille à la conception des puces, ne consommant que 0,5 Watt, et qui seraient capables de faire tourner Vista d’ici la fin de la décennie. Voilà qui permettrait à Apple de s’engager sur de nouveaux marchés et sortir de nouveaux concepts de produits ou d’en ressusciter d’autres, comme l’eMate.




Mars 2010