Prendre .Mac au sérieux
par Benjamin Rondeau le 25.07.2005 à 11:26
Bientôt trois ans après l'annonce du passage au modèle payant pour les services iTools (renommés alors .mac), rien de vraiment neuf n'a été proposé pour le service à l'abonnement par Apple.
Pourtant, .mac pourrait être un outil essentiel au coeur de la stratégie de la valeur ajoutée de la plate-forme d'Apple. Steve Jobs l'a dit lui-même lors de l'annonce du passage à Intel : "l'important, c'est le logiciel". Difficile à croire en regardant .Mac...
Des lacunes flagrantes
Au lieu de cela, l'offre payante d'Apple présente des lacunes flagrantes, souvent pointées du doigt. Alors que l'arrivée du service Gmail de Google en 2004 a lancé une surenchère dans les capacités de stockage, Apple n'offre que 250 Mo à partager entre les mails et les pages web, là ou gmail offre 2 Go (valeur qui augmente régulièrement).
De plus, le service, pourtant proposé dans de nombreux pays, n'est toujours disponible qu'en anglais et en japonais. Pour un service facturé 99 euros par an, voilà qui semble témoigner du peu d'intérêt qu'Apple porte à ses clients européens, d'autant que .Mac est vraiment plus rapide aux USA qu'en Europe...
Tout cela est d'autant plus dommage que les quelques utilisations qui sont faites de .Mac laissent entrevoir de nombreuses et intéressantes possibilités, malheureusement largement sous-exploitées. .Mac semble toujours à la traîne en terme d'innovation, de nouveaux services. Pourquoi le module mail n'intègre-t-il pas de fonctionnalité de recherche à la Spotlight ?
En effet, nul ne peut nier l'intérêt de la synchronisation ou des possibilités de sauvegarde, ainsi que l'intégration avec certaines iApps. La possibilité de retrouver ses favoris, son carnet d'adresse sur n'importe quel ordinateur est très utile, mais cela justifie-t-il ce prix ?
Créez, partagez !
Aujourd'hui, seuls iPhoto et iMovie permettent une interaction avec .mac (en plus, bien sûr, du carnet d'adresse et d'iCal), limitée à la simple sauvegarde sur HomePage des photos et films créés.
Il est temps pour Apple de prendre .mac au sérieux, en l'étoffant, en le rendant concurrentiel et complet. De ce point de vue, les possibilités sont nombreuses, d'autant qu'avec Tiger, Apple a intégré le moteur de synchronisation d'iSync au coeur du système d'exploitation. Cela devrait permettre à des sociétés tierces de l'utiliser (Microsoft l'a déjà annoncé).
Dès juin 2004, Apple a rendu disponible un kit de développement dédié à .Mac, afin de permettre aux développeurs d'intégrer au mieux leurs applications à ce service. Néanmoins, malgré quelques exceptions, les exemples sont rares d'applications qui utilisent .Mac pour apporter une réelle valeur ajoutée.
Apple pourrait commencer par donner l'exemple en liant plus de ses propres applications au service .Mac. Grâce à ce service, Apple a la chance de disposer d'une véritable communauté d'utilisateurs. Pourquoi ne pas en tirer profit en encourageant encore plus le partage des créations des utilisateurs ?
Apple pourrait ainsi proposer encore plus d'interactivité à ses services, en offrant de noter les morceaux mis en ligne directement depuis GarageBand, ou de laisser un commentaire sur une photo.
Des améliorations souhaitables
On le voit, les idées d'amélioration de .Mac ne manquent pas, et pourraient contribuer à créer une véritable dynamique autour d'une solution qui semble s'essouffler quelque peu (communication faible, innovation limitée à l'augmentation de l'espace disque).
En mettant en pratique son discours, Apple pourrait accompagner et diffuser les deux grandes révolutions actuelles d'Internet : le blogging et le podcasting.
La plate-forme .Mac pourrait être le support idéal pour permettre aux utilisateurs de créer leurs podcasts (avec GarageBand ou même iTunes), d'y joindre des photos et de le mettre en ligne sur leur compte. Quant aux blogs, la solution de fournir iBlog avec .Mac, même si elle est intéressante, n'est sans doute pas la meilleure : la firme de Cupertino pourrait aisément fournir un logiciel maison étroitement lié à sa solution de stockage (voire intégrer à Pages de telles fonctionnalités).
En outre, quand on sait ce qu'il est possible de faire avec WebObjects (une autre technologie maison largement sous-exploitée), qui est utilisé par l'Apple Store et l'iTunes Music Store, on se demande pourquoi Apple n'a pas déjà mis en place une plate-forme de gestion de blogs, de podcast, basée sur cette solution. En utilisant ses différentes technologies (WebObjects, .Mac, les iApps, l'iTMS), Apple a la possibilité de créer une véritable communauté autour de .Mac, en allant plus loin que la simple juxtaposition d'utilisateurs de services, somme toute, simples. Mais en a-t-elle réellement l'envie et les moyens ?
On est loin aujourd'hui d'un service .Mac novateur, attractif que tous ces éléments nous donnent le droit d'imaginer... À Steve Jobs de montrer que c'est le logiciel qui apporte la valeur ajoutée, en prenant (enfin) .Mac au sérieux.
Pourtant, .mac pourrait être un outil essentiel au coeur de la stratégie de la valeur ajoutée de la plate-forme d'Apple. Steve Jobs l'a dit lui-même lors de l'annonce du passage à Intel : "l'important, c'est le logiciel". Difficile à croire en regardant .Mac...
Des lacunes flagrantes
Au lieu de cela, l'offre payante d'Apple présente des lacunes flagrantes, souvent pointées du doigt. Alors que l'arrivée du service Gmail de Google en 2004 a lancé une surenchère dans les capacités de stockage, Apple n'offre que 250 Mo à partager entre les mails et les pages web, là ou gmail offre 2 Go (valeur qui augmente régulièrement).
De plus, le service, pourtant proposé dans de nombreux pays, n'est toujours disponible qu'en anglais et en japonais. Pour un service facturé 99 euros par an, voilà qui semble témoigner du peu d'intérêt qu'Apple porte à ses clients européens, d'autant que .Mac est vraiment plus rapide aux USA qu'en Europe...
Tout cela est d'autant plus dommage que les quelques utilisations qui sont faites de .Mac laissent entrevoir de nombreuses et intéressantes possibilités, malheureusement largement sous-exploitées. .Mac semble toujours à la traîne en terme d'innovation, de nouveaux services. Pourquoi le module mail n'intègre-t-il pas de fonctionnalité de recherche à la Spotlight ?
En effet, nul ne peut nier l'intérêt de la synchronisation ou des possibilités de sauvegarde, ainsi que l'intégration avec certaines iApps. La possibilité de retrouver ses favoris, son carnet d'adresse sur n'importe quel ordinateur est très utile, mais cela justifie-t-il ce prix ?
Créez, partagez !
Aujourd'hui, seuls iPhoto et iMovie permettent une interaction avec .mac (en plus, bien sûr, du carnet d'adresse et d'iCal), limitée à la simple sauvegarde sur HomePage des photos et films créés.
Il est temps pour Apple de prendre .mac au sérieux, en l'étoffant, en le rendant concurrentiel et complet. De ce point de vue, les possibilités sont nombreuses, d'autant qu'avec Tiger, Apple a intégré le moteur de synchronisation d'iSync au coeur du système d'exploitation. Cela devrait permettre à des sociétés tierces de l'utiliser (Microsoft l'a déjà annoncé).
Dès juin 2004, Apple a rendu disponible un kit de développement dédié à .Mac, afin de permettre aux développeurs d'intégrer au mieux leurs applications à ce service. Néanmoins, malgré quelques exceptions, les exemples sont rares d'applications qui utilisent .Mac pour apporter une réelle valeur ajoutée.
Apple pourrait commencer par donner l'exemple en liant plus de ses propres applications au service .Mac. Grâce à ce service, Apple a la chance de disposer d'une véritable communauté d'utilisateurs. Pourquoi ne pas en tirer profit en encourageant encore plus le partage des créations des utilisateurs ?
Apple pourrait ainsi proposer encore plus d'interactivité à ses services, en offrant de noter les morceaux mis en ligne directement depuis GarageBand, ou de laisser un commentaire sur une photo.
Des améliorations souhaitables
On le voit, les idées d'amélioration de .Mac ne manquent pas, et pourraient contribuer à créer une véritable dynamique autour d'une solution qui semble s'essouffler quelque peu (communication faible, innovation limitée à l'augmentation de l'espace disque).
En mettant en pratique son discours, Apple pourrait accompagner et diffuser les deux grandes révolutions actuelles d'Internet : le blogging et le podcasting.
La plate-forme .Mac pourrait être le support idéal pour permettre aux utilisateurs de créer leurs podcasts (avec GarageBand ou même iTunes), d'y joindre des photos et de le mettre en ligne sur leur compte. Quant aux blogs, la solution de fournir iBlog avec .Mac, même si elle est intéressante, n'est sans doute pas la meilleure : la firme de Cupertino pourrait aisément fournir un logiciel maison étroitement lié à sa solution de stockage (voire intégrer à Pages de telles fonctionnalités).
En outre, quand on sait ce qu'il est possible de faire avec WebObjects (une autre technologie maison largement sous-exploitée), qui est utilisé par l'Apple Store et l'iTunes Music Store, on se demande pourquoi Apple n'a pas déjà mis en place une plate-forme de gestion de blogs, de podcast, basée sur cette solution. En utilisant ses différentes technologies (WebObjects, .Mac, les iApps, l'iTMS), Apple a la possibilité de créer une véritable communauté autour de .Mac, en allant plus loin que la simple juxtaposition d'utilisateurs de services, somme toute, simples. Mais en a-t-elle réellement l'envie et les moyens ?
On est loin aujourd'hui d'un service .Mac novateur, attractif que tous ces éléments nous donnent le droit d'imaginer... À Steve Jobs de montrer que c'est le logiciel qui apporte la valeur ajoutée, en prenant (enfin) .Mac au sérieux.




Juin 2013